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Les autorités locales berlinoises diffèrent l'ordre de retirer la statue des femmes de réconfort

International 14.10.2020 à 20h12

BERLIN/SEOUL, 14 oct. (Yonhap) -- Une mairie de quartier de Berlin a suspendu l'odre d'enlever une statue symbolisant les victimes de l'esclavage sexuel japonais en temps de guerre, suite aux protestations de l'organisation l'ayant installée.

La mairie du quartier Mitte a déclaré mardi que l'ordre de retirer «la statue de la paix» d'ici mercredi n'était plus applicable en raison d'une injonction déposée par l'organisation locale Korea Verband, qui se présente comme une plate-forme pour tous ceux qui s'intéressent à la Corée.

«Nous prendrons le temps d'étudier en profondeur les positions de toutes les parties impliquées dans ce conflit complexe, ainsi que notre propre position», a déclaré Stephan von Dassel, maire du district de Mitte, dans la déclaration.

«Nous aimerions parvenir à un compromis qui reflète équitablement les intérêts de Korea Verband et les intérêts de la partie japonaise», a-t-il déclaré.

La statue symbolise les 200.000 femmes asiatiques, pour la plupart coréennes, qui ont été envoyées de force dans des bordels sur le front pour travailler comme esclaves sexuelles pour les troupes japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale.

Des statues similaires ont été érigées dans plusieurs pays à travers le monde, notamment devant l'ancien bâtiment de l'ambassade du Japon à Séoul et à cinq endroits aux Etats-Unis.

Des personnes protestent contre l'ordre de retirer une statue symbolisant les victimes de l'esclavage sexuel japonais en temps de guerre devant la mairie du quartier Mitte à Berlin, le 13 octobre 2020.
Cette photo fournie par le député Yang Ki-dae du Parti démocrate au pouvoir montre la lettre écrite par Lee Yong-soo, une des survivantes de l'esclavage sexuel pratiqué par l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

La statue à Mitte a été dévoilée le mois dernier. Après les protestations du Japon, la mairie de quartier a ordonné mercredi dernier au Korea Verband, le chef de projet, de la faire enlever dans la semaine.

Von Dassel a déclaré que son district condamne toutes les formes de violence sexuelle contre les femmes pendant les conflits armés et ne prendra pas d'autres mesures tant qu'une décision de justice n'aura pas été rendue sur l'injonction.

Il a également participé à une manifestation contre l'enlèvement de la statue, disant à quelque 300 militants et citoyens rassemblés devant la mairie qu'il était impressionné par le niveau de participation civique et qu'il a appris l'histoire des statues.

Von Dassel a nié que l'ordre d'enlèvement a été donné sous la pression du gouvernement japonais.

Il a déclaré avoir reçu de nombreuses plaintes de citoyens japonais vivant à Berlin, ainsi que du gouvernement fédéral allemand et du gouvernement du Land de Berlin.

Une solution possible au conflit serait de changer le texte accompagnant la statue pour se concentrer davantage sur les femmes victimes de la guerre, plutôt que sur les atrocités commises par le Japon contre la Corée, selon des militants locaux.

Lee Yong-soo, l'une des 16 victimes sud-coréennes survivantes, a plaidé pour que la statue ne soit pas enlevée, en particulier de la capitale de l'Allemagne, qui, selon elle, s'est efforcée de réfléchir à ses méfaits passés et de faire en sorte que l'histoire soit juste.

Lors d'une conférence de presse tenue devant l'Assemblée nationale à Séoul, elle a déclaré que le retrait de la statue, qu'elle a qualifiée de «preuve historique», serait «une mauvaise chose à faire et un crime» contre l'humanité.

Après cette brève conférence de presse, elle s'est dirigée vers l'ambassade d'Allemagne pour remettre sa lettre manuscrite.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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