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(2e LD) «Nth room case» : le principal suspect envoyé devant le Parquet

Actualités 25.03.2020 à 18h51
Cho Ju-bin, accusé d'avoir fait chanter des femmes et de les avoir filmées en train de commettre des actes sexuels, répond le mercredi 25 mars 2020 aux questions des journalistes devant le commissariat de police de Jongno avant d'être transféré au Parquet.

SEOUL, 25 mars (Yonhap) -- L'homme soupçonné d'avoir fait chanter des dizaines de victimes, y compris des mineurs, afin de les contraindre à se soumettre à des actes sexuels violents pour vendre ensuite des vidéos sur des salons de discussion mobiles a été remis à la justice ce mercredi pour complément d'enquête.

Au moins 74 personnes, dont 16 filles mineures, auraient été exploitées dans cette affaire, largement connue sous le nom de «Nth room case», dans laquelle le principal suspect Cho Ju-bin aurait attiré des victimes en les prenant en photo et les aurait ensuite forcées à effectuer des actes sexuels humiliants.

Jusqu'à présent, la police a appréhendé 126 personnes dans le cadre de cette affaire. Au total, 19 dont Cho ont été officiellement placés en détention.

L'Agence de la police de Séoul (SMPA) a renvoyé le dossier de Cho au Parquet, notamment pour violation de la loi sur la protection des enfants et des adolescents contre les délits sexuels.

Le jeune homme de 24 ans, dont le nom et la photo ont été dévoilés mardi, a comparu devant le public mercredi matin alors qu'il a été transféré au Parquet depuis un quartier pénitentiaire du commissariat de police de Jongno, dans le centre de Séoul.

«Je m'excuse sincèrement auprès de tous ceux qui ont subi des dommages par ma faute, y compris le président Sohn Suk-hee, le maire Yoon Jang-hyeon et le journaliste Kim Woong», a déclaré Cho, qui portait une minerve et un bandage.

La raison pour laquelle il a mentionné les noms des trois hommes demeure inconnue. Sohn est président de la chaîne câblée JTBC et Yoon est un ancien maire de la ville de Gwangju, dans le sud-ouest de la péninsule. Kim est un journaliste freelance qui fait l'objet d'un procès pour avoir prétendument menacé Sohn.

La police a confirmé que les trois hommes ne sont pas impliqués dans l'affaire d'abus sexuels, affirmant en revanche étudier la possibilité qu'ils soient victimes de cas de fraude distincts impliquant Cho.

JTBC a confirmé que Sohn avait été approché par Cho, qui a prétendu avoir été payé par Kim pour nuire à Sohn et à sa famille. L'ancien présentateur du journal a payé Cho dans le processus de vérification de ces assertions, a déclaré la société, sans préciser le montant.

«Merci d'avoir mis un frein à la vie d'un diable qui n'a pas pu être arrêtée», a-t-il ajouté. Cependant, il n'a pas répondu lorsqu'on lui a demandé s'il reconnaissait les accusations et s'il éprouvait des remords pour ses actes présumés.

A l'extérieur du poste de police, certaines personnes l'ont invectivé, lui souhaitant de souffrir et exhortant les autorités à lui infliger la sanction légale la plus lourde possible.

Le scandale a choqué la nation et a déclenché une vague de tristesse et de rage. Plus de 5 millions de personnes ont signé une pétition sur une plate-forme en ligne gérée par le bureau présidentiel et partagé des hashtags, exhortant les autorités à divulguer l'identité de tous les membres des salles de chat et à les punir sévèrement.

On estime que 260.000 personnes, y compris des membres présents dans différents chats de discussion, sont connues pour avoir rejoint ces salons de discussion mobiles sur des services de messagerie, tels que Telegram et Discord.

Le président Moon Jae-in a promis d'adopter une approche sévère dans la lutte contre les criminels sexuels, ainsi que dans la répression des délits sexuels numériques, qui ont évolué en fonction des développements technologiques.

Moon a décrit les actes des délinquants comme un comportement «cruel» qui a détruit la vie des victimes et a dit ressentir de l'«empathie» pour la fureur publique «justifiable» à ce sujet, a indiqué lundi son bureau.

Les autorités chargées de l'enquête ont dit vouloir mener une lutte totale.

La police a mis sur pied ce mercredi une unité spéciale pour enquêter sur les délits sexuels numériques afin de renforcer la coopération avec les autorités policières étrangères et les entreprises spécialisées dans la technologie pour mieux retrouver les auteurs.

Le Parquet a aussi mis en place un groupe de travail composé de 21 enquêteurs issus des équipes spécialisés dans les crimes contre les enfants et adolescents et la récupération des gains illégalement obtenus des criminels.

Cho aurait récolté des centaines de millions de wons en cryptomonnaies en facturant jusqu'à 1,5 million de wons (1.213 dollars) pour certains contenus.

Certaines personnes brandissent des pancartes de protestation à l'extérieur du poste de police de Jongno à Séoul, le 25 mars 2020, exigeant une punition sévère pour Cho et d'autres participants à des chats mobiles, où du contenu d'exploitation sexuelle impliquant des victimes mineures a été partagé.

as26@yna.co.kr

eloise@yna.co.kr

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