Go to Contents Go to Navigation

Notre site utilise des cookies et d'autres techniques pour offrir une meilleure qualité de service. En continuant à visiter le site, vous acceptez l'usage de ces techniques et notre politique. Voir en détail

(4e LD) Un tribunal sud-coréen ordonne à Tokyo de payer des dommages à d'anciennes esclaves sexuelles

International 08.01.2021 à 18h37

SEOUL, 08 jan. (Yonhap) -- La Cour centrale du district de Séoul a jugé ce vendredi que Tokyo devait payer des dommages à des victimes de l'esclavage sexuel en temps de guerre dans la première décision du genre qui devrait détériorer les relations déjà tendues entre les deux pays voisins.

Le tribunal a ordonné au Japon de verser des réparations financières de 100 millions de wons (91.300 dollars) à chacune de 12 anciennes esclaves sexuelles, qui sont appelées par euphémisme «femmes de réconfort» et qui ont été forcées à travailler dans des bordels japonais sur le front pendant la Deuxième Guerre mondiale.

«Des preuves, des documents pertinents et des témoignages montrent que les victimes ont subi des souffrances mentales et physiques extrêmes et inimaginables en raison d'actes illégaux de l'accusé. Mais aucune compensation n'a été offerte pour leurs souffrances», a déclaré le tribunal lors du verdict.

Dans la première décision du genre du pays, le tribunal a rejeté la demande du Japon d'abandonner le dossier en se basant sur l'immunité souveraine, une doctrine juridique qui permet à un Etat d'être exempté de toute poursuite civile par des tribunaux étrangers. Selon le pays voisin, cette règle ne doit pas être appliquée aux crimes contre l'humanité et aux crimes de guerre.

Suite à la décision, le vice-ministre japonais des Affaires étrangères Takeo Akiba a convoqué Nam Gwan-pyo, l'ambassadeur sud-coréen au Japon, pour déposer une protestation contre la décision du tribunal.

Il a déclaré à l'ambassadeur que la décision de justice était «totalement inacceptable» et a exprimé ses regrets en disant que le tribunal séoulien va à l'encontre du principe d'immunité souveraine, selon l'agence de presse japonaise Kyodo.

Dans une conférence de presse, Katsunobu Kato, le porte-parole du gouvernement nippon, a dit que le Japon ne ferait pas appel de cette décision.

Toyko maintient sa position selon laquelle le question liée aux femmes de réconfort a été définitivement résolue à travers l'accord bilatéral signé en 2015 avec le gouvernement sud-coréen. Mais les victimes affirment que l'accord était inapproprié, en disant qu'il n'a pas inclus d'excuses sincères de la part de Tokyo et a négligé leurs voix dans le processus de négociation.

Concernant la décision de vendredi, le gouvernement sud-coréen a déclaré qu'il respectait le jugement du tribunal et ferait ce qu'il pouvait pour restaurer l'honneur et la dignité des victimes.

Il a également noté que son accord de 2015 avec Tokyo était un «accord officiel de gouvernement à gouvernement» et s'est engagé à poursuivre la coopération «constructive et tournée vers l'avenir» entre les deux pays.

L'avocat des plaignantes Kim Kang-won répond à des questions de journalistes après le verdict à la Cour centrale du district de Séoul le vendredi 8 janvier 2020.

Le tribunal a considéré que les accords gouvernementaux, dont le traité de 1965 entre Séoul et Tokyo, n'ont pas annulé les droits des victimes à demander des réparations au Japon pour les épreuves subies.

Douze victimes avaient déposé une pétition pour un règlement des différends en août 2013, dans laquelle elles ont dit avoir été trompées et forcées à travailler en tant qu'esclaves sexuelles et ont demandé un montant combiné de 1,2 milliard de wons (1,07 million de dollars), soit 100 millions de wons chacune.

Cependant, le dossier n'a pu être envoyé au tribunal qu'en janvier 2016, alors que Tokyo n'a pas répondu officiellement à la correspondance de la justice sud-coréenne.

La cour a tenu son premier procès en avril 2020. Tokyo a maintenu sa position selon laquelle l'affaire doit être abandonnée, en se basant sur l'immunité souveraine, une doctrine juridique qui permet à un Etat d'être exempté de toute poursuite civile par des tribunaux étrangers. Mais les victimes ont revendiqué que cette règle ne doit pas être appliquée aux crimes contre l'humanité et aux crimes de guerre.

Seulement cinq plaignantes sur les 12 sont toujours en vie. En Corée du Sud, il y a encore 16 victimes enregistrées auprès du gouvernement qui vivent encore. Selon des historiens, il y a eu environ 200.000 esclaves sexuelles au service de l'armée impériale japonaise, dont la plupart étaient des Coréennes.

Kim Kang-won, l'avocat des plaignantes, a salué le verdict en disant que cela «est très émouvant». Il examinera la façon de conduire le Japon à payer les dommages aux victimes, ce qui devrait être un combat difficile.

Tandis que la décision a été louée pour avoir enfin apporté une certaine justice aux victimes, bien que tardive, le jugement pourrait aggraver les relations bilatérales entre Séoul et Tokyo, qui se sont déjà dégradées à cause de décisions de la Cour suprême ordonnant à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes coréennes du travail forcé de l'époque du joug colonial japonais et de la restriction d'exportations imposée par Tokyo.

Selon Amnesty International, des victimes encore vivantes de plusieurs pays, dont Taïwan et les Philippines, ont déposé environ 10 plaintes contre Tokyo au cours des trois dernières décennies, mais aucune d'entres elles n'a remporté de procès.

Une autre décision de justice dans une affaire similaire sera rendue la semaine prochaine.

Une statue de fille symbolisant les victimes de l'esclavage sexuel perpétré par l'armée impériale nippone en temps de guerre. (Photo d'archives Yonhap)

rainmaker0220@yna.co.kr

eloise@yna.co.kr

(FIN)

Accueil Haut de page