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L'OMC met en place un groupe spécial pour examiner le différend commercial entre Séoul et Tokyo

Actualités 29.07.2020 à 21h39

SEOUL/GENEVE, 29 juil. (Yonhap) -- L'organe de règlement des différends de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a décidé ce mercredi de mettre en place un groupe spécial chargé d'examiner la plainte de la Corée du Sud contre les restrictions à l'exportation du Japon, un mois après que la décision a été reportée en raison de l'opposition de Tokyo.

Selon les règles de l'OMC, un groupe spécial d'enquête peut être mis en place à moins que tous les membres ne s'y opposent à l'unanimité.

En juin, la Corée du Sud a rouvert la plainte à l'OMC concernant les restrictions japonaises à l'exportation de matériaux industriels clés, Tokyo n'ayant pas répondu à l'appel de Séoul pour supprimer les restrictions à l'exportation qu'elle avait imposées il y a un an.

Le différend bilatéral a commencé en juillet l'année dernière, lorsque le Japon a brusquement annoncé qu'il réglementerait les exportations vers la Corée du Sud de trois matériaux, la résine photosensible, le gaz de gravure et le polyimide fluoré, qui sont essentiels aux industries sud-coréennes des puces et des écrans.

Un mois plus tard, le Japon a retiré la Corée du Sud de sa liste de partenaires commerciaux de confiance, ce qui a poussé Séoul à faire de même avec le Japon en septembre.

Tokyo a reproché à Séoul de ne pas contrôler efficacement les échanges d'articles sensibles pouvant être détournés à des fins militaires, mais n'a pas encore fourni de preuves claires sur la manière dont la Corée du Sud a enfreint les règles internationales.

Les restrictions japonaises à l'exportation sont considérées comme des représailles contre la décision d'un tribunal sud-coréen ayant ordonné à des entreprises japonaises de verser une compensation pour l'esclavage des travailleurs coréens pendant la guerre.

L'OMC met en place un groupe spécial pour examiner le différend commercial entre Séoul et Tokyo - 1

Les deux pays n'ayant fait aucun progrès notable dans la résolution du conflit, la Corée du Sud a déposé une plainte auprès de l'OMC sur cette question en septembre.

La Corée du Sud a suspendu le processus en novembre 2019 dans un geste de bonne volonté, le Japon ayant également levé certaines réglementations concernant la résine photosensible.

Comme il n'y a pas eu d'autres progrès, la Corée du Sud a averti en mai 2020 qu'elle n'aurait pas d'autre choix que de rouvrir la plainte auprès de l'OMC, à moins que le Japon ne prenne des mesures pour régler la question.

La Corée du Sud a fait valoir que le Japon «n'administre pas ses lois, règlements, décisions et arrêts d'application générale relatifs aux restrictions à l'exportation d'une manière uniforme, impartiale et raisonnable», selon un document de l'OMC.

Jusqu'à présent, les représailles de Tokyo ont causé plus de dommages au Japon qu'à la Corée du Sud.

En 2019, les exportations de la Corée du Sud vers le Japon ont baissé de 6,9%, alors que ses importations ont chuté de 12,9%.

Le boycott des produits japonais chez les consommateurs sud-coréens a porté un coup dur aux entreprises japonaises de biens de consommation. La demande en bière japonaise y est devenue pratiquement inexistante, une évolution bien différente de celle du passé, lorsque la Corée du Sud était le premier acheteur de bière japonaise jusqu'en 2018.

La Corée du Sud a également réussi à diversifier ses sources d'approvisionnement pour se procurer les articles essentiels, tout en s'efforçant de promouvoir ses technologies en matière d'équipements, de pièces et de matériaux.

Les données compilées par l'Association coréenne du commerce international montrent que les importations de fluorure d'hydrogène en provenance du Japon ont chuté de 85,8% sur un an entre janvier et mai. En conséquence, le Japon n'a représenté que 12% des importations sud-coréennes totales de fluorure d'hydrogène, contre 44% l'année dernière.

Pour la Corée du Sud cependant, le règlement du conflit commercial avec le Japon reste important, car Tokyo pourrait proposer d'autres réglementations à l'avenir.

Les exportations de la Corée du Sud devraient chuter de 9% en juillet par rapport à l'année précédente, ce qui pourrait prolonger le marasme économique pour le cinquième mois consécutif, selon un sondage de Yonhap Infomax, la branche financière de l'agence de presse Yonhap, publié cette semaine.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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