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En 2017, les Etats-Unis ont tiré un missile pour montrer leur capacité à frapper avec précision une cible au Nord

International 14.09.2020 à 17h03
La Télévision centrale nord-coréenne (KCTV) a rapporté le mardi 4 juillet 2017 que la Corée du Nord a procédé avec succès à un lancement de missile balistique intercontinental (ICBM) Hwasong-14, plus tôt dans la journée. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)

WASHINGTON, 13 sept. (Yonhap) -- Les Etats-Unis ont lancé en 2017 un missile pour montrer à la Corée du Nord leur capacité à frapper avec précision n'importe quelle cible, que ce soit un site de lancement du Nord ou son dirigeant inspectant un tir d'essai, a affirmé le journaliste du Washington Post Bob Woodward dans son livre «Rage» qui sera publié mardi.

Le lancement américain est intervenu en réponse au tir d'essai par la Corée du Nord de son premier missile balistique intercontinental (ICBM) capable d'atteindre le continent américain, a déclaré Woodward.

Citant plusieurs officiels américains dont l'ancien secrétaire à la Défense James Mattis, Woodward a dit que les Forces américaines en Corée du Sud (USFK) avaient réagi avec un missile tactique qui a volé 186 miles avant de s'abîmer en mer de l'Est.

«Il s'agissait de la distance exacte entre le point de lancement du missile américain et le site de test de missiles nord-coréen, ainsi qu'une tente d'où Kim Jong-un inspectait le lancement de missile selon des photos satellite», a écrit Woodward, d'après des extraits de son ouvrage obtenus par l'agence de presse Yonhap.

«Le sens était destiné à être clair : Kim Jong-un devait se préoccuper de sa sécurité personnelle», a déclaré Woodward, en ajoutant qu'il n'a jamais été confirmé si le Nord a reçu ou non le message.

La Corée du Nord, inconsciente ou indifférente, a poursuivi ses provocations en tirant un ICBM encore plus puissant seulement trois semaines plus tard, le 28 juillet, qui aurait pu parcourir une distance de 6.200 miles et frapper la plupart du continent américain, selon la publication.

Le 29 août de la même année, la Corée du Nord a lancé un autre missile, de moyenne portée, qui a volé directement au-dessus du Japon, ce que Woodward a décrit comme une «escalade claire» de la provocation qui «a changé le caractère de la menace».

«Mattis pouvait voir que la pression militaire maximale n'était pas ressentie ou aperçue par le Nord. Il a commencé à chercher des options de réponse plus agressives et s'est demandé s'ils devaient prendre une réelle action de bombardement sur un port nord-coréen pour envoyer le message», a noté Woodward.

La précédente partie du livre se penche sur Mattis qui était tourmenté pour savoir s'il devait prendre une décision pour utiliser des armes nucléaires ou non afin de protéger les Etats-Unis de la Corée du Nord.

«(Mattis) ne pensait pas que le président (Donald) Trump lancerait une frappe préemptive contre la Corée du Nord même si des plans pour une telle guerre étaient ouverts», selon les extraits du livre.

Le journaliste à l'origine du scandale du Watergate a avancé que le commandement stratégique des Etats-Unis à Omaha, dans le Nebraska, avait attentivement examiné et étudié le Plan opérationnel 5027 (OPLAN 5027) qui, selon lui, visait un «changement de régime en Corée du Nord» incluant «l'utilisation de 80 armes nucléaires».

«Cela me pesait beaucoup tous les jours. Je devais réfléchir tous les jours si cela pourrait se produire. Ce n'était pas une inquiétude théorique», a rappelé Mattis, selon le livre.

«J'étais complètement focalisé sur la manière de prévenir ou d'arrêter cela le plus rapidement possible, ayant conscience que la pire situation possible pourrait imposer l'utilisation d'armes nucléaires avec tout ce que cela pourrait impliquer, non seulement une guerre mais aussi la manière dont cela changerait le paysage mondial», a déclaré à Woodward l'ancien patron du Pentagone, selon le livre.

Dans un autre chapitre, le journaliste évoque l'une de ses 18 interviews que Trump lui a accordées pour son livre dans laquelle il a demandé à quel point les Etats-Unis étaient proches d'une guerre avec la Corée du Nord en 2017.

«Beaucoup plus proche que personne ne saurait. Beaucoup plus proche», a répondu Trump.

Les tensions entre Washington et Pyongyang ont commencé à s'apaiser à la fin de 2017, lorsque la Corée du Nord a déclaré avoir perfectionné ses capacités nucléaires et d'ICBM.

Leurs relations se sont améliorées lorsque Trump et Kim ont tenu le tout premier sommet entre les deux pays à Singapour en juin 2018.

Les deux dirigeants se sont rencontrés de nouveau en février 2019 pour leur deuxième sommet en juin de la même année pour de brèves discussions dans la Zone commune de sécurité (JSA), à l'intérieur de la Zone démilitarisée (DMZ) divisant les deux Corées.

Leurs discussions sont depuis dans l'impasse à cause de leurs divergences sur les mesures de dénucléarisation de Pyongyang et les concessions de la part de Washington.

Pyongyang n'a toutefois pas tiré de missile de longue portée depuis novembre 2017.

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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