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(3e LD) Le fonctionnaire sud-coréen disparu en Corée du Nord a été abattu, selon le ministère de la Défense

Actualités 24.09.2020 à 16h25
Un officier du Comité des chefs d'état-major interarmées (JCS) donne un point de presse le jeudi 24 septembre 2020, sur un fonctionnaire sud-coréen disparu qui a été tué par balle par la Corée du Nord, au ministère de la Défense à Séoul.

SEOUL, 24 sept. (Yonhap) -- La Corée du Nord a abattu le fonctionnaire sud-coréen disparu et brûlé son corps plus tôt cette semaine, a confirmé ce jeudi le ministère de la Défense, qui a condamné sa «brutalité», exigé des explications et promis de punir les responsables.

Le fonctionnaire de 47 ans affilié au ministère des Océans et de la Pêche avait disparu d'un bateau de 500 tonnes dans la matinée de lundi alors qu'il effectuait une patrouille au large de l'île frontalière occidentale de Yeonpyeong.

«La Corée du Nord a trouvé l'homme dans les eaux et a commis un acte de brutalité en tirant sur lui et en brûlant son corps, selon une analyse minutieuse des divers renseignements de notre armée», a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

«Notre armée condamne avec force cet acte brutal et exhorte fortement le Nord à fournir une explication et à punir les responsables», selon le communiqué. «Nous avertissons aussi sévèrement la Corée du Nord que toutes les responsabilités de cet incident lui incombent.»

C'est la première fois depuis juillet 2008 qu'un civil sud-coréen a été abattu en Corée du Nord. Une touriste sud-coréenne a été tuée par balles par un garde nord-coréen près du site touristique du mont Kumgang alors qu'elle se promenait en dehors de la zone sécurisée.

L'incident devrait détériorer davantage les relations intercoréennes qui sont déjà dans l'impasse, alors que le Nord a fortement protesté contre l'envoi de tracts anti-Pyongyang depuis la Corée du Sud et a fait exploser le bureau de liaison intercoréen en juin.

Selon des responsables du Comité des chefs d'état-major interarmées (JCS), l'officiel disparu aurait sauté dans la mer lundi pour tenter de faire défection en Corée du Nord et a dérivé vers les eaux nord-coréennes.

Le ministère a dit plus tôt que des collègues du fonctionnaire disparu n'ont retrouvé que ses chaussures sur le navire et avaient signalé sa disparition aux Garde-côtes, ce qui avait déclenché une opération de recherche intensive impliquant une vingtaine de navires et d'aéronefs.

Après avoir trouvé le fonctionnaire en mer à environ 15h30 mardi, des membres d'équipage d'un vaisseau nord-coréen portant un masque à gaz a posé des questions à distance en laissant le Sud-Coréen dans l'eau. Le fonctionnaire disparu portait un gilet de sauvetage alors qu'un article flottant non identifié a été retrouvé.

Il a été retrouvé à environ 3-4 km au nord de la Ligne de limite Nord (NLL), la frontière maritime intercoréenne de facto, près de Deungsangot (cap Deungsan), à environ 38 km du lieu où il a été porté disparu, selon le JCS.

Il semble que le Sud-Coréen a exprimé sa volonté de se réfugier au Nord, selon un officiel du JCS.

«A environ 21h40, des soldats nord-coréens à bord de leur navire ont tiré sur lui et versé de l'huile sur le corps pour le brûler», a indiqué l'officiel du JCS, en ajoutant que l'acte s'est produit conformément à des «ordres de l'autorité supérieure».

Un équipement de surveillance sud-coréen de l'île de Yeonpyeong a également capturé des flammes mardi soir. Il a été révélé plus tard qu'elles provenaient du corps en train de brûler.

«Nous évaluons que la Corée du Nord semble avoir pris de telles mesures inhumaines de tirer sans conditions sur un individu dans le cadre des directives de quarantaine du Covid-19», a indiqué l'officiel.

La Corée du Nord revendique qu'aucun cas d'infection n'a été rapporté sur son territoire, mais elle a pris des mesures rapides et drastiques en fermant ses frontières et en durcissant les critères de quarantaine.

Le commandant des Forces américaines en Corée du Sud (USFK), le général Robert Abrams, a indiqué plus tôt que la Corée du Nord avait déployé des forces spéciales près de sa frontière avec la Chine et avait émis l'ordre de tirer sur toute personne traversant la frontière. On ne sait pas encore si le même ordre concerne les zones de la frontière intercoréenne, ont fait avoir des officiels militaires.

La Corée du Sud a envoyé mercredi un message vers la Corée du Nord à travers le canal de communication entre les Etats-Unis, mené par le Commandement des Nations unies (UNC), et la Corée du Nord, mais Pyongyang n'a donné aucune réponse, selon un autre officiel.

Les lignes militaires directes intercoréennes, ainsi que la ligne de liaison entre les deux Corées, ont été coupées en juin après que Pyongyang a annoncé son intention de fermer «complètement» ces canaux de communication dans un geste de colère contre les tracts anti-Pyongyang envoyés depuis le Sud.

«Nous avons partagé des informations liées avec la partie américaine et travaillé étroitement avec elle», a dit l'officiel. Malgré le meurtre choquant, cet incident ne semble pas constituer une violation de l'accord militaire intercoréen signé le 19 septembre 2018, qui appelle à arrêter tous les actes hostiles l'un contre l'autre, selon les officiels.

En vertu de l'Accord militaire global (CMA), les deux Corées sont convenus également d'établir des zones tampons terrestres, maritimes et aériennes d'une longueur d'environ 135 km en mer Jaune et de 80 km dans la mer de l'Est afin de réduire les tensions et de prévenir les affrontements accidentels.

«L'accident s'est produit dans la zone, mais l'accord ne réglemente pas l'utilisation d'armes de petit calibre de chaque côté», a dit l'officiel.

L'officiel du JCS a également dit qu'il y avait une preuve circonstancielle selon laquelle l'officiel a essayé de faire défection au Nord.

«Il est fort probable qu'il a traversé la frontière volontairement, alors qu'il portait un gilet de sauvetage et avait enlevé ses chaussures avant de quitter le vaisseau, et notre renseignement indique qu'il avait exprimé une telle intention au côté nord-coréen», a dit l'officiel. «L'enquête est en cours sur les motifs exacts et d'autres circonstances.»

L'officiel disparu, qui était responsable du contrôle de la pêche, a commencé son travail en 2012 et connaissait bien les caractéristiques géographiques de la région en mer Jaune, comme les courants marins, a déclaré un autre officiel.

Il était en service à bord d'un bateau d'inspection près de la frontière intercoréenne le jour de sa disparition. Ses collègues ont réalisé qu'il a disparu à environ 11h, alors qu'il n'était pas rentré pour déjeuner.

Les autorités ont lancé une inspection et analysé le navire de 499 tonnes pour obtenir les articles liés à l'officiel disparu afin de relever des indices de l'accident, a déclaré un officiel des Garde-côtes.

Les conditions météorologiques étaient favorables lundi, et d'autres garde-côtes et navires militaires étaient en train d'effectuer des patrouilles dans la zone alors que c'est la haute saison de la pêche au crabe, a dit le ministère de la Défense.

rainmaker0220@yna.co.kr

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