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(LEAD) Projet Iter : Moon s'engage à soutenir le projet mondial de «soleil artificiel»

Science/Tech 28.07.2020 à 20h50

SEOUL, 28 juil. (Yonhap) -- Le président sud-coréen Moon Jae-in a déclaré ce mardi que son pays reste engagé à soutenir pleinement un projet international cherchant à créer un soleil artificiel grâce à la technologie de la fusion.

Il s'exprimait dans un message vidéo lors d'une cérémonie qui s'est tenue à Cadarache, en France, pour commémorer le début de l'assemblage du plus grand réacteur de fusion nucléaire au monde, qui a le potentiel de résoudre les besoins énergétiques de l'humanité.

La Corée du Sud a officiellement rejoint le consortium de réacteurs à fusion nucléaire de nouvelle génération fin 2006, qui comprend également l'Union européenne, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Japon et l'Inde.

«Aujourd'hui, nous avons des raisons de nous réjouir, alors que nous débutons l'assemblage de l'Iter», a déclaré Moon dans un discours préenregistré. «La protection du climat et de l'environnement prenant encore plus d'importance suite à l'apparition du Covid-19, l'Iter et les pays membres présentent un espoir pour l'humanité entière».

Il a qualifié le soleil artificiel de «source d'énergie des rêves», et souligné l'importance de la coopération internationale dans le cadre du programme Iter.

Cette image fournie par le ministère de la Science montre les composants clés qui ont été fournis par les membres du consortium Iter pour construire le réacteur à fusion. (Revente et archivage interdits)
Chantier d'Iter. (Photo fournie par le ministère de la Science. Revente et archivage interdits)

«Nous avons pu surmonter ces obstacles et atteindre le stade de l'assemblage parce que les sept pays membres ont choisi de mettre leur sagesse en commun, l'Iter jouant un rôle central», a noté le président. «C'est une réalisation dont nous sommes fiers, rendue possible par la solidarité et la coopération au sein de la communauté internationale».

Il a mis en avant le rôle de la Corée du Sud dans le processus en tant que fournisseur d'un outil géant utilisé pour assembler le secteur le plus critique de la chambre à vide du réacteur.

«Les industries coréennes ont développé de tels secteurs de chambres à vide au cours de la dernière décennie et le premier secteur arrivera bientôt sur le site de construction de l'Iter», a-t-il déclaré. «La Corée a également montré la voie en matière de solidarité et de coopération internationales grâce à ses mesures uniques de prévention des maladies et au partage des équipements pertinents».

Moon s'est engagé à ce que la Corée du Sud continue à soutenir le projet Iter, qui sera probablement confronté à d'autres défis tout au long des travaux d'assemblage.

Il a déclaré que son gouvernement aiderait «davantage de scientifiques et d'ingénieurs de talent» à y participer.

«Nous travaillerons ensemble avec la communauté internationale pour réaliser notre rêve commun de créer une "énergie de fusion propre et sûre" d'ici 2050», a souligné Moon.

Les autorités scientifiques sud-coréennes ont également pris note du rôle de la nation.

«Avec l'outil de sous-assemblage géant pesant 900 tonnes et mesurant 23 mètres de haut en place, l'Iter a commencé à fabriquer le réacteur dans le but de réaliser un premier test de plasma en décembre 2025», a déclaré le ministère et l'Institut national de la recherche sur la fusion (NFRI). Cet accomplissement ouvrira la voie à un développement ultérieur.

Le chef du NFRI, Yoo Suk-jae, a déclaré que lors de la phase d'assemblage, la Corée du Sud est responsable de plus de 70% des tâches, dépassant de loin sa part totale dans le projet Iter qui est de 9%.

Outre l'outil de sous-assemblage, le pays est responsable de la fourniture du bouclier thermique, des modules de couverture pour la chambre à vide et de la bobine de champ toroïdal qui maintient le champ de plasma en place.

Iter utilise du deutérium et du tritium comme carburant qui est injecté dans une immense chambre à vide capable de contenir un champ de plasma très chaud. Le champ de plasma atteignant des températures de 150 millions de degrés Fahrenheit, déclenche la réaction de fusion génératrice d'énergie créant de l'hélium, des particules neutroniques et de la chaleur. Si ce processus est soutenu, il peut théoriquement créer un soleil artificiel sur Terre qui peut fournir à l'humanité un approvisionnement illimité en énergie.

Le deutérium et le tritium peuvent être trouvés dans l'océan et dans l'eau douce, un volume de carburant deutérium-tritium de la taille d'un ananas permet de produire la même quantité d'énergie que 10.000 tonnes de charbon.

La centrale Iter est conçue pour fournir une puissance de 500 mégawatts qui, si elle est connectée à un réseau électrique, se traduit par 200 MW d'électricité, ce qui est suffisant pour alimenter 200.000 foyers. Une version commerciale à plus grande échelle pourrait générer 2.000 MW d'électricité pouvant être utilisés par 2 millions de foyers.

Les partisans d'Iter ont déclaré que le coût de la construction et de l'exploitation d'un réacteur à fusion nucléaire commercial serait similaire à celui d'une centrale nucléaire à fission conventionnelle, mais sans carbone et sans les dépenses supplémentaires liées à l'élimination des déchets et sans la crainte d'accidents catastrophiques liés aux radiations.

as26@yna.co.kr

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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