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(FOCUS) Le discours de Biden présage de meilleurs liens avec Séoul, moins de péripéties avec Pyongyang

Gros plans 21.01.2021 à 10h30

WASHINGTON, 20 jan. (Yonhap) -- La Corée du Nord est et restera un défi majeur pour la nouvelle administration américaine, mais pas aussi grand que d'autres problèmes nationaux tels que la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19), du moins pour le moment, comme en témoigne le discours inaugural du président Joe Biden mercredi.

Le nouveau dirigeant américain a pris ses fonctions avec un discours principalement axé sur la nécessité d'unité entre les Américains pour lutter contre le Covid-19 mortel, mais aussi d'autres ennemis des Etats-Unis qui, selon lui, incluent «la colère, le ressentiment, la haine, l'extrémisme, l'anarchie, la violence».

«Je n'ai pas du tout été surpris que la péninsule coréenne ne soit pas apparue dans le discours de Biden», a réagi Celeste Arrington, professeur de sciences politiques et d'affaires internationales à l'université George Washington.

«Il y avait beaucoup d'expressions significatives sur l'unité, la tolérance même au milieu des désaccords, le respect, faire face à nos défis nationaux (politiques et Covid-19) ensemble, etc. Biden doit donner la priorité à ces tâches domestiques difficiles», a-t-elle ajouté dans une interview à l'agence de presse Yonhap via e-mail.

Une image capturée sur la chaîne câblée d'information américaine C-Span montre Joe Biden prêtant serment pour devenir le 46e président des Etats-Unis lors d'une cérémonie d'inauguration à Washington, le 20 janvier 2021.

Peu de gens s'attendaient à ce que Biden s'adresse directement à la Corée du Nord dans son discours inaugural, avec plus de 400.000 Américains ayant perdu la vie à cause du nouveau coronavirus jusqu'à présent.

Pourtant, les experts craignent que le Nord choisisse à tort de revenir à ses vieilles habitudes de «feu et fureur».

«Une partie de l'approche de Biden en matière de gouvernance consistera probablement à confier davantage de tâches aux membres du cabinet et aux agences, une approche plus "normale" de la politique et de la politique étrangère», a analysé Arrington.

«Malheureusement, ce mode de fonctionnement peut inciter Pyongyang à s'engager dans une provocation pour faire de nouveau les gros titres et regagner l'attention du président de manière visible», a-t-elle développé.

Bruce Klingner, chercheur à la Heritage Foundation basée à Washington, prévoit un retour probable du Nord à son ancienne tactique de provocation, mais a soutenu que ce serait une erreur s'il le faisait.

«Si le régime voit le manque de référence à la Corée du Nord dans le discours inaugural comme un affront, alors il a une très mauvaise compréhension de l'investiture et des priorités américaines», a-t-il déclaré à Yonhap.

«Pyongyang doit savoir que l'administration Biden suivra des révisions de sa politique comme chaque administration l'a fait. Si le régime entreprend des actions de provocation avant la conclusion de la révision de la politique, alors cela déclenchera une politique américaine plus forte que cela n'aurait pu être autrement», a ajouté Klingner .

Il a expliqué que les questions étrangères figureraient à l'ordre du jour de Biden, mais «aujourd'hui n'était pas le moment de les aborder».

Biden a, bien que très brièvement, abordé les questions étrangères, affirmant qu'il cherchera à «réparer» les alliances et le leadership mondial de l'Amérique.

«Je pense que ce message de réparation des alliances est de bon augure pour la république de Corée», a déclaré Arrington, faisant référence à la Corée du Sud par son nom officiel.

Cependant, travailler avec des alliés dans le traitement de la question nucléaire nord-coréenne peut signifier un retour à des pourparlers de travail, au lieu de sommets de haut niveau.

«En d'autres termes, des relations moins explosives, descendantes et sans doute imprévisibles entre les Etats-Unis et la RPDC (République populaire démocratique de Corée) et des efforts diplomatiques plus soutenus, à un niveau inférieur et coordonnés envers la RPDC», a détaillé Arrington.

«Pyongyang n'appréciera peut-être pas autant cette approche, surtout parce qu'elle sera probablement basée sur une coordination et une planification Séoul-Washington plus cohérentes», a-t-elle ajouté.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a accepté de dénucléariser pleinement son pays lors de son premier sommet bilatéral avec l'ancien président américain Donald Trump, qui s'est tenu à Singapour en juin 2018.

Les pourparlers de dénucléarisation entre Washington et Pyongyang sont au point mort depuis que le deuxième sommet Trump-Kim, tenu en février 2019, s'est terminé sans accord, mais beaucoup affirment que l'approche descendante de Trump s'est peut-être avérée utile pour traiter avec le Nord.

Le pays communiste a maintenu un moratoire auto-imposé sur les essais nucléaires et de missiles à longue portée depuis novembre 2017, qui, selon beaucoup, visait en partie à favoriser les conditions du tout premier sommet entre les Etats-Unis et la Corée du Nord tenu l'année suivante.

Biden a critiqué les réunions de Trump avec Kim, insistant sur le fait qu'ils n'ont donné à Kim que ce qu'il souhaitait depuis longtemps, c'est-à-dire une reconnaissance mondiale, sans faire de réels progrès dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Antony Blinken, le secrétaire d'Etat désigné par Biden, a indiqué mardi que la nouvelle administration devrait «revoir l'ensemble de l'approche et de la politique» envers la Corée du Nord.

Dans ce processus, a-t-il dit, l'administration Biden examinera les «options» dont elle dispose pour ramener la Corée du Nord à la table des négociations, «ainsi que les autres initiatives diplomatiques possibles».

Harry Kazianis, directeur des études coréennes au Center for the National Interest, a fait valoir qu'un changement de la politique américaine à l'égard de la Corée du Nord entraînerait probablement un changement de comportement du pays, peut-être pour le pire.

«La Corée du Nord retournera simplement à son ancien manuel de stratégie des 30 dernières années, augmentant lentement la pression en une crise dont Washington prendra conscience», a-t-il souligné.

«Si Biden avait simplement fait une brève déclaration au cours des derniers mois selon laquelle il se conformerait à la déclaration de Singapour et essayerait de faire progresser ses objectifs, la Corée du Nord aurait fait profil bas et n'aurait probablement jamais montré ses nouveaux missiles lancés depuis un sous-marin», a-t-il ajouté.

as26@yna.co.kr

(FIN)

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