Go to Contents Go to Navigation

Notre site utilise des cookies et d'autres techniques pour offrir une meilleure qualité de service. En continuant à visiter le site, vous acceptez l'usage de ces techniques et notre politique. Voir en détail

(Interview Yonhap) Stella Jang : «Mes chansons sont le journal de ma vie»

Sport/Culture 03.07.2020 à 09h00
Stella Jang. (Photo fournie par Grandline Entertainment)
Stella Jang. (Photo fournie par Grandline Entertainment)
Stella Jang. (Photo fournie par Grandline Entertainment)
Stella Jang. (Photo fournie par Grandline Entertainment)

SEOUL, 03 juil. (Yonhap) -- La chanteuse coréenne Stella Jang a accordé jeudi, dans la langue de Molière, un entretien à l'agence de presse Yonhap dans lequel elle a retracé son parcours via la France jusqu'à la musique et parlé de son univers très éclectique dans la pop, pas la «K-pop» qu'elle juge «réducteur».

Jang Seong-eun de son vrai nom (Stella trouve son origine dans «Seong» qui signifie «étoile» en coréen, une idée d'un de ses professeurs) est partie à Nancy, en France, à l'âge de 12 ans pour poursuivre ses études. «Je suis partie en 2004 et j'y suis restée pendant 11 ans», raconte-t-elle dans un français parfait.

A Paris, elle a intégré le prestigieux lycée Henri-IV et l'Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement (AgroParisTech), une grande école d'ingénieurs. «Je suis revenue (définitivement) en Corée en mars 2015 pour six mois de stage de fin d'études dans une entreprise franco-coréenne, une sous-marque de L'Occitane», confie Stella Jang.

La chanteuse de 28 ans a lancé sa carrière musicale dans son pays natal, en 2013, en collaborant sur l'album «Backpack» du duo Geeks. C'est en 2014 qu'elle a débuté sous le label Grandline Entertainment qu'elle n'a pas quitté, avec son premier single intitulé «Dumped Yesterday».

Elle se décrit comme «compositrice-parolière-interprète, car j'ai commencé cette carrière avec les chansons que j'ai écrites, les mélodies et les paroles». «Mais parfois le marché nécessite plus ma voix, comme pour les OST des dramas, parfois plus mes capacités de parolière.»

Son style musical pouvant à priori être étiqueté de plusieurs façons (K-ballade, K-folk, K-pop, K-indie), elle se refuse de rester prisonnière d'un genre particulier : «J'ai un peu abandonné l'idée de définir mon style musical. Au début, j'ai eu un complexe de ne pas avoir un style particulier. Je fais de l'acoustique, du folk, de l'indie, du blues, un peu de rap...»

«Donc, c'est impossible de donner un genre», estime-t-elle. «Je préfère me concentrer sur ce que j'aime à un moment donné. Donc quand je fais une chanson, ça peut être complètement différent de ce que j'ai fait avant. [...] Les paroles que j'écris reflètent assez bien ma personnalité et les idées que j'ai à un moment donné de ma vie. En fait, mes chansons sont le journal de ma vie, des mémoires...»

A la question de savoir quelles sont ses influences musicales, elle répond : «Au début, c'étaient les chansons coréennes des années 90 parce que quand j'étais à Paris, j'étais très attachée à la culture coréenne. [...] Je regardais beaucoup l'émission "(You Hee-yeol's) Sketchbook". En Corée, c'est l'émission de la vraie musique. C'était donc dans les années 2010 que j'ai commencé à puiser dans les sources des années 90. Et c'est en revenant en Corée que je me suis intéressée plus à la musique française (rires).»

Par ailleurs, elle avoue avoir un faible pour le rap et le hip-hop car elle était très fan de Bigbang lorsqu'elle était au lycée même si elle reconnaît que ces genres ne sont pas vraiment fait pour elle : «J'ai commencé à chanter leurs chansons. Mais je me suis rendue compte que cela ne correspondait pas très bien à ma personnalité.»

Mais son réel tremplin a été sa participation, en 2017, dans la populaire émission de télévision «Problematic Men», un talk-show sur tvN qui rassemblait six «hommes ayant un cerveau». Elle a fait trois apparitions pour ses talents de polyglotte (elle parle 4 langues avec l'anglais et l'espagnol), créant un véritable buzz.

«Parler des langues étrangères m'apporte un point de vue différent et me différencie des autres artistes. Les gens aiment bien les vidéos où je chante en français. Les Coréens aiment bien la langue française parce que c'est joli et agréable à entendre. [...] D'un point de vue marketing, ça m'aide. Aussi, le fait d'avoir été éduquée en France, ça m'a beaucoup changé. J'ai passé mon adolescence en France et c'est une période de la vie où la personnalité se forme.»

«Colors» (2016), l'un de ses premiers tubes, a fait le tour de la Toile grâce à l'application TikTok. La célèbre actrice hollywoodienne Jessica Alba est allée jusqu'à relever le défi viral consistant à réaliser une vidéo sur le thème des «couleurs» en la partageant sur la même plate-forme.

«"Colors" est devenue connue complètement par hasard, parce qu'une personne lambda l'a postée sur TikTok. Au début, personne ne savait que c'était ma chanson», se souvient-elle. «Ensuite, c'est devenu viral et les personnes ne pensaient pas que c'était une chanson coréenne comme elle est seulement en anglais. Les gens l'appelaient la "chanson de TikTok". Quand je la chantais, les gens pensaient que c'était un cover...»

Après ce succès, elle dit avoir réalisé que l'industrie de la musique «fonctionne beaucoup par chance, "Colors" pouvait rester dans l'ombre pendant longtemps». «Quelle est la vraie valeur de la musique ? Le succès ne va pas toujours avec la qualité», déplore-t-elle.

Parallèlement à sa carrière solo, Stella Jang a collaboré avec de nombreux autres artistes ou groupes de styles différents, comme la rappeuse Kisum ou le chanteur-compositeur Paul Kim. A ce jour, l'artiste francophone compte à son actif une douzaine de singles, quatre EP et un album studio sorti le 7 avril de cette année et intitulé «Stella I». Ce dernier a connu un succès fulgurant avec une rupture de stock dès les précommandes.

L'opus «Stella I» est composé de 12 titres signés par l'interprète de «Alright». Le morceau «Reality Blue» décrit le blues de la fin des vacances et du retour difficile à la réalité, alors que «Villain» donne le message que chaque individu abrite à la fois un démon et un ange en lui. Certaines chansons sont en anglais, comme «Go Your Way», «Bourgeois Emotion», «You Don't Shine Anymore» et «Forgive Forget».

«Dans cet album, j'ai vraiment investi tout ce que j'avais. J'ai participé de A à Z à sa fabrication, l'écriture des chansons, le choix des arrangements. C'est un album qui allait à l'encontre du cours des albums dans le marché. Les artistes n'aiment pas sortir des albums qui comportent 12 chansons, parce que les gens écoutent plutôt des singles maintenant. Le marché change.»

Elle a participé à une quinzaine de bandes originales de séries TV coréennes, dont «Dear My» diffusée de juillet à septembre 2019 sur la chaîne JTBC. En août de l'année dernière, elle a formé le girls band CSVC avec trois autres vocalistes issues de la musique indépendante. Ensemble, elles ont sorti «Summer Love...», un single numérique rétro rappelant les années 90.

«On est en train de préparer un nouveau projet pour l'été. On a fini d'écrire la chanson qu'on va sortir. On a préparé la chorégraphie. On va aller dans les émissions de télé. La chanson va sortir le 14 juillet», annonce-t-elle.

Il arrive aussi que Stella Jang chante des chansons françaises à la télévision ou poste des vidéos en français sur sa chaîne YouTube «Stella Jang TV», «un projet très personnel» comptant plus de 335.000 abonnés. Parmi elles, «Le Festin» (7,49 millions de vues), faisant partie de la BO du film d'animation «Ratatouille», et «La Vie en rose», standard international d'Edith Piaf.

Concernant son futur sur la plate-forme de vidéos, «je pense que je vais continuer dans cette voie-là. Je n'ai pas du tout envie de commercialiser cette chaîne en faisant des collaborations avec des produits. Je voudrais que ma chaîne reste à l'abri du commerce».

A relever également que Stella Jang a participé à la réalisation du morceau «Friends» figurant sur le dernier album de BTS «Map of the Soul: 7», sorti en février de cette année. «J'avais été contactée directement par la maison de disque de BTS et j'ai écrit une partie des paroles», précise-t-elle. La chanson traite de l'amitié entre deux membres du boys band, en l'occurrence V et Jimin.

«BTS est plus que de la musique, c'est un phénomène culturel», dit-elle à propos du groupe coréen le plus connu de la Terre. Selon elle, «K-pop, K-indie et tout ce qui commence par K, c'est en fait un peu réducteur». «Il faudrait que les artistes coréens se débarrassent du K. Par exemple, on ne dit pas que David Guetta est un F-DJ...»

Propos recueillis par Xavier Baldeyrou

(FIN)

Mots clés
Accueil Haut de page