Go to Contents Go to Navigation

(FOCUS) La victoire écrasante du parti au pouvoir devrait renforcer la politique étrangère de Moon

Gros plans 16.04.2020 à 16h44

SEOUL, 16 avr. (Yonhap) -- Le triomphe retentissant du Parti démocrate (PD) au pouvoir aux élections législatives devrait placer le programme de politique étrangère du président Moon Jae-in, y compris l'engagement avec la Corée du Nord, sur une base plus stable et plus solide, ont déclaré des observateurs ce jeudi.

L'excellent résultat aux élections législatives a donné un coup de fouet nécessaire à l'administration Moon dont la politique extérieure a fait face à un regain de scepticisme en raison des provocations militaires la Corée du Nord, des tensions avec le Japon et des doutes sur l'alliance avec les Etats-Unis.

Lors des élections de mercredi, le Parti démocrate et son parti allié, appelé Parti plateforme, ont obtenu 180 sièges à l'Assemblée nationale qui compte 300 membres, un succès radical qui a permis à l'administration Moon Jae-in de garder une main ferme sur la politique.

Le président Moon Jae-in assiste à la visioconférence avec les dirigeants de 10 membres de l'Asean et de la Chine et du Japon, depuis son bureau Cheong Wa Dae, le mardi 14 avril 2020, pour discuter des moyens de lutter contre le nouveau coronavirus. (Photo fournie par le bureau présidentiel. Revente et archivage interdits)

«Fraîchement sorti d'une victoire, le gouvernement pourrait chercher à profiter de la nouvelle dynamique pour pousser fortement ses initiatives de politique étrangère, y compris sa poursuite de l'aide humanitaire à Pyongyang pour aider à lutter contre la pandémie de Covid-19», a déclaré Park Won-gon, professeur de politique internationale à l'université Handong.

Dans la période qui a précédé le jour du scrutin, l'effort du Sud pour un engagement avec le Nord a été remis en question dans un contexte de tests balistiques continus de l'Etat communiste, y compris les derniers lancements de missiles de croisière mardi.

Au cours de la campagne, les conservateurs avaient mis en avant la position belliqueuse du Nord et l'arrêt des échanges intercoréens comme preuve que les efforts de l'administration Moon pour la réconciliation et la coopération avec le régime de Kim Jong-un avaient échoué.

Cependant, suite à l'éclatante réussite aux législatives, Séoul pourrait s'efforcer de reprendre ses engagements avec Pyongyang en recherchant d'abord une coopération dans la lutte contre le nouveau coronavirus grâce à des efforts tels que la fourniture de kits de test et d'autres matériels de quarantaine au Nord, ont déclaré les analystes.

Si la coopération intercoréenne s'accélérait, cela pourrait renforcer Séoul afin de faire pression pour une série de projets transfrontaliers que le président Moon a évoqués lors de son discours de Nouvel An.

Les projets comprennent l'enregistrement conjoint de la Zone démilitarisée (DMZ) en tant que patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), la reprise des activités au complexe industriel de Kaesong, ville située au nord de la frontière, et des visites du mont Kumgang sur sa côte est, ainsi que la reconnexion des routes et des voies ferrées.

Afin de promouvoir de tels projets, le Sud devra renforcer la coordination avec les Etats-Unis, car les sanctions internationales dirigées par Washington contre Pyongyang demeurent un obstacle majeur à tout engagement avec le régime à plus grande échelle.

Il reste à savoir si le gouvernement américain soutiendra pleinement la volonté de Séoul de procéder à des échanges transfrontaliers susceptibles d'atténuer le régime de sanctions, que les Etats-Unis considèrent comme un facteur clé pour mettre Pyongyang sur la voie de la dénucléarisation.

Actuellement, la plus grande pierre d'achoppement de l'alliance Séoul-Washington est leurs négociations sur le partage des coûts de défense qui restent dans l'impasse suite à la demande américaine d'une forte augmentation des contributions financières de Séoul pour le stationnement des 28.500 soldats américains sur la péninsule coréenne.

Le président américain Donald Trump aurait rejeté l'offre d'une augmentation d'au moins 13% de Séoul par rapport au pacte de partage des coûts de l'Accord sur les mesures spéciales (SMA) de l'an dernier. Le SMA de l'année dernière qui a expiré en décembre demandait à Séoul un paiement d'environ 870 millions de dollars.

Certains analystes ont déclaré que la victoire électorale pourrait donner davantage de marge de manœuvre politique à l'administration Moon dans les négociations sur le SMA d'une manière qui aidera à apaiser les tensions avec son principal allié.

«La marge de manœuvre du gouvernement semble désormais plus large, bien que la portée ait été plus étroite durant la période préélectorale», a déclaré Nam Chang-hee, professeur de diplomatie à l'Université d'Inha. «Mais le gouvernement reste confronté à des limites car les négociations devraient se dérouler dans le cadre du SMA sous-jacent.»

Washington a demandé que le champ d'application du SMA soit étendu pour couvrir une plus grande gamme de coûts de défense, tels que le transport de troupes en rotation depuis l'extérieur de la péninsule. Mais Séoul maintient que le cadre du SMA existant, limité à soutenir l'entretien des troupes américaines ici, devrait rester intact.

Un revirement dans les négociations pourrait cependant émerger alors que le Sud et les Etats-Unis intensifieraient leur coopération pour lutter contre les infections l'épidémie de coronavirus. Cette semaine, Séoul a aidé Washington à se procurer d'importantes quantités de kits de dépistage de virus, soulignant leur alliance face à la crise des soins de santé publique.

Le triomphe du Parti démocrate a également soulevé des questions sur la trajectoire future des relations entre Séoul et Tokyo qui se sont effilochées dans un contexte de longue dispute liée au commerce et à l'histoire.

Certains analystes ont prédit que l'administration Moon pourrait chercher à aller au-delà des mauvaises relations avec le Japon en coopérant dans les efforts de réponse à la pandémie car il pourrait ne tirer aucun gain politique des tensions avec le pays voisin à un moment où le parti au pouvoir a une majorité parlementaire.

Ils ont également noté la possibilité que le gouvernement Shinzo Abe cherche à rétablir les relations avec Séoul pour rendre ses indicateurs de politique étrangère stables suite à une baisse du soutien public causée en grande partie par sa gestion impopulaire de l'épidémie de Covid-19 et du report ultérieur des Jeux olympiques de Tokyo à l'année prochaine.

La pandémie a menacé de saper les réformes économiques de Shinzo Abe dites «Abenomics» tant mise en avant par le Premier ministre japonais. Elles consistent en un large éventail de programmes de relance budgétaire et monétaire avec des réformes structurelles qui n'autorise pas Tokyo à aggraver les tensions avec les pays voisins, selon les observateurs.

«Tokyo pourrait avoir peu à gagner à dénigrer la Corée du Sud, compte tenu de la teneur générale du sentiment international positif en faveur de la Corée, en particulier à propos de la lutte de Séoul contre le coronavirus», a estimé le professeur Nam. «La Corée du Sud ne gagnerait pas non plus à dénigrer le Japon alors que le Japon est dans une situation difficile.»

Concernant les relations avec la Chine, Séoul devrait utiliser la visite du président chinois Xi Jinping prévue dans la capitale cette année pour renforcer encore la coopération, en particulier dans les efforts de dénucléarisation du Nord.

Mais il reste à savoir si Xi sera en mesure de venir à Séoul au cours du premier semestre de cette année comme attendu, étant donné que les deux pays sont toujours fortement focalisés sur le contrôle de la pandémie et la gestion de ses répercussions économiques.

as26@yna.co.kr

(FIN)

Accueil Haut de page