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(FOCUS) La victoire de Biden laisse espérer une signature rapide de l'accord de partage des coûts de défense

Gros plans 08.11.2020 à 11h31

SEOUL, 08 nov. (Yonhap) -- Le président américain élu Joe Biden devrait chercher à conclure rapidement l'accord de partage des coûts de défense à un niveau relativement raisonnable et à calmer les inquiétudes quant à un retrait des troupes américaines en Corée du Sud, celui-ci s'étant engagé à renforcer l'alliance avec Séoul, ont estimé des experts.

Le transfert envisagé du contrôle opérationnel (OPCON) en temps de guerre des troupes sud-coréennes de Washington à Séoul devrait cependant prendre plus de temps sous sa direction. Washington pourrait également faire davantage pression sur la Corée du Sud et le Japon pour qu'ils revoient leurs relations historiques en vue d'établir un partenariat de sécurité tripartite plus fort afin de mieux faire face à la Chine et à la Corée du Nord, ont-ils dit.

Le président Donald Trump cherchait à faire d'une éventuelle réduction du nombre de troupes américaines en Corée du Sud un argument de négociation dans l'accord de partage des coûts de défense, connu sous le nom d'Accord sur les mesures spéciales (SMA).

Les négociations pour l'accord de cette année, qui stipule combien la Corée du Sud paie pour l'entretien des 28.500 membres des Forces américaines en Corée du Sud (USFK), sont dans l'impasse depuis des mois.

Le président américain élu Joe Biden, le lendemain de l'élection présidentielle américaine, le 4 novembre 2020 (heure locale). (AFP=Yonhap) (Revente et archivage interdits)

Séoul a proposé d'augmenter sa contribution de 13% par rapport aux 870 millions de dollars qu'elle a payés dans le cadre de l'accord de l'année dernière, ce que Trump a rejeté. Washington souhaiterait une augmentation de 50%, à 1,3 milliard de dollars.

«Le gouvernement Biden devrait également chercher à augmenter la contribution de Séoul, mais souhaiterait un accord rapide à un niveau relativement raisonnable compte tenu de l'importance qu'il accorde aux relations avec ses principaux alliés», a déclaré Shin Beom-chul, chercheur à l'Institut Asan pour les études politiques.

Dans un article spécial publié par l'agence de presse Yonhap en octobre, Biden avait déclaré : «En tant que président, je me tiendrai aux côtés de la Corée du Sud, en renforçant notre alliance pour sauvegarder la paix en Asie de l'Est et au-delà, plutôt que d'extorquer Séoul en menaçant imprudemment de retirer nos troupes».

L'USFK ayant longtemps été considéré comme l'une des institutions qui représentent le mieux l'esprit de l'alliance entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, toute réduction significative des troupes américaines en Corée du Sud est peu probable pendant le mandat de Biden.

Les experts ont également souligné que le National Defense Authorization Act (NDAA) des Etats-Unis interdit la réduction du nombre de troupes américaines en Corée du Sud en dessous du niveau actuel à moins que le secrétaire américain à la Défense ne certifie qu'une réduction est dans l'intérêt de la sécurité nationale des Etats-Unis.

«Biden est susceptible de respecter davantage les décisions parlementaires et de les écouter», a déclaré Shin. «Tout au moins, Biden ne verrait pas la présence des troupes américaines comme une sorte de levier pour les négociations.»

L'accord de partage des coûts de défense devrait contribuer à assurer la stabilité du stationnement de l'USFK et à renforcer le dispositif de préparation combiné entre la Corée du Sud et les Etats-Unis.

Un avion de chasse A-10 et un avion de combat F-16 sont sur le point de décoller depuis la base américaine à Osan, le 18 juin 2020. (Photo d'archives Yonhap)

Le mois dernier, l'USFK a informé ses employés sud-coréens d'une éventuelle mise à pied à partir d'avril 2021 si les deux pays ne parvenaient pas à signer l'accord de partage des coûts de défense.

Si cela se produit, ce sera la deuxième fois que les travailleurs sud-coréens seront confrontés à un congé forcé sans solde. L'USFK a mis en avril plus de 4.000 travailleurs sud-coréens en congé sans solde, qui s'est terminé en juin après que les Etats-Unis ont accepté la proposition de Séoul de financer les coûts de main-d'œuvre pour tous les travailleurs sud-coréens de l'USFK jusqu'à la fin de l'année.

«Nous avons tous bien compris l'impact de cette mise à pied partielle sur l'état de préparation et notre capacité à fournir un solide dispositif de défense combiné, ainsi que le rôle essentiel que nos employés sud-coréens jouent dans l'alliance entre la Corée du Sud et les Etats-Unis», a déclaré en juin le général Robert Abrams, commandant de l'USFK.

Cela ne signifie cependant pas que les Etats-Unis maintiendront le niveau actuel de leurs troupes en Corée du Sud.

Brian McKeon, l'un des conseillers en politique étrangère de Biden, a laissé entendre précédemment que le niveau de l'USFK pourrait être modifié après une révision du dispositif global des forces du pays, bien qu'il ait douté qu'il y ait une réduction significative.

Les Etats-Unis recherchent une plus grande «flexibilité stratégique» de leurs forces déployées dans le monde entier, et le Pentagone a déclaré qu'il souhaitait davantage de déploiements de forces par rotation sur les théâtres d'opérations afin de mieux répondre à l'évolution des défis sécuritaires.

«Le gouvernement Biden adoptera une approche prudente de la question avec des stratégies à plus long terme, car il est bien conscient de la nécessité de la présence des troupes américaines dans la péninsule coréenne en termes de rivalité avec la Chine», a déclaré Yoo Jeh-seung, ancien vice-ministre de la Défense, actuellement vice-directeur de l'Institut coréen de recherche pour la stratégie nationale (KRINS).

Une autre question clé en suspens en matière de défense entre les deux parties est la transition de l'OPCON.

La Corée du Sud a transféré le contrôle opérationnel de ses troupes au commandement de l'ONU dirigé par les Etats-Unis pendant la guerre de Corée de 1950-1953. Elle a repris l'OPCON en temps de paix en 1994, mais le contrôle en temps de guerre reste entre les mains des Etats-Unis. Après le double report de la transition à la demande de Séoul, les deux parties sont convenues en 2014 de rechercher un transfert sous conditions, sans fixer de date limite précise.

Les conditions nécessaires sont la capacité de la Corée du Sud à diriger le mécanisme de défense combiné des alliés, sa capacité de réponse initiale aux menaces nucléaires et balistiques de la Corée du Nord, et un environnement de sécurité stable dans la péninsule et dans la région.

«Biden était vice-président lorsque les deux parties ont fixé ces conditions. Il y a de fortes chances que le nouveau gouvernement examine plus en profondeur la façon dont les choses se sont déroulées jusqu'à présent», a déclaré Park Won-gon, professeur de politique internationale à la Handong Global University.

«Traditionnellement, les démocrates ont tendance à écouter davantage un commandant stationné dans une région en ce qui concerne les questions militaires. Abrams a réitéré les conditions requises pour la transition tout en se plaignant du manque d'exercices combinés», a ajouté Park.

L'administration Moon Jae-in espère reprendre le contrôle opérationnel avant la fin de son mandat en mai 2022. Séoul et Washington n'ont toutefois pas été en mesure de réaliser entièrement le test de capacité opérationnelle complète (FOC) prévu cette année, qui vise à vérifier si Séoul est en mesure de remplir ces conditions, dans le contexte de la pandémie de nouveau coronavirus.

Lors des discussions ministérielles d'octobre, le ministre de la Défense Suh Wook et son homologue américain Mark Esper ont également révélé des divergences sur la question, Suh ayant promis de travailler à une transition rapide, tandis qu'Esper a déclaré que cela prendrait plus de temps. Dans leur communiqué commun, ils n'ont pas précisé quand le FOC et un test de capacité de mission complète (FMC) seraient effectués.

«La question de l'OPCON se déroule dans un cadre diplomatique et systématique, de sorte que je ne pense pas qu'elle soit très affectée par un quelconque changement politique», a déclaré le député Kim Han-jung du Parti démocrate, au pouvoir.

«Les deux parties se sont engagées à poursuivre des consultations étroites sur la question, et le gouvernement Moon a déclaré qu'il adoptait une position flexible», a-t-il déclaré.

L'accent mis par Biden sur l'alliance va également pousser ses deux proches alliés asiatiques, Séoul et Tokyo, à améliorer leurs relations bilatérales, qui ont atteint leur plus bas niveau ces dernières années du fait de questions historiques et diplomatiques, qui ont affecté les domaines économique et militaire.

Le gouvernement sud-coréen a décidé l'an dernier de ne pas renouveler l'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA), un pacte bilatéral de partage d'informations militaires avec le Japon, en protestation contre les restrictions japonaises à l'exportation, bien que Séoul ait suspendu la décision à la dernière minute en raison des pressions américaines.

Washington considère en effet le GSOMIA comme un outil clé de la coopération trilatérale en matière de sécurité avec ses deux alliés asiatiques et a appelé à son rétablissement.

«Trump ne s'est pas beaucoup préoccupé du cadre de sécurité trilatéral, mais Biden est différent. Face aux défis sécuritaires, tels que la Chine et la Corée du Nord, Biden va probablement donner la priorité à la coopération sécuritaire entre les trois parties, de sorte que notre tâche urgente est d'être pleinement préparés», a déclaré Cho Tae-yong, un diplomate devenu député du principal parti d'opposition, le Parti du pouvoir du peuple.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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