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Controverse autour d'un sample utilisé par un membre de BTS

Actualités 01.06.2020 à 17h19

SEOUL, 01 juin (Yonhap) -- Une controverse autour d'un sample audio présent sur le nouvel album de Suga, un membre de BTS, montre que même les superstars mondiales de la K-pop ne sont pas à l'abri d'une éventuelle débâcle en matière de relations publiques.

Elle met en évidence les risques inévitables associés aux célébrités qui tentent d'intensifier leur présence sur la scène internationale sur fond d'appels accrus au politiquement correct.

Dimanche soir, Big Hit Entertainment a présenté des excuses pour l'utilisation d'un clip audio du chef d'une secte américaine Jim Jones, associé au fameux suicide de masse de Jonestown au Guyana en 1979, dans le morceau de Suga intitulé «What Do You Think?», inclus dans sa dernière mixtape solo, «D-2».

«D-2», le deuxième projet solo de Suga qui utilise pour l'occasion son pseudonyme Agust D, est devenu un phénomène mondial lors de sa sortie le 22 mai, atteignant le sommet des classements d'albums Apple iTunes dans 80 pays et régions. Le titre principal, «Daechwita», a également dominé la liste iTunes des meilleurs singles dans 50 pays.

Suga, un membre du boys band sud-coréen BTS, lors d'une présentation de l'album «Map of the Soul: Persona» à Séoul, le 17 avril 2019.

Un projet émanant d'un membre de BTS attire immanquablement l'attention des observateurs de la K-pop, qui analysent et dissèquent chaque parole, en particulier après que l'album, associé au clip vidéo majestueux de «Daechwita», est sorti par surprise sans aucune promotion publique officielle en dehors d'une poignée de teasers mystérieux.

Après environ une semaine d'observation collective, les fans internationaux, ainsi que les détracteurs, ont remarqué qu'un sample de voix présent sur «What Do You Think?» était extrait d'un sermon de Jones. Cela a alimenté des spéculations et des théories, ainsi que des critiques, sur la manière et la raison pour laquelle le son du célèbre chef de culte défunt a été utilisé.

Le débat et les critiques qui ont suivi ont fait boule de neige au point où Big Hit a décidé de rééditer le titre sans l'échantillon audio en question.

«Le producteur de "What Do You Think?" a choisi (l'audio) en tenant compte de l'atmosphère générale de la piste, en ne connaissant pas l'identité de l'orateur», s'est justifié Big Hit dans un communiqué. La société a également admis n'avoir pas reconnu la nature «inappropriée» de l'extrait.

«Nous nous excusons auprès de toute personne qui pourrait avoir été blessée ou offensée», a déclaré Big Hit. L'entreprise a expliqué que Suga lui-même ressentait également un profond sentiment de responsabilité suite à l'incident.

Image promotionnelle pour l'album mixtape de BTS Suga «D-2». (Image fournie par Big Hit Entertainment. Revente et archivage interdits)

La publicité négative survient au moment où Big Hit s'apprête à être côté à la Bourse de Séoul. Après des mois de spéculations, la société a demandé la semaine dernière un examen préliminaire pour être coté au Kospi, l'indice boursier de référence de la Corée du Sud.

Le bénéfice d'exploitation de la société pour l'exercice 2019 a atteint 98,7 milliards de wons (80,4 millions de dollars), soit un chiffre plus élevé que le bénéfice d'exploitation combiné des trois principales agences de K-pop : SM Entertainment, JYP Entertainment et YG Entertainment. Créée en 2005, Big Hit, dont la valeur est estimée à au moins 2.000 milliards de wons, devrait largement finaliser sa cotation cette année, à moins que des problèmes ne surgissent.

Malgré l'explication de Big Hit, on ne sait pas exactement comment la décision d'utiliser la piste audio au cœur de la polémique a été prise. Certains fans pensent qu'elle a été utilisée intentionnellement comme un outil artistique, pour souligner le message véhiculé dans la chanson. Les fans qui soutiennent cette théorie ont exprimé des réserves quant aux excuses de Big Hit.

«Je ne crois pas que Yoongi (Suga) ait voulu faire quoi que ce soit de mal en samplant ce discours. Comme beaucoup de rappeurs avant lui, il utilise un discours chargé d'émotions pour souligner le sentiment de la chanson. Il n'approuve en aucune façon Jim Jones» , a commenté Celeste Hollister, écrivaine américaine et fan de Suga à San Marcos, au Texas.

Hollister, 45 ans, a ajouté : «Le climat politique mondial est particulièrement pesant en ce moment, et les excuses semblent montrer une tentative de l'entreprise de désamorcer quelque chose de potentiellement volatil.»

L'utilisatrice de Twitter Roxy, qui se présente en tant que professeur d'anglais britannique basée dans la province du Jeolla du Sud, a été plus critique envers Suga et Big Hit.

«Cela montre juste à quel point ils étaient paresseux en ce qui concerne la vérification des sources. Comment pouvez-vous utiliser quelque chose dans une chanson sans savoir d'où cela vient ?», a questionné la jeune femme de 22 ans, qui s'est décrite comme une consommatrice occasionnelle de K-pop.

Le groupe de K-pop BTS pose pour une séance photos lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion du lancement de son nouvel album «Map of the Soul: 7» au Centre des conventions et des expositions (COEX), dans le sud-est de Séoul, le lundi 24 février 2020. (Photo fournie par Big Hit Entertainment. Revente et archivage interdits)

La controverse autour du sample de Jones n'est guère la première ni l'unique controverse que BTS ou ses membres ont dû affronter depuis leurs débuts en 2013.

En octobre 2018, une photo de Jimin portant une chemise avec une image de bombe atomique a fait le tour d'Internet, ce qui a incité un diffuseur de télévision japonais à annuler la prestation prévue du groupe lors de la tournée promotionnelle du groupe sur l'archipel.

Le membre RM s'est également attiré les foudres des critiques lorsque le centre Simon Wiesenthal, une organisation juive américaine de défense des droits de l'Homme, lui a reproché d'avoir porté un chapeau arborant ce que le groupe a perçu comme une iconographie de l'Etat allemand nazi (SS).

A l'époque, Big Hit a abordé de front les deux polémiques dans des déclarations, exprimant ses regrets et promettant de faire mieux à l'avenir.

Le modèle de l'entreprise consistant à traiter rapidement les controverses, d'hier et d'aujourd'hui, survient alors que l'industrie de la K-pop prospère largement grâce à l'image saine et nette de ses stars.

De nombreuses stars de la K-pop, y compris BTS, s'appuient fortement sur des accords publicitaires pour sécuriser des revenus de leurs entreprises. La valeur marchande des artistes, lorsqu'ils sont impliqués dans des nouvelles négatives, a tendance à décliner plus fortement que les stars dans d'autres domaines, comme le montre le scandale «Burning Sun» survenu l'année dernière.

CedarBough Saeji, professeur adjoint invité de culture coréenne à l'université de l'Indiana aux Etats-Unis, a souligné la pression intense que les célébrités sud-coréennes subissent en général par rapport à leurs pairs dans d'autres pays.

«La pression qui pèse sur les stars de la K-pop pour maintenir une image saine soulève les enjeux de leur cheminement de carrière déjà stressant. Les stars de la K-pop sont toujours en représentation, avec peu de temps d'arrêt et seulement des moments éphémères d'anonymat et de normalité», selon Saeji.

as26@yna.co.kr

(FIN)

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