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Les négociations ne seront possibles que si les Etats-Unis acceptent les exigences de Pyongyang, selon un officiel nord-coréen

Corée du Nord 12.01.2020 à 10h24

SEOUL, 12 jan. (Yonhap) -- L'ancien envoyé nucléaire nord-coréen Kim Kye-gwan a déclaré samedi que le dialogue avec les Etats-Unis ne pourra reprendre que lorsque ceux-ci accepteront pleinement les exigences de Pyongyang.

Kim, actuellement conseiller au ministère des Affaires étrangères, a également souligné que la Corée du Nord ne participerait jamais à des négociations pour échanger ses installations nucléaires contre un allégement partiel des sanctions comme il l'a fait lors du sommet sans issue de Hanoï entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, en février dernier.

Ces remarques, relayées par l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA), font suite au message du Nouvel An du dirigeant nord-coréen, qui a menacé de procéder à un essai d'une «nouvelle arme stratégique» et à une «action réelle choquante», signe de sa frustration face à l'impasse des pourparlers nucléaires avec Washington.

«On peut dire que la réouverture du dialogue entre la RPDC et les Etats-Unis n'est possible qu'à la condition d'un accord absolu de ces derniers sur les questions soulevées par la première, mais nous savons bien que les Etats-Unis ne sont ni prêts ni capables de le faire», a-t-il dit. RPDC est le sigle du nom officiel de la Corée du Nord, la République populaire démocratique de Corée.

«Nous savons bien la voie que nous devons suivre et nous poursuivrons notre chemin», a-t-il ajouté.

Le ton du conseiller marque un durcissement progressif de la position de Pyongyang, qui, selon les analystes, semble destiné à augmenter la pression sur Washington pour qu'il fasse des concessions.

Cette photo d'archives montre le premier vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen de l'époque, Kim Kye-gwan, lors d'un séminaire à Pékin le 18 septembre 2013.

Prétendant avoir pris des mesures non récompensées telles que son moratoire sur les essais nucléaires et de missiles à longue portée, Pyongyang a exigé la levée de «tous les obstacles» qui menacent sa sécurité et entravent son développement.

«Il n'y aura jamais de négociations comme celle du Vietnam, où nous avons proposé d'échanger une installation nucléaire importante du pays contre la levée de certaines sanctions de l'ONU dans le but d'alléger un tant soit peu les souffrances de la population pacifique», a-t-il dit.

«Il n'est pas nécessaire que nous soyons présents à de telles discussions, où il n'y a que des pressions unilatérales, et nous n'avons aucune envie de troquer quelque chose pour autre chose lors des discussions comme des commerçants», a-t-il ajouté.

Qualifiant les relations entre les dirigeants des Etats-Unis et du Nord de «pas mauvaises», l'ancien négociateur a déclaré que la Corée du Nord avait reçu la lettre de Trump félicitant le président nord-coréen à l'occasion de son récent anniversaire.

Mais il a dit qu'il serait «naïf» d'anticiper le retour au dialogue en raison des relations amicales entre les dirigeants.

«Il serait naïf de penser que nous allons reprendre le dialogue avec les Etats-Unis du fait de ces relations ou en créant une atmosphère conducive à leur reprise», a-t-il dit.

«Nous avons été trompés par les Etats-Unis, étant impliqués dans un dialogue avec eux depuis plus d'un an et demi, qui a été du temps perdu pour nous», a-t-il ajouté.

Le dirigeant nord-coréen a une affection «personnelle» pour Trump, mais il ne discuterait pas des affaires de l'Etat sur la base de tels sentiments, selon Kim.

«Ce qui est clair, c'est que nous ne perdrons plus jamais notre temps en nous faisant berner par la ruse des Etats-Unis comme par le passé», a-t-il dit.

Le conseiller a également tourné en dérision le bureau présidentiel sud-coréen pour avoir annoncé la transmission du message de félicitations de Trump à la Corée du Nord, tout en minimisant le rôle de Séoul en tant que médiateur entre Washington et Pyongyang.

«La Corée du Sud, qui n'est pas un membre du clan américain, a été si frivole qu'elle a transmis les salutations du président américain. Il semble qu'elle ait encore l'espoir de jouer le rôle de "médiateur" dans les relations RPDC-USA», a-t-il dit.

«Il est quelque peu présomptueux pour la Corée du Sud de s'immiscer dans les relations personnelles entre le président de la Commission des affaires d'Etat Kim Jong-un et le président Trump», a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis et la Corée du Nord ont tenu leurs derniers pourparlers nucléaires de niveau opérationnel en Suède en octobre. Les négociations ont échoué, Pyongyang accusant Washington d'être venu à la table des négociations les mains vides.

Depuis lors, le Nord a intensifié la pression sur les Etats-Unis pour qu'ils fassent preuve de souplesse afin de sortir de l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations. Les Etats-Unis ont continué de signaler que la porte du dialogue reste ouverte.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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