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Un tribunal sud-coréen va ouvrir le procès sur les esclaves sexuels en temps de guerre

Actualités 13.11.2019 à 15h49

SEOUL, 13 nov. (Yonhap) -- Un tribunal de Séoul doit tenir sa première audience ce mercredi au sujet d'une action en indemnisation déposée par des victimes coréennes de l'esclavage sexuel japonais pendant la guerre.

Ce procès intervient environ trois ans après que 20 plaignants, dont des victimes et des membres des familles de «femmes de réconfort» décédées, ont déposé plainte contre le gouvernement japonais auprès de la Cour centrale du district de Séoul en décembre 2016. Ils réclamaient une indemnisation financière de 200 millions de wons (171.320 dollars) par personne.

Le procès avait été bloqué jusqu'à récemment, alors que Tokyo avait renvoyé la notification écrite du tribunal de Séoul sur le procès, retardant ainsi la poursuite de la procédure. Cependant, le tribunal a entamé une procédure judiciaire qui suppose que le document a été remis à l'accusé si celui-ci continue de refuser de l'accepter, permettant ainsi au procès de commencer.

Une statue représentant une fille, symbolisant les victimes coréennes de l'esclavage sexuel du Japon pendant la guerre, est installée devant le site de l'ambassade du Japon dans le centre de Séoul, le 6 novembre 2019.

Alors que la bataille juridique est enfin prête à commencer, de nombreux écueils restent à surmonter.

Cinq des victimes qui ont intenté la poursuite, dont Kwak Ye-nam, sont décédées en raison de leur grand âge.

La cour est également confrontée aux principes juridiques sur lesquels Tokyo se base, tels que «l'immunité souveraine», qui fait référence à l'immunité juridictionnelle accordée aux gouvernements étrangers dans un tribunal national en vertu du droit international.

Les plaignants et les organisations de défense des droits de l'Homme soutiennent toutefois que la clause n'est pas applicable en l'espèce, compte tenu de la manière dont les atrocités de guerre ont été perpétrées sur le territoire sud-coréen et de la manière dont elles ont clairement porté atteinte aux droits humains fondamentaux.

«Les plaignants dans cette affaire ont été soumis à un esclavage sexuel qui était manifestement illégal au regard du droit international applicable à l'époque», a déclaré Amnesty International dans une pétition soumise au tribunal de Séoul cette semaine.

«En tant que victimes de violations flagrantes du droit international relatif aux droits de l'Homme et de violations graves du droit international humanitaire, ils ont droit à un recours et à une réparation qui ne doit pas être entravée par des obstacles de procédure tels que l'immunité souveraine, la renonciation aux revendications par la voie de traité ou par la loi», a déclaré le groupe de défense des droits de l'Homme dans un communiqué.

Un portrait de Kwak Ye-nam lors de ses obsèques tenues à Jeonju, dans la province du Jeolla du Nord, le 3 mars 2019. Kwak était l'une des victimes qui avait intenté une action en justice.

«Compte tenu de l'âge des victimes, (le procès) devrait être leur dernier combat pour faire valoir leurs droits auprès du pouvoir judiciaire sud-coréen. Nous espérons sincèrement que la justice rendra une décision juste en faveur de la dignité et du rétablissement des victimes», a déclaré Minbyun, ou les Avocats pour une société démocratique, et le Conseil coréen pour la justice et le souvenir, une association représentant les victimes de l'esclavage sexuel.

Les historiens estiment que près de 200.000 femmes, originaires pour la plupart de Corée, ont été forcées de travailler dans des bordels militaires japonais en première ligne pendant la Seconde Guerre mondiale.

La poursuite civile est l'une des deux actions en justice intentées par des victimes d'esclavage sexuel contre le gouvernement japonais dans l'attente d'une décision. En août 2013, 12 victimes ont également exigé que Tokyo verse 100 millions de wons d'indemnisation à chaque personne.

La question du travail forcé et de l'esclavage sexuel sous le joug colonial japonais de la péninsule coréenne (1910-1945) empoisonne constamment les relations entre Séoul et Tokyo.

Plus récemment, les deux pays ont été embourbés dans un conflit commercial alors que le Japon imposait à la Corée du Sud des restrictions commerciales en guise de représailles apparentes à la suite de deux décisions prises en 2018 qui ordonnaient à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes du travail forcé.

La question s'est étendue à d'autres domaines tels que la diplomatie et la défense, avec l'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA), le pacte de partage d'informations militaires conclu entre Tokyo et Séoul, qui devrait expirer la semaine prochaine.

as26@yna.co.kr

(FIN)

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