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(Interview Yonhap) Mettre fin au GSOMIA peut envoyer un message de sécurité erroné, selon le chef de l'USFK

Interviews 13.11.2019 à 10h22

SEOUL/PYEONGTAEK, 13 nov. (Joint Press Corps-Yonhap) -- La fin imminente du pacte de partage d'informations militaires entre la Corée du Sud et le Japon pourrait faire passer le message erroné que les Etats-Unis et ses deux alliés asiatiques ne sont pas suffisamment forts pour assurer la sécurité dans la région, a déclaré le commandant en chef des Forces américaines en Corée du Sud (USFK), le général Robert Abrams.

L'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA) expirera le 23 novembre à la suite de la décision prise par la Corée du Sud en août dernier de le résilier après que le Japon a imposé des restrictions à l'exportation vis-à-vis de Séoul comme des représailles politiques suite aux verdicts rendus l'année dernière par la Cour suprême sud-coréenne contre des entreprises japonaises quant au travail forcé en temps de guerre.

«Le principe fondamental de l'accord sur l'échange d'informations était un message clair à la région : la ROK et le Japon ont peut-être mis de côté leurs divergences historiques et mis au premier plan la stabilité et la sécurité de la région», a déclaré Abrams dans une interview accordée à la presse mardi pour marquer sa première année en fonction. ROK est le sigle du nom officiel en anglais de la Corée du Sud.

«Ensemble, nous sommes beaucoup plus forts pour assurer la stabilité et la sécurité de l'Asie du Nord-Est. Et sans cela, nous risquons d'envoyer un message erroné selon lequel nous ne sommes peut-être pas aussi forts», a-t-il déclaré lors d'une interview dans son bureau à Camp Humphreys, la base américaine tentaculaire située à Pyeongtaek, à 70 kilomètres au sud de Séoul.

Les remarques d'Abrams font écho au point de vue américain selon lequel le pacte de trois ans est une plate-forme essentielle pour la coopération trilatérale en matière de sécurité dans une région marquée par une Chine de plus en plus déterminée et une Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire.

Les autorités américaines ont constamment appelé au renouvellement du pacte. Le général Mark Milley, le chef d'état-major des armées des Etats-Unis, a souligné dimanche qu'il était «dans l'intérêt de la Chine et dans l'intérêt de la Corée du Nord de séparer la Corée du Sud du Japon et des Etats-Unis».

Séoul a affirmé que tout réexamen ne serait possible que si le Japon fait marche arrière.

Le commandant en chef des Forces américaines en Corée du Sud (USFK), le général Robert Abrams, prend la parole lors d'une conférence de presse à Camp Humphreys à Pyeongtaek, à 70 km au sud de Séoul, le mardi 12 novembre 2019. Il manifeste ses inquiétudes au sujet de la fin de l'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA) entre la Corée du Sud et le Japon, en disant que cela pourrait envoyer le message erroné que les Etats-Unis et leurs deux alliés asiatiques ne sont pas suffisamment forts pour garantir la sécurité de la région. (Photo fournie par l'USFK. Revente et archivage interdits)

A propos des négociations visant à renouveler l'accord de partage des coûts de la défense entre Séoul et Washington, ou Accord sur les mesures spéciales (SMA), Abrams a souligné que la Corée du Sud pouvait et devait payer davantage, le financement profitant à l'économie et au peuple coréens.

Le commandant a également indiqué que l'argent fourni par Séoul servait à payer les Sud-Coréens employés par l'armée américaine, à renforcer son soutien logistique et à construire de nouvelles installations pour les forces américaines stationnées sur le sol coréen.

«Je tiens donc à préciser que cet argent retourne directement dans l'économie coréenne et au peuple coréen. Il ne me parvient pas», a-t-il affirmé.

Les Etats-Unis exercent de plus en plus de pression sur la Corée du Sud pour qu'elle augmente fortement sa part des dépenses liées au stationnement d'environ 28.500 soldats américains, et auraient demandé à Séoul de verser près de 5 milliards de dollars par an.

Dans le cadre de l'accord actuel qui doit expirer à la fin de l'année, Séoul a accepté de payer 870 millions de dollars par an.

Interrogé sur les critiques formulées par la Corée du Sud à propos de la demande américaine d'une hausse importante de la contribution de Séoul, Abrams a déclaré : «Une grande partie des spéculations dans le domaine de l'information ne sont pas bien informées», sans toutefois donner plus de détails sur les négociations en cours.

«Je reste optimiste sur le fait que nous pouvons trouver un terrain d'entente entre nos deux gouvernements», a-t-il estimé.

Jusqu'à présent, les deux pays ont tenu deux séries de pourparlers sur le partage des coûts de la défense et une autre devrait se dérouler prochainement à Séoul.

Interrogé sur le fait que les alliés pourraient transférer le contrôle opérationnel (OPCON) en temps de guerre de Washington à Séoul dans le cadre du mandat du président Moon Jae-in, le commandant a souligné les fondements mêmes du plan «fondé sur des conditions».

«Il y a trois conditions, nous les avons couchées sur le papier en 2015, et maintenant les deux parties travaillent sans relâche pour les remplir», a déclaré Abrams. «Ce n'est pas basé sur le temps, mais sur des conditions.»

Les alliés ont insisté pour que le transfert de l'OPCON «basé sur des conditions» soit réalisé à l'horizon 2022. Les conditions sont la capacité de la Corée du Sud à diriger le mécanisme de défense combiné des alliés, son aptitude de réaction initiale aux menaces nucléaires et balistiques du Nord ainsi qu'un environnement de sécurité stable dans la péninsule et la région.

Abrams a critiqué les essais balistiques nord-coréens pour avoir porté atteinte au processus de paix et de dénucléarisation.

«Je pense que les tests de missiles de 2019 ne contribuent pas à maintenir la détente dans la péninsule coréenne. Et je ne crois pas qu'ils soient utiles pour créer un environnement propice à la poursuite du travail très important de nos diplomates», a-t-il déploré.

Notant que les autorités militaires des alliés analysaient de près les lancements, le commandant a déclaré qu'ils prenaient chaque cas «très au sérieux» pour déterminer les capacités, les limites et les intentions de la Corée du Nord.

En concluant son entretien, il a mis l'accent sur la ferme position de défense commune et l'alliance Corée du Sud-Etats-Unis tout en écartant les spéculations sur leur relation soulevées à la suite de la décision de Séoul de mettre fin au GSOMIA.

«Nous sommes, du point de vue de l'alliance militaire, très, très soudés. Nous avons eu des hauts et des bas historiquement, et à la suite de ces mauvais moments, nous sommes toujours plus forts, plus résilients et plus soudés.»

as26@yna.co.kr

(FIN)

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