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(FOCUS) Les menaces du Nord montrent les efforts de Kim Jong-un pour élever le statut de sa sœur, selon des experts

Gros plans 08.06.2020 à 17h30

SEOUL, 08 juin (Yonhap) -- Les récentes menaces de la Corée du Nord de supprimer le bureau de liaison intercoréen et de mettre fin à d'autres accords majeurs témoignent de l'intention du leader Kim Jong-un de solidifier le statut politique de sa sœur, Kim Yo-jong, ont indiqué des experts ce lundi.

La semaine dernière, Kim Yo-jong a publié une déclaration au ton particulièrement dur, dénonçant la campagne de transfuges nord-coréens et de militants sud-coréens pour envoyer des tracts de propagande anti-Pyongyang vers la nation communiste comme un acte hostile allant à l'encontre d'une série d'accords de paix entre les deux pays.

Si le Sud ne parvient pas à empêcher l'envoi de tels tracts, a-t-elle averti, le Nord fermera non seulement le bureau de liaison, mais supprimera également l'accord militaire pour la réduction des tensions et démantèlera complètement le complexe industriel commun.

En réponse, le Sud a promis d'interdire de telles activités, mais le département du Front uni, organe clé du Parti du travail du Nord, a quand même juré le lendemain de mettre ses menaces à exécution, confirmant qu'elle était la principale responsable du régime dans le traitement des problèmes intercoréens.

C'était la troisième déclaration de la sœur de Kim Jong-un publiée cette année. La première, diffusée début mars, a fustigé le Sud pour avoir contesté le lancement de roquettes à courte portée, affirmant que ces tirs relevaient de la légitime défense.

Ces déclarations intransigeantes contrastent fortement avec l'image conciliante que Kim Yo-jong a construite lorsqu'elle est venue en Corée du Sud en tant qu'envoyée spéciale pour assister aux Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018. Ce voyage avait débouché sur une série de percées, dont trois sommets intercoréens et le tout premier sommet entre le Nord et les Etats-Unis.

Les experts considèrent les dernières menaces de Pyongyang comme visant à attiser la division en Corée du Sud et également en partie à élever le statut politique de Kim Yo-jong en Corée du Nord en la plaçant à la pointe des décisions politiques clés.

«Le régime de Kim veut clairement alimenter la division au Sud et semble élever Kim Yo-jong dans la politique nord-coréenne», a déclaré Leif-Eric Easley, professeur agrégé d'études internationales à l'université féminine Ewha à Séoul.

«Kim utilise sa sœur, qui était une envoyée spéciale pour la diplomatie du sourire de la Corée du Nord lors des Jeux olympiques d'hiver de 2018, afin de menacer les fondations minimales qui restent de la coopération intercoréenne sur lesquelles les progressistes sud-coréens espèrent construire», a-t-il ajouté.

Kim Yo-jong, la sœur du leader nord-coréen Kim Jong-un.

L'année dernière, la sœur du leader nord-coréen a également transmis le message de condoléances de son frère à travers le village de la trêve de Panmunjom à la suite de la mort de Lee Hee-ho, l'épouse de l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung, connu pour sa politique du «rayon de soleil» consistant à engager la Corée du Nord.

Le titre officiel de Kim Yo-jong est celui de première vice-directrice du Comité central du Parti du travail au pouvoir, mais elle a longtemps été considérée comme la numéro deux de facto et l'une des plus proches conseillères de son frère.

On a même supposé qu'elle succèderait à Kim Jong-un alors que de nombreuses rumeurs couraient selon lesquelles il était gravement malade.

Compte tenu de sa récente participation active à l'élaboration des politiques et à ses déclarations strictes, les spécialistes estiment que son rôle semble aller bien au-delà de son titre officiel, son autorité englobant apparemment de nombreuses organisations gouvernementales, plutôt que de simplement livrer les idées du leader.

Les importants rassemblements de soutien sans précédent à l'échelle nationale pour ses positions, qui, selon les experts, sont généralement réservés aux dirigeants, en sont un bon exemple.

Depuis la déclaration de Kim Yo-jong la semaine dernière, les médias d'Etat nord-coréens ont rapporté des manifestations à grande échelle dénonçant l'envoi de tracts et le soutien de hauts fonctionnaires à sa position, y compris un vice-Premier ministre, qui la dépasse de loin.

«Regardez la réaction des gens et les rassemblements de soutien rapportés par le quotidien officiel de la Corée du Nord, Rodong Sinmun, qui étaient presque inconnus auparavant et réservés uniquement aux dirigeants», a déclaré Hong Min, chercheur à l'Institut coréen pour l'unification nationale (KINU).

Hong a également déclaré que la Corée du Nord semblait avoir réalisé que les déclarations acerbes publiées presque tous les jours à la fin de l'année dernière, contre la Corée du Sud et les Etats-Unis, n'avaient pas eu l'impact prévu et vu la nécessité de s'unir derrière l'une des personnes les plus puissantes de son pays.

«Le leader nord-coréen semble avoir changé sa stratégie en mettant Kim Yo-jong au premier plan et en lui faisant gérer beaucoup de choses de manière à ne pas distraire du message», a-t-il ajouté. «Elle semble non seulement livrer le message de son frère mais aussi transmettre son propre message en tant que numéro deux de facto s'impliquant dans presque toutes les affaires.»

as26@yna.co.kr

(FIN)

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