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(3e LD) Le ministre de la Justice présente sa démission

National 14.10.2019 à 20h55
Le ministre de la Justice Cho Kuk s'adresse aux journalistes le 14 octobre 2019 en quittant le complexe gouvernemental à Gwacheon après avoir présenté sa démission.
Cette photo du 5 octobre montre des personnes rassemblées pour afficher leur soutien à Cho Kuk.
Cette photo du 16 septembre 2019 montre le président du Parti Liberté Corée (PLC) Hwang Kyo-ahn se faisant raser la tête devant Cheong Wa Dae pour demander la démission de Cho.

SEOUL, 14 oct. (Yonhap) -- De manière inattendue, le ministre de la Justice Cho Kuk a présenté ce lundi sa démission sur fond d'enquête en cours sur les allégations de corruption autour de sa famille.

«J'ai estimé que je ne devais pas ajouter un fardeau au président et au gouvernement avec l'affaire concernant ma famille. Je pense que le temps est venu de me retirer pour l'achèvement réussi de la réforme du Parquet», a-t-il déclaré dans un communiqué.

«Je n'étais qu'un "allume-feu" pour réformer le Parquet. Mon rôle en tant qu'"allume-feu" est arrivé à sa fin.»

Le président a accepté sa démission, a fait savoir le bureau présidentiel, ayant signé un document à cet effet à 17h53, selon la porte-parole du bureau présidentiel Ko Min-jung.

Cho a été largement perçu comme l'homme clé pour mettre en œuvre le plan du président Moon Jae-in visant à réformer le Parquet.

Moon a fait part de ses regrets concernant le départ de Cho mais salué aussi ses efforts pour aller de l'avant avec le plan de réforme.

«J'avais espéré une réforme du Parquet par une combinaison fabuleuse du ministre de la Justice Cho et du procureur général Yoon Seok-youl mais cela est devenu un vain espoir», a déclaré le chef de l'Etat lors d'une réunion avec ses conseillers, selon le bureau présidentiel.

Cheong Wa Dae a également dit que Cho a aidé à sensibiliser le public sur le besoin urgent de réformer le Parquet et constitué une «grande force motrice».

Cette annonce surprise est intervenue sur fond d'élargissement de l'enquête sur les allégations de corruption autour de sa famille.

La famille de Cho dont sa femme, sa fille et son fils ont été entendus par les procureurs à plusieurs reprises à propos de soupçons d'investissements douteux dans un fonds de capital-investissement privé et de l'entrée dans des établissements d'enseignement supérieur.

La démission est survenue aussi environ un mois après que Cho, qui avait été conseiller présidentiel aux affaires civiles, a été nommé ministre de la Justice malgré de virulentes oppositions du camp conservateur.

Le président a nommé Cho au poste de ministre de la Justice le 9 septembre en déclarant qu'il serait un «mauvais antécédent» de ne pas nommer Cho seulement en se basant sur les allégations qui n'ont pas été confirmées, faisant référence à des doutes autour de sa famille.

Seulement quelque heures avant, Cho a donné sa deuxième conférence de presse en tant que ministre de la Justice sur les mesures de réforme du Parquet.

«Le pouvoir de la Corée du Sud vient du peuple. Aucun pouvoir n'est au-dessus du peuple. Une culture organisationnelle qui est pour le peuple et axée sur le peuple doit être établie au Parquet», a-t-il souligné.

Dans le communiqué, Cho a évoqué l'enquête en cours sur les allégations de corruption autour de sa famille.

«Je suis navré envers le peuple concernant les enquêtes actuelles sur ma famille mais j'ai fait de mon mieux chaque jour en tant que ministre de la Justice pour réformer le Parquet. Mon rôle est désormais arrivé à sa fin», a-t-il dit.

«Dorénavant, j'espère tout laisser de côté et m'occuper des membres de ma famille qui sont en train de traverser le moment le plus dur et le plus douloureux de leur vie.»

Un procès en justice impliquant sa femme, professeur d'université, devait débuter ce vendredi.

La controverse autour de Cho s'est développée en un phénomène social impliquant des questions d'éducation, de conviction politique et de réforme judiciaire.

Des dizaines de milliers de personnes ont participé à des manifestations à la bougie dans le sud de Séoul ces trois derniers week-ends pour afficher leur soutien à Cho et à son plan de réforme.

Les opposants se sont également réunis à Gwanghwamun, dans le centre de Séoul, pour demander sa démission. Des politiques conservateurs se sont même rasés la tête pour protester contre la nomination de Cho.

Cette affaire a provoqué un débat sur l'équité du système éducatif alors que des critiques ont avancé que les enfants de Cho ont bénéficié de faveurs qui leurs ont permis d'entrer dans des écoles prestigieuses. Les partisans de Cho ont toutefois affirmé qu'il n'y avait pas de méfaits dans le processus.

Cho a déclaré «être particulièrement désolé pour les jeunes qui ont été blessés» et exprimé ses remerciements aux personnes qui l'ont soutenu pour le plan de réforme en disant qu'il a pu se tenir grâce à eux.

lsr@yna.co.kr

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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