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Conflit commercial : les premières discussions entre Séoul et Tokyo à l'OMC n'aboutissent pas

Actualités 13.10.2019 à 10h35

GENEVE/SEOUL, 12 oct. (Yonhap) -- La Corée du Sud et le Japon n'ont pas réussi à trouver de terrain d'entente durant leurs discussions bilatérales vendredi (heure locale) à Genève suite au dépôt de plainte de Séoul auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour protester contre les restrictions d'exportation de Tokyo.

A l'issue d'une consultation de six heures organisée dans le cadre du processus de résolution du différend selon les règlements de l'OMC, les deux parties sont convenues de se rencontrer à nouveau pour discuter davantage.

«Nous sommes d'accord pour dire que d'autres consultations sont nécessaires et avons décidé d'organiser une deuxième session de discussions bilatérales à travers les canaux diplomatiques», a dit Chung Hae-kwan, le chef de la délégation sud-coréenne, à des journalistes.

Chung Hae-kwan, directeur général des affaires juridiques et multilatérales au ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Energie.

La prochaine session devrait avoir lieu avant le 10 novembre, compte tenu de la date du dépôt de la plainte de la Corée du Sud à l'OMC, le 11 septembre. Des consultations peuvent se tenir pendant 60 jours après le dépôt de la plainte.

Si la Corée du Sud et le Japon n'aboutissent pas à un accord, ils peuvent demander à l'Organe de règlement des différends de l'OMC d'établir un panel pour étudier plus profondément le dossier.

«La consultation bilatérale se termine normalement en une session mais le fait que nous nous sommes accordés à nous rencontrer une nouvelle fois signifie que les deux pays sont prêts au dialogue et ont la volonté de travailler ensemble», a indiqué Chung.

La délégation japonaise a aussi donné une conférence de presse en affirmant qu'il était «inapproprié» pour la Corée du Sud de soumettre le conflit à l'OMC pour des raisons «politiques».

«Le Japon est inquiet de la vulnérabilité du système de gestion des exportations de la Corée du Sud», a déclaré Junichiro Kuroda, le chef de la délégation japonaise pour les discussions. «Nous donnons l'autorisation (aux exportations des articles affectés) une fois que leur utilisation civile est vérifiée, donc il ne s'agit pas d'un embargo.»

Il a souligné également que les réglementations n'avaient rien à voir avec les verdicts rendus par la Cour suprême sud-coréenne. Celle-ci a ordonné à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes coréennes du travail forcé durant le régime colonial japonais (1910-1945).

L'Union européenne et Taïwan avaient voulu suivre la consultation entre la Corée du Sud et le Japon à Genève mais Tokyo a refusé cette demande à cause de questions «sensibles et secrètes» à traiter au cours de la session.

Séoul affirme que le Japon a enfreint une série de règles commerciales internationales, notamment l'article 11 de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), qui interdit la réglementation des volumes d'exportation à moins que les produits n'aient un impact sérieux sur la sécurité nationale.

La Corée du Sud avance également que le Japon a violé l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) et les mesures concernant les investissements et liées au commerce (MIC).

Le dépôt de plainte par Séoul est survenu après l'adoption au début de juillet par Tokyo de restrictions d'exportations vers la Corée du Sud de trois matériaux essentiels dans la production de semi-conducteurs et d'écrans flexibles, à savoir le polymère fluoré, la résine photosensible et le gaz de gravure.

mjp@yna.co.kr

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