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(FOCUS) La victoire de Biden annonce une approche commerciale plus multilatérale et une plus grande place pour l'environnement et les ouvriers

Gros plans 08.11.2020 à 11h54
Joe Biden prend la parole lors d'un meeting électoral dans l'Ohio, le 2 novembre 2020 (heure américaine). (Reuters=Yonhap) (Revente et archivage interdits)

SEOUL, 08 nov. (Yonhap) -- Le président élu des Etats-Unis Joe Biden devrait chercher à rétablir le paradigme commercial multilatéral chéri depuis longtemps mais ravagé par son prédécesseur Donald Trump, une aubaine pour l'économie sud-coréenne qui dépend fortement des exportations, mais son plan climat et sa position favorable aux ouvriers pourraient être une épée à deux tranchants pour les entreprises sud-coréennes.

La prochaine administration cherchera à remettre l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en place et à renforcer les liens avec les partenaires commerciaux, selon des experts sud-coréens.

«Il est prévu que Biden respectera les règles de l'OMC et cherchera à améliorer les relations avec les partenaires commerciaux en s'abstenant de prendre d'autres mesures protectionnistes», a indiqué l'Institut coréen de politique économique internationale (KIEP) dans un rapport.

L'administration Trump critiquait le régulateur du commerce mondial d'être plus favorable à la Chine et d'aller à l'encontre des intérêts des Etats-Unis.

La Corée du Sud, une petite économie ouverte, profitera du paradigme commercial multilatéral très attendu, ont déclaré les experts.

Durant l'administration Trump, la Corée du Sud et les Etats-Unis, deux alliés forts, ont maintenu des liens économiques inébranlables, les Etats-Unis étant la deuxième plus grande destination des exportations de la quatrième économie d'Asie.

Mais Trump a mis notamment en question les relations commerciales qu'il a qualifiées d'«injustes».

Séoul et Washington, qui ont lancé un accord de libre-échange bilatéral (KORUS FTA) en 2012, ont modifié sa version originale l'année dernière à la demande de Trump.

Joe Biden lors de sa campagne électorale, en Géorgie le 27 octobre 2020 (heure américaine). (AFP=Yonhap)

Cependant, même sous le leadership de Biden, les entreprises sud-coréennes pourraient faire face à de nouveaux défis alors que son administration pourrait opter pour des approches alternatives afin de protéger les industries américaines avec de nouvelles règles pour l'environnement et l'emploi.

«Les constructeurs automobiles et aciéristes pourraient être confrontés à de nouveaux défis aux Etats-Unis du fait de leurs relations avec les syndicats», a prévu le KIEP. Les producteurs chimiques et fabricants de puces mémoire sud-coréens pourraient aussi devenir de nouvelles cibles des politiques respectueuses de l'environnement de Biden, a-t-il ajouté.

Hyundai Motor Co. et Kia Motors Corp., les deux premiers constructeurs automobiles de la Corée du Sud, pourraient aussi supporter plus de fardeaux financiers en opérant leurs lignes de production aux Etats-Unis en raison de la hausse du salaire minimum. Biden a annoncé qu'il augmenterait le salaire horaire minimum à 15 dollars, contre 7,25 dollars actuellement.

Hyundai Motor et Kia Motors ont un centre de production chacun en Alabama et en Géorgie.

Cependant, d'un autre côté, les constructeurs automobiles pourraient tirer profit de politiques favorables à l'environnement du Parti démocrate des Etats-Unis qui donneront un élan supplémentaire aux industries des véhicules électriques et à pile à combustible à hydrogène.

Le président élu s'est engagé à atteindre l'objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2050.

La Corée du Sud cherche actuellement à promouvoir les voitures vertes comme l'un de ses nouveaux moteurs de croissance pour les exportations.

La victoire de Biden est aussi de bonne augure pour les fabricants de batteries sud-coréens, comme LG Chem Ltd., et les producteurs de panneaux solaires, y compris Hanwha Solutions.

LG Chem, le plus grand fabricant de batteries pour véhicules électriques (VE) au monde, opère une usine de batteries pour VE dans l'Etat du Michigan et a commencé à construire sa deuxième usine dans le nord-est de l'Ohio plus tôt cette année par le biais d'une joint-venture avec GM.

SK Innovation Co., son rival local, construit aussi actuellement deux usines en Géorgie, la première qui devrait produire en masse des batteries pour VE à partir de 2022.

Les fabricants de puces mémoire, qui représentent environ 20% des exportations sud-coréennes, devraient rester aussi vigilants face à la dispute commerciale sino-américaine, même sous le leadership de Biden.

«Dans la mesure où Biden ne cible pas les entreprises sud-coréennes, la querelle commerciale de Washington avec la Chine ne deviendra pas juste un fardeau pour les fabricants de puces et les entreprises de TIC de la Corée du Sud», a observé une autre source industrielle.

Les experts estiment que Biden vise à établir une chaîne d'approvisionnement avec des entreprises américaines mais qu'il est aussi ouvert aux entreprises étrangères pour la chaîne d'approvisionnement, ce qui offrira de bonnes opportunités aux entreprises sud-coréennes.

«Les exportateurs doivent se préparer aux nouvelles règles en termes d'environnement et d'emploi. La Corée du Sud devra également s'efforcer de participer à la chaîne d'approvisionnement américaine en construisant la confiance dans ses relations avec Washington», a souligné le KIEP.

«Les Etats-Unis s'attendront à ce que la Corée du Sud coopère pour construire une chaîne d'approvisionnement fiable et marche du même pas qu'eux concernant le conflit commercial avec la Chine», a-t-il ajouté. Dans ce cas-là, la quatrième économie d'Asie pourrait se trouver dans une situation difficile car la Chine est le plus grand partenaire commercial de la Corée du Sud.

Les deux puissances économiques mondiales sont dans une dispute commerciale depuis 2018. Dans les derniers développements du conflit commercial, les sanctions américaines interdisant l'approvisionnement du géant chinois des télécommunications Huawei en semi-conducteurs fabriqués avec des équipements, logiciels et designs des Etats-Unis sans autorisation préalable de Washington sont entrées en vigueur en septembre.

En dépit de la victoire de Biden, les incertitudes demeureront sur fond de course à la direction de l'OMC.

La ministre sud-coréenne du Commerce Yoo Myung-hee a échoué à obtenir plus de soutien de pays membres de l'OMC pour diriger l'organisation mondiale alors que sa rivale nigériane la devance actuellement dans une course à deux.

Cependant, l'administration Trump a soutenu publiquement Yoo, se séparant de l'Union européenne et de la Chine. Biden n'entrera pas dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche avant janvier.

Si Washington continue de soutenir la candidate sud-coréenne, l'organisme basé à Genève pourrait ne pas avoir de nouveau dirigeant pendant une période plus longue que prévue.

mjp@yna.co.kr

(FIN)

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