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(FOCUS) La présidence post-coronavirus de Moon sera jalonnée de défis

Gros plans 07.05.2020 à 16h30

SEOUL, 07 mai (Yonhap) -- Le président Moon Jae-in n'a pas à s'inquiéter de devenir un «canard boiteux» précoce, au moins pour l'instant, alors qu'il arrive aux trois cinquièmes de son mandat unique.

Son administration de centre-gauche, qui fête dimanche son troisième anniversaire, a été dynamisée par la victoire écrasante du Parti démocrate (PD) au pouvoir aux élections législatives du 15 avril.

Moon a interprété la victoire comme une «lourde responsabilité» pour son leadership et a signalé une dynamique offensive afin de sauver des emplois, revitaliser l'économie et achever les mesures de réforme sociale en attente. Il a même annoncé son projet de «New Deal coréen».

Le président Moon Jae-in prend la parole lors d'une réunion avec ses principaux collaborateurs à Cheong Wa Dae à Séoul, le 4 mai 2020.

Se préparant à la nouvelle vague de changements radicaux de l'ère post-coronavirus, le chef de l'Etat a une multitude de tâches difficiles à gérer. La priorité est d'éradiquer le virus et de sortir de la crise nationale.

«En raison du Covid-19, la société coréenne est confrontée à une triple crise : une crise de quarantaine due à la propagation des infections, une crise économique couplée à une instabilité de l'emploi et une crise de coopération imputable à l'échec à résoudre ces difficultés par le dialogue social», a déclaré Cho Dae-yop, président du Comité présidentiel sur la planification des politiques, dans une interview.

Alors que la Corée du Sud a réussi à aplatir la courbe des infections, beaucoup s'attendent à ce que le secteur économique soit frappé par des problèmes à grande échelle dans les semaines ou mois à venir.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que l'économie dépendante des exportations de la Corée du Sud reculera de 1,2% cette année en raison de la pandémie.

Les salariés perdent leur emploi et les travailleurs indépendants sont confrontés à des difficultés de plus en plus graves. Le gouvernement a gagné un peu de temps pour faire face aux problèmes en distribuant des «subventions de secours d'urgence en cas de catastrophe» pouvant aller jusqu'à un million de wons (814 dollars) pour les ménages.

Même avant l'apparition des craintes liées au virus, la quatrième économie d'Asie était en perte de vitesse. Moon a essuyé de sévères attaques politiques pour sa stratégie de croissance axée sur les revenus et son projet d'éliminer progressivement l'utilisation de l'énergie nucléaire dans le pays. Les prix des logements ont grimpé en flèche, en particulier à Séoul et dans la province du Gyeonggi qui l'entoure.

Le président Moon Jae-in (au centre, de face) prononce une allocution liminaire lors de la cinquième session d'urgence du conseil économique à Cheong Wa Dae à Séoul, le 22 avril 2020.

Cho a souligné qu'il était prématuré d'étiqueter la politique de croissance axée sur les revenus comme un échec. «Une évaluation précise et objective est nécessaire pour savoir si elle a été vraiment infructueuse», a-t-il estimé, citant la poussée simultanée vers une croissance innovante.

Pour le président, la faible progression du processus de paix sur la péninsule constitue un autre revers.

Moon a suggéré une approche différente par rapport à la position attentiste de l'an dernier sur fond d'impasse prolongée dans les pourparlers de dénucléarisation entre Washington et Pyongyang.

Il a indiqué que son gouvernement explorerait des moyens «réalistes et pratiques» de réactiver la coopération intercoréenne malgré les sanctions internationales contre le voisin communiste.

Le président sud-coréen espère des partenariats anti-coronavirus pour une percée qui pourrait ouvrir la voie à des visites individuelles de la Corée du Nord et à la reconnexion de chemins de fer et routes transfrontaliers.

Pourtant, la clé est la réponse de Pyongyang. Les chances d'un accord nucléaire historique sont apparemment minces avant l'élection présidentielle américaine en novembre. De plus, le président Donald Trump est occupé avec la crise du coronavirus.

Au niveau national, l'autre tâche essentielle de l'administration Moon consiste à réformer le Parquet, qui est considéré comme ayant trop d'autorité et de pouvoir.

Un torrent de féroces conflits politiques se profile, alors que le gouvernement s'apprête à créer une agence non rattachée au Parquet, spécialisée dans les enquêtes sur la corruption des hauts fonctionnaires, y compris des procureurs de haut rang, en vertu de la nouvelle législation. Le principal parti d'opposition, le Parti unifié du futur (PUF), s'est fermement opposé à la création de cette agence, affirmant qu'elle serait exploitée comme un organe pour cacher la corruption de Moon et de ses proches collaborateurs. Le gouvernement cherche à la lancer dès juillet.

Cheong Wa Dae a ouvertement lancé l'idée d'élargir l'assurance-chômage à l'ensemble de la population économiquement active, un projet national coûteux et controversé. Parmi les 27,79 millions d'habitants économiquement actifs du pays, seulement 13,78 millions de travailleurs sont couverts par le système.

Le gouvernement envisage également la révision constitutionnelle comme un objectif à moyen ou à long terme.

Après s'être concentré sur la lutte contre le virus au milieu des applaudissements de la communauté internationale, Moon revient à la réalité de la pression croissante sur les réalisations de fond, comme le démontre son slogan politique de 2020, «Pour des changements tangibles !»

Résultats des législatives 2020

Heureusement pour lui, la dernière victoire électorale du PD a ouvert un boulevard à ses politiques. Son parti a obtenu 180 sièges à l'Assemblée nationale de 300 membres. Plusieurs députés élus sont d'anciens membres du bureau présidentiel de Moon. Aucune élection nationale majeure n'est prévue avant le printemps 2022.

Cela signifie que Moon ne peut plus, ou ne devrait pas, blâmer les partis d'opposition pour le manque d'accomplissements dans sa campagne de réforme, selon les analystes.

Une majorité de Sud-Coréens est également de son côté, selon les sondages d'opinion. Gallup a indiqué que le taux d'approbation de Moon était en moyenne de 60% en avril, soit un score bien plus élevé que celui de ses prédécesseurs autour de leur troisième année de mandat à la tête de l'Etat.

Park Geun-hye a commencé sa quatrième année au pouvoir avec 40% d'opinions favorables, Lee Myung-bak 43%, Roh Moo-hyun et Kim Dae-jung 27%, selon les données compilées par l'institut de sondage.

La popularité actuelle de Moon est soutenue par sa gestion de l'épidémie de coronavirus grâce en partie à «l'effet de ralliement au drapeau» temporaire et à la frustration du public face aux partis d'opposition.

Ce qui importe est de savoir si Moon sera en mesure de produire des réalisations tangibles au-delà du succès de la quarantaine, une indication à l'avance du possible résultat de l'élection présidentielle de 2022.

Cho Dae-yop, président du Comité présidentiel sur la planification des politiques, prend la parole lors d'une interview avec l'agence de presse Yonhap à Séoul, le 5 mai 2020.

as26@yna.co.kr

(FIN)

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