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Coronavirus : la créativité et les prouesses technologiques de la Corée du Sud impressionnent

Gros plans 06.03.2020 à 11h29

SEOUL, 06 mars (Yonhap) -- Alors que de nombreux pays du monde luttent pour endiguer et contenir la propagation du nouveau coronavirus (Covid-19), les idées créatives et les prouesses technologiques de la Corée du Sud dans sa lutte contre le virus attirent l'attention de ses pairs.

A ce jour, les autorités sanitaires sud-coréennes ont signalé plus de 6.000 cas d'infection au Covid-19, ce qui en fait le deuxième pays le plus touché après la Chine, l'épicentre de l'épidémie mondiale, mais certaines de ses solutions de quarantaine et de dépistage suscitent l'intérêt du monde entier.

L'une d'entre elles est une clinique de dépistage du coronavirus au volant, où les examinateurs peuvent prélever des échantillons sur des personnes assises dans leur véhicule, certains pays envisageant apparemment l'idée.

Un centre de dépistage du coronavirus au volant à Goyang, en Corée du Sud, le 4 mars 2020.

Jeffrey Jones, qui dirige la Chambre de commerce américaine en Corée (AMCHAM), a qualifié le système sud-coréen de cliniques au volant d'«approche créative», tandis que la correspondante de la BBC à Séoul, Laura Bicker, a estimé qu'il s'agissait d'«une idée tellement intelligente» sur son compte Twitter.

Ian Bremmer, fondateur de la société de conseil en risques politiques mondiaux Eurasia Group, a commenté «l'innovation au service de la résilience» sur Twitter avec une photo d'une clinique au volant.

Dans le cadre de ce système, un conducteur n'a pas à sortir de sa voiture et n'a qu'à ouvrir la vitre pour se faire contrôler la température ou faire prélever des échantillons par le personnel médical muni de vêtements de protection. Il faut environ 10 minutes pour mener à bien l'ensemble du processus.

«Je ne sais pas qui a d'abord pensé à cela, mais c'est vraiment une excellente idée», s'est réjouie Kim Ji-hye, une citoyenne de Daegu qui a visité mardi un service de clinique au volant. «Je suis allée au centre de dépistage au volant, parce que je voulais éviter tout contact avec d'autres personnes.»

Les voitures sont alignées dans un centre de dépistage du coronavirus au volant de Gwangju, en Corée du Sud, le 3 mars 2020.

Shin Hee-jun, médecin à l'hôpital de l'université Soonchunhyang à Bucheon, à l'ouest de Séoul, a déclaré que le système de test au volant de la Corée du Sud avait pour référence un exercice d'antiterrorisme qui comprend la distribution de médicaments et de fournitures médicales.

Shin est l'un des médecins qui a participé au projet de recherche des Centres coréens de contrôle et de prévention des maladies (KCDC) en 2018 et a discuté du concept de clinique au volant.

«Le but de ce système est d'économiser du temps et de minimiser le risque d'infection des personnes dans la zone de test», a-t-il expliqué. «S'il n'y avait pas eu d'infections de masse à Daegu, je doute que les cliniques de service au volant aient attiré autant d'attention. Mais nous sommes maintenant dans une situation critique et c'est devenu un outil important.»

La capacité de test d'une clinique au volant dépend de la main-d'œuvre et du système d'exploitation de chaque centre, mais elle peut généralement collecter des échantillons de six personnes par heure, soit trois fois plus rapidement qu'une clinique de test de coronavirus classique, selon les responsables.

A présent, il y a environ 50 stations de dépistage au volant sur tout le territoire, mais ce nombre devrait augmenter, car de nombreuses municipalités envisagent d'en ouvrir dans leur région.

Le gouvernement a annoncé qu'il distribuerait prochainement des directives de fonctionnement pour les cliniques sans rendez-vous afin que davantage de municipalités puissent en mettre en place.

Cette photo d'archives prise le 12 février 2020 montre une application d'auto-diagnostic du coronavirus installée sur un smartphone.

La Corée du Sud, souvent considérée comme l'un des pays les plus connectés au monde, utilise également ses technologies mobiles pour freiner la propagation du nouveau coronavirus.

Le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité a déclaré avoir développé une application mobile qui permet aux autorités municipales de mieux surveiller les personnes en auto-quarantaine.

L'application, qui sera mise en ligne samedi, utilise le GPS et enverra un avertissement si les gens quittent leur zone de quarantaine.

Mardi, 34.000 personnes se sont mises en auto-quarantaine et 28.000 fonctionnaires ont été affectés à leur surveillance, selon le ministère.

«Cette application a été développée pour une gestion efficace et rapide des personnes isolées», a déclaré un officiel. «Elle sera disponible en anglais et chinois afin que les étrangers puissent également l'utiliser.»

La Corée du Sud utilise déjà des applications mobiles pour garder un œil sur les personnes originaires de pays touchés par le virus.

Le mois dernier, Séoul a demandé à ceux venant de Chine, Hongkong et Macao de télécharger une application d'autodiagnostic mobile et de signaler leur état de santé en temps réel aux autorités.

Depuis que le pays a signalé son premier cas de coronavirus le 20 janvier, de multiples services numériques qui fournissent des informations sur l'épidémie de coronavirus sont également apparus sur le marché.

Une capture d'écran de l'application Corona Map prise le 1er février 2020. (Revente et archivage interdits)

La Corona Map (https://coronamap.site/) et des outils similaires sont devenus populaires en fournissant des informations sur le nombre de patients contaminés par le Covid-19 qui ont visité divers endroits.

Il utilise différentes couleurs (vert, jaune et rouge) symbolisant le degré de risque de visite sur les sites suspects. Un cercle rouge signifie qu'un patient a visité l'endroit il y a moins de 24 heures, tandis qu'un cercle jaune signifie que quelqu'un était là jusqu'à huit jours et vert que plus de neuf jours se sont écoulés.

En matière de désinfection, les autorités sanitaires sud-coréennes utilisent désormais des drones.

«Les drones peuvent couvrir une grande surface en peu de temps et ne nécessitent pas beaucoup de main-d'œuvre, ce qui est très bon pour les opérations de désinfection contre le virus», a souligné un responsable de la Croix-Rouge sud-coréenne à Daegu.

as26@yna.co.kr

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