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(Interview Yonhap) Le coronavirus entrave les efforts humanitaires au Nord, selon un responsable de la Croix-Rouge

Interviews 03.06.2020 à 14h08

SEOUL, 03 juin (Yonhap) -- La plupart des programmes humanitaires en Corée du Nord ont été interrompus car les fermetures de frontières et d'autres mesures antiépidémiques strictes dans le monde ont rendu difficile l'achat ainsi que l'expédition du matériel d'aide nécessaire à l'Etat communiste, a indiqué un responsable de la Croix-Rouge.

Thierry Ribaux, qui a dirigé le bureau à Pyongyang du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) jusqu'au début du mois de février, a également déclaré que l'organisation n'avait pas d'autre choix que de maintenir ses opérations à un niveau «minimal» car il est devenu presque impossible d'obtenir non seulement du matériel mais aussi de dépêcher du personnel dans le royaume ermite.

Ribaux a quitté Pyongyang alors que la Corée du Nord prenait à la fin du mois de janvier un ensemble de mesures drastiques pour repousser le Covid-19 et il a depuis suivi de près les activités humanitaires à Pyongyang en tant que chef adjoint de la mission du CICR à Pékin en charge de la coordination régionale.

Les mesures préventives prises par les Etats en relation avec la pandémie de Covid-19 ont eu un impact considérable sur la mise en œuvre des activités humanitaires en RPDC», a-t-il déclaré dans une interview écrite donnée à l'agence de presse Yonhap. La RPDC est le sigle du nom officiel du Nord, République populaire démocratique de Corée.

«Cela a notamment conduit à l'impossibilité d'assurer la rotation du personnel international et d'assurer l'achat et l'expédition réguliers de matériel. Par conséquent, le CICR a dû suspendre temporairement la plupart des programmes», a-t-il ajouté.

Thierry Ribaux, chef adjoint de la mission du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Pékin en charge de la coordination régionale et ex-directeur du bureau à Pyongyang du CICR.

Depuis que le coronavirus est apparu dans la ville chinoise de Wuhan à la fin de l'année dernière, la Corée du Nord a pris des mesures prophylactiques relativement rapides et drastiques en fermant ses frontières mais aussi en renforçant les critères de quarantaine, ce qui rend plus difficiles l'entrée et la sortie de personnes et de biens du pays.

Pyongyang a affirmé n'avoir détecté aucun cas de coronavirus sur son sol, mais le scepticisme persiste quant au fait qu'il pourrait couvrir une épidémie qui aurait déjà pu se propager à travers le pays compte tenu de sa vulnérabilité à de telles maladies hautement contagieuses dans un contexte d'infrastructures médicales insuffisantes.

Certaines ambassades à Pyongyang auraient été temporairement fermées. Des diplomates et des travailleurs humanitaires sont rentrés dans leur pays d'origine par précaution.

Le CICR, basé à Genève, est connu pour son engagement humanitaire mondial en faveur des victimes de la guerre et de la réadaptation, et il exploite son bureau à Pyongyang depuis 2002 dans lequel il maintient généralement six de ses propres employés, ainsi qu'une vingtaine de membres du personnel nord-coréen, pour assurer la coordination avec les autorités locales.

Ribaux a précisé que quatre de ses propres travailleurs avaient été renvoyés chez eux en mars et que cela ne faisait pas partie d'une évacuation mais plutôt de «rotations régulières du personnel». Mais leurs remplaçants, sans parler des siens, n'ont pas pu être envoyés au Nord, forçant l'organisation à seulement maintenir «quelques activités minimales».

«Le CICR a inclus quatre ressortissants étrangers sur la liste, et ils ont tous été emmenés dans le vol en mars et ont atteint leur destination d'origine au cours des semaines suivantes. Ce n'est pas une évacuation, mais cela s'inscrit dans les rotations régulières du personnel», a-t-il souligné.

«Nous avons deux employés internationaux qui travaillent actuellement dans notre mission à Pyongyang, assurant que certaines activités minimales se poursuivent», a-t-il ajouté. «(Mais) s'assurer que nous gardons toujours la capacité de reprendre nos activités, avec notre partenaire la RPDC SCR (Société de la Croix-Rouge), dès que la situation le permettra s'est avéré difficile.»

Interrogé sur une évaluation de la réponse du Nord face au coronavirus, Ribaux a refusé d'élaborer, apparemment en raison du principe de neutralité politique que le CICR applique strictement dans les pays d'accueil, mais il a noté que la Croix-Rouge du Nord avait «contribué» à ces efforts avec le soutien de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

Ribaux a décrit son séjour en Corée du Nord comme une «année intense» au cours de laquelle il a pu vivre une expérience directe de divers projets humanitaires dans l'Etat reclus en étroite coordination avec les autorités nord-coréennes.

Il a notamment cité un «projet de salle d'urgence» pluriannuel lancé début 2019 au Pyongyang Medical College Hospital comme l'une des choses les plus mémorables qu'il ait faites dans le pays, bien qu'il se soit également récemment arrêté en raison de la pandémie de coronavirus.

L'objectif du projet est d'améliorer les soins de santé d'urgence en créant un «prototype fonctionnel» permettant de traiter les patients ayant des besoins graves ou mettant leur vie en danger avec l'expertise et les ressources appropriées.

Le besoin de tels services doit avoir augmenté à cause de la pandémie de coronavirus. Le leader nord-coréen Kim Jong-un a également montré un vif intérêt pour un projet de construction d'un hôpital à grande échelle en assistant à sa cérémonie d'inauguration en mars.

«Je suis particulièrement heureux que nous ayons réussi, en seulement quelques mois (depuis mon arrivée en Corée du Nord), à mettre sur la bonne voie l'ambitieux projet des urgences. Il a fallu un effort collectif de la RPDC SCR, du ministère de la Santé publique et du CICR», s'est félicité Ribaux.

«Rapidement, une compréhension commune de l'objectif du projet a émergé, ce qui a créé un environnement très propice. J'espère que le projet se poursuivra sur la même voie une fois que les activités pourront reprendre», a-t-il ajouté.

as26@yna.co.kr

(FIN)

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