Go to Contents Go to Navigation

Notre site utilise des cookies et d'autres techniques pour offrir une meilleure qualité de service. En continuant à visiter le site, vous acceptez l'usage de ces techniques et notre politique. Voir en détail

(Interview Yonhap) L'ambassadeur allemand estime la liberté d'expression «très importante» sur fond de dispute autour d'une «statue de fille»

Interviews 15.11.2020 à 09h00

SEOUL, 15 nov. (Yonhap) -- L'Allemagne considère la liberté d'expression comme «très importante», a déclaré l'ambassadeur du pays à Séoul, Michael Reiffenstuel, suite à des tentatives controversées de retirer à Berlin une «statue de fille» symbolisant les victimes de l'esclavage sexuel du Japon en temps de guerre.

Le mois dernier, le quartier berlinois de Mitte, qui a juridiction sur la statue érigée en septembre, a ordonné son retrait dans le sillage des protestations du Japon. Mais la décision a été suspendue car le groupe civique qui a installé la statue a demandé une injonction contre l'ordre.

«La liberté d'expression, d'opinion, la liberté d'art et de culture est quelque chose de très important pour nous. Et cela concerne tous ceux qui se trouvent en Allemagne», a expliqué mercredi l'ambassadeur Reiffenstuel dans une interview à l'agence de presse Yonhap.

«Cette liberté d'expression signifie aussi parfois que l'on doit vivre même avec des expressions ou des modes d'expression qui nous déplaise. C'est un principe qui est simplement pour nous en Allemagne très fondamental et important», a-t-il mis en avant.

Cependant, il appartiendra au gouvernement local de décider s'il faut conserver la statue et le gouvernement fédéral n'a pas le pouvoir d'intervenir, a indiqué l'ambassadeur.

«C'est quelque chose qui doit être décidé par la ville et le maire du district. Du côté allemand, nous encourageons vivement les deux pays à essayer de trouver des voies et moyens permettant de surmonter le fardeau qui existe encore en raison de leur histoire.»

L'ambassadeur d'Allemagne en Corée du Sud, Michael Reiffenstuel.

Outre la question de la statue, l'Allemagne a également attiré l'attention en Corée du Sud en juillet alors que le président américain Donald Trump a décidé de réduire d'un tiers le nombre de soldats américains stationnés dans le pays européen, affirmant que le pays ne payait pas assez pour sa protection.

La décision a soulevé des inquiétudes à Séoul sur le fait que les Etats-Unis pourraient proposer un plan similaire pour ses 28.500 soldats stationnés en Corée du Sud au milieu des négociations bloquées sur la détermination de la part assumée par Séoul dans le coût du maintien de la présence des troupes américaines.

Trump a également été très critique à l'égard des pays de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) pour ne pas avoir contribué suffisamment pour la défense sur fond de spéculations selon lesquelles il pourrait chercher à se retirer de l'alliance s'il était élu pour un second mandat.

Cependant, avec l'élection de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis, les relations entre les Etats-Unis et l'Europe, communément appelées partenariat transatlantique, trouveront «un nouvel élan», a déclaré Reiffenstuel.

«Nous avons bon espoir que l'approche de la nouvelle administration des Etats-Unis (envers) les relations transatlantiques trouve un nouvel élan», a-t-il affirmé. «Cela ajoute aux intérêts de l'Allemagne mais ajoute également aux intérêts des Etats-Unis et de tous les partenaires de l'Otan. [...] C'est dans l'intérêt de tous.»

L'ambassadeur, qui a pris ses fonctions en août, a loué la gestion du Covid-19 par la Corée du Sud comme étant impressionnante et souligné que tous les pays d'Europe pouvaient en apprendre beaucoup.

En ce qui concerne la possibilité de créer un système d'entrée accélérée pour les hommes d'affaires entre les deux pays, Reiffenstuel a dit que la Corée du Sud devrait d'abord envisager de lever la suspension du programme d'exemption de visa afin que toute mesure réciproque soit prise.

L'ambassadeur d'Allemagne en Corée du Sud, Michael Reiffenstuel.

«C'est important pour des raisons de réciprocité que nous voyons également le gouvernement coréen assouplir les conditions d'accès à la Corée», a-t-il dit.

A propos de la candidature de la Corée du Sud pour le poste de chef de file à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'ambassadeur a insisté sur l'importance que tout le processus se déroule «selon les règles».

«Nous considérons qu'il est important d'essayer de nous en tenir à l'aspect du processus de sélection proprement dit, comme convenu à l'origine dans le cadre de l'OMC», a-t-il rappelé.

Le processus de sélection du prochain dirigeant de l'OMC a été remis en question après que les Etats-Unis ont approuvé la ministre sud-coréenne du Commerce, Yoo Myung-hee, comme prochain chef, même si Yoo est arrivée derrière sa rivale nigériane, Ngozi Okonjo-Iweala, lors de la dernière série de consultations entre les 164 Etats membres.

«Il est important que nous trouvions une solution» dans un proche avenir, a-t-il ajouté.

Sur le changement climatique, l'ambassadeur a salué l'initiative du New Deal vert de Séoul, soutenue par le président Moon Jae-in pour parvenir à une croissance durable grâce à des politiques respectueuses de l'environnement, affirmant que le changement climatique peut être un domaine dans lequel les deux pays peuvent travailler ensemble afin de stimuler une coopération à deux voies.

«Nous avons des conditions similaires à celles des nations commerçantes. [...] Donc, le défi pour nous et la Corée est […] que nous utilisons cela comme une possibilité pour renforcer le domaine de l'industrie afin de soutenir l'objectif que nous voulons atteindre d'ici 2050, un environnement neutre en carbone. Il existe de nombreux domaines dans lesquels nous pouvons travailler ensemble sur le plan économique», a assuré l'ambassadeur.

as26@yna.co.kr

(FIN)

Accueil Haut de page