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Ambassadeur de France : le vase de Salamine est le «symbole d'un investissement dans l'avenir de la Corée»

Interviews 16.10.2020 à 20h29
Lefort devant le vase de Salamine
Lefort avec le directeur du NPMK

SEOUL, 16 oct. (Yonhap) -- Le vase de Salamine offert par le président de la République française Sadi Carnot au roi Gojong de la dynastie Joseon en 1888 est le «symbole d'un investissement qui a été fait par la France dans l'avenir de la Corée» alors que la coopération entre les deux pays constitue aujourd'hui un «formidable succès», a estimé ce vendredi l'ambassadeur de France en Corée du Sud, Philippe Lefort.

Le représentant de la France a visité cet après-midi l'exposition «Nouvelle Ere des céramiques royales : des céramiques de style occidental dans la cour royale de Joseon» au Musée du Palais national de Corée (NPMK), situé à l'entrée du palais royal de Gyeongbok, dans le centre de Séoul.

L'exposition qui a débuté le 29 juillet se poursuivra jusqu'au 1er novembre. C'est l'occasion de découvrir le vase de la Manufacture nationale de Sèvres que le président français a offert au souverain coréen avec une paire de vases Clodion pour souligner l'amitié que les deux pays venaient de nouer avec la signature du traité d'amitié et de commerce entre la Corée et la France en 1886.

«Je suis particulièrement ému, puisque j'ai l'honneur de représenter la France dans ce beau pays qu'est la république de Corée, de voir le premier acte de la relation officielle diplomatique entre les deux pays», a déclaré l'ambassadeur lors d'une interview accordée après la visite.

«Je mesure aussi l'acte fondateur qu'a été cette première rencontre officielle entre nos deux pays, avec toute l'histoire qui s'est bâtie depuis de coopération réussie entre la France et la Corée dans les domaines culturel, industriel, économique mais aussi militaire, à travers la guerre de Corée, et le grand succès maintenant que cela représente», a-t-il également noté.

«Ce vase, ça n'est pas seulement un objet. C'est surtout un symbole d'un investissement qui a été fait par la France dans l'avenir de la Corée», a-t-il souligné avant de résumer en seul mot ce qu'il a ressenti à travers cette exposition, «le poids de l'histoire».

En poste à Séoul depuis septembre 2019, le diplomate français a de même confié avoir été frappé par «l'incroyable succès de la culture coréenne partout dans le monde et particulièrement en France» en notant la popularité dont jouissent entre autres la musique pop coréenne avec BTS et le cinéma coréen, dont le film «Parasite», le lauréat de la Palme d'or 2019.

«La culture est vraiment une des très grandes forces de la Corée d'aujourd'hui», a estimé Lefort avant de faire part de son souhait de voir se renforcer la coopération entre les institutions et industries culturelles des deux pays.

L'ambassadeur a toutefois refusé de répondre à l'une des questions les plus épineuses des relations Corée du Sud-France : la restitution du Jikji, le plus ancien livre imprimé avec des caractères métalliques amovibles au monde.

Imprimé en 1377 au temple Heungdeok à Cheongju, cet ouvrage précède de 78 ans la Bible de Gutenberg. Il a été inscrit au registre Mémoire du monde de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) en 2001.

Le Jikji était à l'origine constitué de deux volumes mais seul le second est conservé aujourd'hui, à la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris.

Si Victor Collin de Plancy, le premier diplomate français nommé en Corée, a été l'artisan du premier échange de cadeaux entre les deux pays, c'est aussi par lui que le Jikji est sorti de la péninsule coréenne. Il a acquis cet ancien livre au cours de sa mission en Corée et l'a emporté en France.

Ce livre n'a été découvert qu'en 1972 par la Sud-Coréenne Park Byeong-sen qui travaillait à la BNF. Depuis, le gouvernement n'a pas ménagé ses efforts pour ramener ce trésor national auprès des Coréens.

La promesse du président de la République française Emmanuel Macron de restituer les biens culturels africains a suscité de l'espoir en Corée du Sud ces dernières années.

L'année dernière, le Musée national de Corée a voulu présenter le Jikji à l'occasion d'une exposition et cherché à l'emprunter auprès de la France, mais en vain. La BNF a refusé la proposition du musée en soulevant le manque de cadres juridiques en Corée du Sud.

Lors d'un audit parlementaire la semaine dernière, la chef de l'Administration du patrimoine culturel coréen (CHA), Chung Jae-suk, a répondu à une question sur l'éventuel retour du Jikji, disant que l'agence avait proposé un prêt permanent à travers divers canaux, mais reconnu que peu de progrès ont été réalisés. Elle a promis de continuer les efforts pour assurer le retour de ce livre, en coopération avec le ministère des Affaires étrangères et l'Unesco.

Face à la même question, l'ambassadeur français a refusé de répondre en disant que «ce n'est pas le lieu ni le moment d'aborder cette question».

lsr@yna.co.kr

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