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(LEAD) L'OMC décidera le mois prochain de la création d'un comité sur le conflit commercial Séoul-Tokyo

Economie 29.06.2020 à 22h17

SEOUL/GENEVE, 29 juin (Yonhap) -- L'Organisation mondiale du commerce (OMC) décidera le mois prochain de créer ou non un groupe spécial pour gérer la dispute commerciale d'un an entre la Corée du Sud et le Japon.

L'Organe de règlement des différends (ORD) de l'OMC sur l'établissement du groupe spécial s'est réuni ce lundi.

Le comité n'a pas été créé immédiatement, car le Japon a protesté contre la plainte déposée par la Corée du Sud auprès de l'OMC.

La question sera traitée lors de la prochaine session de l'Organe de règlement des différends prévue le 29 juillet. Conformément aux règles de l'OMC, le groupe spécial sera mis en place automatiquement, même avec l'opposition du Japon, à moins d'un rejet unanime de tous les membres.

Au début du mois, Séoul a rouvert le dossier des restrictions à l'exportation du Japon auprès de l'OMC, après que Tokyo a ignoré l'appel de Séoul en faveur de la suppression des restrictions à l'exportation qu'il avait imposées il y a un an sur trois matériaux essentiels pour l'industrie technologique sud-coréenne.

(LEAD) L'OMC décidera le mois prochain de la création d'un comité sur le conflit commercial Séoul-Tokyo - 1

En juillet de l'année dernière, le Japon a annoncé qu'il réglementerait les exportations à destination de la Corée du Sud de trois matériaux industriels clés, la résine photosensible, le gaz de gravure et le polyimide fluoré, qui sont essentiels pour la fabrication de puces et écrans d'affichage, formant l'épine dorsale de la quatrième économie d'Asie.

Le Japon argue que les mesures sont intervenues au motif que la Corée du Sud ne contrôlait pas efficacement les matériaux sensibles qui pouvaient être détournés à des fins militaires. Séoul pense qu'il s'agit de représailles contre une décision d'un tribunal local qui a ordonné à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes coréennes pour leur travail forcé pendant son règne colonial (1910-1945).

L'année dernière, la Corée du Sud et le Japon se sont retirés de leurs listes de partenaires commerciaux de confiance, reflétant une escalade des tensions.

Séoul a initialement déposé la plainte auprès de l'OMC en septembre 2019, mais il a décidé de suspendre le procès deux mois plus tard dans un geste de bonne volonté pour tenter de régler la guerre commerciale.

Le pays, qui avait également mis en garde contre la suppression d'un pacte de partage de renseignements militaires avec le Japon, a décidé de maintenir l'accord.

Au milieu de l'absence de progrès dans leurs pourparlers, Séoul a renouvelé en mai son appel à Tokyo pour lever les réglementations d'exportation, mais le Japon n'a pas donné de signes qui «répondent aux attentes».

Déçue par la réponse du Japon, la Corée du Sud, a repris son procès devant l'instance internationale au début du mois.

Tokyo a immédiatement exprimé ses profonds regrets face à la décision de Séoul de rouvrir le dossier à l'OMC, mais a réitéré que ses politiques de restriction des exportations étaient légales et raisonnables.

La Corée du Sud a fait valoir que le Japon «n'applique pas ses lois, règlements, décisions et décrets d'application générale concernant les restrictions à l'exportation de manières uniforme, impartiale et raisonnable», selon un document de l'OMC.

Le conflit commercial n'a pas encore eu d'impact significatif sur la production sud-coréenne des produits concernés, le pays ayant fait des efforts pour diversifier ses fournisseurs tout en favorisant ses propres technologies.

Le pays du Matin-Clair craint cependant que toute incertitude commerciale ne conduise à davantage de troubles pour ses exportations qui ont déjà été affectées par la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19). Un sondage a montré la semaine dernière que les exportations sud-coréennes devraient baisser de 9% en juin par rapport à l'année précédente.

as26@yna.co.kr

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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