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Biegun devrait chercher une opportunité de pourparlers avant l'échéance de fin d'année

Actualités 12.12.2019 à 15h01

SEOUL, 12 déc. (Yonhap) -- Le représentant spécial des Etats-Unis, Stephen Biegun, devrait faire un dernier effort pour renverser les négociations nucléaires avec la Corée du Nord actuellement dans l'impasse, alors qu'il se prépare à venir en Corée du Sud à quelques semaines de la date butoir des négociations fixée à la fin de l'année par Pyongyang.

Son voyage au Sud interviendrait dans un contexte de tensions accrues provoquées par les récents tests d'armes du Nord et d'inquiétudes concernant un éventuel lancement de missiles à longue portée qui pourraient entraver l'engagement de Washington avec Pyongyang.

Selon certaines informations, Biegun, désormais candidat au poste de secrétaire d'Etat adjoint, pourrait arriver à Séoul ce week-end pour se rendre au village de la trêve de Panmunjom situé à la frontière intercoréenne pour de possibles contacts avec des responsables nord-coréens.

Le représentant spécial des Etats-Unis, Stephen Biegun, s'exprime lors d'un événement organisé par la Fondation de Corée à Washington, le 3 décembre 2019. (Photo d'archives Yonhap)

«D'abord et avant tout, Biegun pourrait explorer les moyens de faire des progrès dans les négociations nucléaires avec le Nord et essayer d'empêcher son éventuel lancement de fusée à longue portée», a déclaré Shin Beom-chul, chercheur principal à l'Institut Asan pour les études politiques.

«Il est possible que le plus haut négociateur américain visite Panmunjom pour entrer en contact avec le Nord, étant donné que Washington et Pyongyang ne veulent pas interrompre le processus de dialogue», a-t-il ajouté.

Pendant son séjour ici, Biegun devrait rencontrer son homologue sud-coréen, Lee Do-hoon, et d'autres hauts officiels de Séoul pour élaborer une stratégie sur les mesures à prendre afin de ramener le régime à la table des négociations nucléaires et sortir ainsi de l'impasse.

Biegun a tenu les dernières négociations au niveau opérationnel avec son homologue nord-coréen, Kim Myong-gil, en Suède en octobre, mais les pourparlers se sont soldés par un échec, Kim accusant Washington d'être venu à la table des négociations «les mains vides».

Malgré l'absence de progrès, les Etats-Unis ont continué à exprimer leur volonté de négocier avec le Nord, tout en faisant preuve de souplesse.

«Nous restons prêts à agir en parallèle et à adopter simultanément des mesures concrètes vers cet accord», a déclaré mercredi l'ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU, Kelly Craft, lors d'une session du Conseil de sécurité. Washington a demandé de tenir le rassemblement afin de discuter des récents lancements de missiles de la Corée du Nord et des éventuelles provocations futures.

«Nous sommes disposés à être flexibles... et nous reconnaissons la nécessité d'un accord équilibré qui réponde aux préoccupations de toutes les parties», a-t-elle poursuivi. «Mais nous ne pouvons pas le faire seuls. La Corée du Nord doit prendre cette décision difficile mais audacieuse de travailler avec nous.»

La demande de Washington de convoquer la session du Conseil était considérée comme un avertissement tacite signifiant que si le Nord entreprenait une provocation stratégique telle qu'un lancement de missile balistique intercontinental (ICBM), les Etats-Unis pourraient durcir les sanctions ou prendre d'autres mesures incisives en tandem avec la communauté internationale.

Malgré les initiatives des Etats-Unis pour maintenir le processus de dialogue en vie, les dernières semaines ont donné lieu à une augmentation du scepticisme à l'égard de la diplomatie nucléaire avec le royaume ermite.

Le test apparent d'un moteur de fusée à longue portée effectué par le Nord dans sa station de lancement de satellites de Sohae situé à Tongchang-ri, sur sa côte ouest, la semaine dernière, à la suite d'une série d'activités suspectes, a fait craindre que Pyongyang ne puisse s'éloigner du processus de dialogue.

Toutes ces mesures provocatrices arrivent avant l'échéance de fin d'année que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a fixé à Washington pour présenter une proposition acceptable. Kim a averti que le Nord adopterait une «nouvelle voie» si le délai n'est pas respecté, mais les Etats-Unis ont rejeté cette échéance, la qualifiant d'«artificielle».

Face à la tactique du Nord consistant à faire peser une forte pression, le président américain Donald Trump a clairement indiqué qu'il ne céderait pas. Il a même ravivé la menace d'une action militaire contre Pyongyang et averti que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pourrait «tout» perdre s'il mène des actes hostiles.

«Les actions et la rhétorique récentes du Nord pourraient être un appel désespéré pour que les Etats-Unis empêchent la situation actuelle de s'aggraver», a estimé Park Wong-gon, professeur de politique internationale à la Handong Global University.

«Mais la guerre des mots pourrait alimenter une perception erronée ou une mauvaise compréhension qui pourrait conduire le Nord à la décision d'aller de l'avant avec un lancement de fusée à plus longue portée», a-t-il ajouté.

Si Biegun organise une réunion avec des responsables nord-coréens dans le village frontalier, les chances ne semblent pas élevées pour que les deux parties puissent obtenir des résultats significatifs étant donné que Pyongyang a montré une plus grande rigidité dans ses exigences.

Le Nord a récemment lancé des demandes vagues aux Etats-Unis pour qu'ils suppriment «tous les obstacles» qui menacent sa sécurité et entravent son développement. Les analystes y voient des appels à l'allégement des sanctions et à des garanties de sécurité.

Pour soutenir ses requêtes, Pyongyang pourrait employer une attitude de plus en plus belliqueuse, ont déclaré les analystes, à travers des lancements de missiles à moyenne portée, des missiles à portée intermédiaire, puis un ICBM déguisé en satellite soi-disant destiné à des activités pacifiques de développement spatial.

Les analystes ont déclaré que Pyongyang aurait peut-être déjà choisi de suivre une nouvelle voie, comme en témoigne le début d'initiatives provocatrices tels que les tests de missiles balistiques à courte portée depuis mai, tout en prétendant rester sur la voie du dialogue pour atténuer le risque de subir davantage de sanctions internationales.

as26@yna.co.kr

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