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(Interview Yonhap) Un vaccin et des médicaments contre le Covid-19 en cours de développement, selon le chef de l'IVI

Actualités 10.03.2020 à 18h40

SEOUL, 10 mars (Yonhap) -- De nombreux pays et de grandes entreprises pharmaceutiques œuvrent à la mise au point d'un vaccin et de médicaments pour traiter le nouveau coronavirus (Covid-19), et les premiers résultats pourraient voir le jour plus tard cette année ou au début de l'année prochaine, a déclaré Jerome Kim, directeur de l'Institut international des vaccins (IVI), basé à Séoul.

La mise au point d'un traitement contre un virus nécessite normalement des années, mais l'épidémie de Covid-19 est une urgence qui exige une réponse rapide, a déclaré Kim dans une interview avec l'agence de presse Yonhap.

«Si tout se passe bien, les résultats pourraient apparaître au quatrième trimestre ou peut-être plus tôt», a déclaré le directeur général de l'IVI.

Depuis sa première apparition dans la ville chinoise de Wuhan, l'épicentre de l'épidémie de nouveau coronavirus, à la fin de l'année dernière, quelque 113.000 personnes aux Etats-Unis, au Japon et dans plus de 100 pays ont contracté cette maladie potentiellement mortelle, le nombre total de décès dépassant les 3.900.

La Corée du Sud a signalé plus de 7.500 cas de virus depuis son premier cas le 20 janvier. Cinquante-quatre patients atteints du virus sont morts de la maladie.

Ces derniers jours, les nouvelles infections ont ralenti, signe d'un possible endiguement, bien que les cas sporadiques d'infection de groupe soient toujours en augmentation.

Jerome Kim, directeur de l'Institut international des vaccins (IVI), dans les locaux de son organisation à Séoul. (Photo d'archives fournie par l'Institut international des vaccins. Archivage et revente interdits)

L'IVI est la seule organisation internationale au monde qui se consacre exclusivement au développement et à la mise sur le marché de nouveaux vaccins ou de vaccins mis à jour pour protéger les populations les plus pauvres du monde, en particulier les enfants, et fonctionne dans le cadre d'un traité signé entre divers pays et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il existe actuellement quatre médicaments candidats pour traiter le nouveau coronavirus, en plus de ceux qui sont testés en Chine. Il s'agit du Remdesivir, utilisé contre l'Ebola, de l'Umifenovir, un médicament contre la grippe fabriqué en Russie, du Camostat, un médicament antiviral développé au Japon et du Kaletra, fabriqué par AbbVie, qui est utilisé pour combattre le virus de l'immunodéficience humaine et a déjà été employé en Corée du Sud sur des patients atteints de coronavirus.

Les études de phase 3 du Remdesivir, fabriqué par le géant pharmaceutique américain Gilead, pourraient avoir lieu prochainement en Corée du Sud.

En ce qui concerne les vaccins, si les autorités sanitaires donnent leur accord, les essais cliniques pourraient avoir lieu en avril et mai, ce qui est très rapide pour le développement d'un vaccin, qui prend normalement cinq à dix ans, a dit Kim.

Les essais cliniques liés au Covid-19 pourraient commencer à la fin de ce mois et au début du mois prochain aux Etats-Unis, a ajouté Kim.

L'IVI, créé en 1997 à l'initiative du Programme des Nations unies pour le développement, travaille avec de nombreux gouvernements, y compris les autorités sud-coréennes et des organisations spécialisées telles que la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI).

L'expert en vaccins, qui a occupé le rang de colonel au sein du corps médical de l'armée américaine, a déclaré que les patients atteints de coronavirus semblent bien se porter s'ils bénéficient de bons soins de santé, sont diagnostiqués à temps et reçoivent le traitement nécessaire.

Environ 80% des patients ne présentent que des symptômes légers, 14% sont graves et 5% ont besoin d'un traitement en soins intensifs.

En Corée du Sud, le taux de mortalité s'élève à 0,7%, ce qui est supérieur à celui de la grippe saisonnière, avec un taux de mortalité d'environ 0,1%, bien que inférieur aux taux de 2 à 3% mentionnés dans d'autres parties du monde.

Le médecin, qui a enseigné la médecine à l'Uniformed Services University of the Health Sciences, a déclaré que le suivi agressif des patients en Corée du Sud semble porter ses fruits pour contenir la propagation.

La réponse de la Corée du Sud a été extrêmement rapide, les autorités ayant rapidement mis en place des protocoles de dépistage et même des contrôles au volant, a-t-il dit.

Même si le nombre de cas confirmés diminue dans le pays et dans le monde, il faut être sur ses gardes pour éviter de nouvelles recrudescences, a-t-il averti.

Kim a été nommé l'une des «50 personnes les plus influentes dans le domaine des vaccins» en 2014 par Vaccine Nation.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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