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(FOCUS) Le RCEP donnera un nouvel élan à l'économie sud-coréenne, tributaire des exportations

Gros plans 15.11.2020 à 14h56

SEOUL, 15 nov. (Yonhap) -- Reconstruire le multilatéralisme et vaincre le protectionnisme ont été parmi les tâches les plus urgentes auxquelles la Corée du Sud, dont l'économie est fortement tributaire des exportations, a dû faire face dans un contexte de conflit commercial croissant entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi qu'à une pandémie sans précédent.

Le Partenariat économique régional global (RCEP), signé dimanche par le président Moon Jae-in et ses homologues, aidera la Corée du Sud à accroître davantage ses exportations.

L'accord initié par la Chine sera officiellement mis en œuvre après avoir obtenu l'approbation parlementaire des Etats participants, selon le ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Energie.

Depuis 2012, l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), ainsi que ses partenaires de dialogue, la Corée du Sud, la Chine, le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, cherchent à créer ce grand accord de libre-échange, qui pourrait donner naissance à un bloc économique représentant un tiers du produit intérieur brut mondial.

Le RCEP représente environ un quart du commerce mondial et un tiers de la population mondiale.

L'accord à 15 membres devait initialement aussi inclure l'Inde, mais New Delhi a finalement décidé de ne pas rejoindre le bloc.

«Un ALE d'une telle ampleur lèvera les incertitudes dans l'environnement commercial mondial et favorisera le libre-échange», a indiqué le ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Energie dans un communiqué. «Cela aidera également la Corée du Sud à mieux faire face à l'affaiblissement du multilatéralisme et à la localisation de la chaîne de valeur mondiale».

Le ministère a souligné que les exportations de la Corée du Sud vers l'Asean, qui s'élevaient à 38,7 milliards de dollars en 2007, ont fait un bond à 95,1 milliards de dollars en 2019 grâce à l'ALE Corée du Sud-Asean, ce qui indique que le RCEP pourrait aider la quatrième économie d'Asie à étendre sa présence en Asie du Sud-Est.

En termes de taille économique, le RCEP bat d'autres blocs régionaux tels que l'accord Etats-Unis-Mexique-Canada (USMCA) et l'Accord global et progressif pour le partenariat transpacifique (CPTTP).

(FOCUS) Le RCEP donnera un nouvel élan à l'économie sud-coréenne, tributaire des exportations - 1

En 2019, les exportations de la Corée du Sud vers les pays membres de l'USMCA s'élevaient à 89,8 milliards de dollars et celles vers le CPTTP atteignaient 126 milliards de dollars, soit moins que les 269 milliards de dollars expédiés aux nations du RCEP.

L'accord est également important car il accélérera les efforts de la Corée du Sud pour abaisser les barrières commerciales dans un contexte de protectionnisme imminent déclenché par la guerre économique sino-américaine et les frictions entre Séoul et le Japon.

Les Etats-Unis pourraient demander à Séoul de rejoindre le CPTTP dans un avenir proche afin de construire leur propre réseau commercial et leur propre chaîne d'approvisionnement.

La Corée du Sud, qui dépend des Etats-Unis et de la Chine pour 40% de ses exportations, a déjà cherché à diversifier son portefeuille commercial et pénétrer plus profondément dans les pays d'Asie du Sud-Est.

Séoul et Manille ont tenu le cinquième cycle de négociations officielles pour leur ALE en janvier. Les pourparlers avec la Malaisie sont en cours, et l'Accord de partenariat économique global (CEPA) avec l'Indonésie est en passe d'être signé officiellement.

Plus récemment, la Corée du Sud a lancé des négociations avec le Cambodge en vue de signer un ALE.

«La Corée du Sud peut rechercher des approches à la fois bilatérales et multilatérales dans le commerce mondial, en même temps que le RCEP et les ALE existants», a déclaré le Korea Institute for International Economic Policy (KIEP) dans un rapport.

Un autre aspect notable du RCEP est qu'il s'agit du premier accord de libre-échange signé entre la Corée du Sud et le Japon.

La relation entre les deux pays s'est récemment détériorée après que Tokyo a brusquement réglementé les exportations de matériaux industriels clés vers la Corée du Sud l'année dernière.

Le secteur des services bénéficiera également d'un commerce plus libre par rapport aux ALE existants, le RCEP offrant aux entreprises sud-coréennes de divertissement et de jeux un meilleur accès aux marchés étrangers.

La Corée du Sud, quant à elle, prévoit de maintenir des barrières élevées pour protéger ses industries vulnérables dans le cadre du méga accord commercial.

Le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales a déclaré qu'il maintiendra des droits de douane élevés sur les produits frais tels que le riz, les poivrons, l'ail, les oignons et les pommes.

Le total des exportations du pays a chuté de 3,6% en octobre par rapport à l'année précédente, en raison d'une diminution du nombre de jours ouvrables et d'une résurgence du virus.

La Corée du Sud avait connu une augmentation de 4,5% de ses exportations en février, le premier rebondissement en 14 mois en glissement annuel, avant de subir de plein fouet l'impact économique de la pandémie.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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