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Femmes de réconfort : le petit-fils d'un combattant pour l'indépendance rompt les discussions sur un don d'archives à Harvard

International 18.02.2021 à 15h39

SEOUL, 18 fév. (Yonhap) -- Le petit-fils d'un célèbre combattant pour l'indépendance coréenne a déclaré ce jeudi avoir envoyé une lettre au président de l'université Harvard pour mettre fin à toute discussion sur le don de ses archives historiques en raison de l'article d'un professeur décrivant l'esclavage sexuel du Japon en temps de guerre comme de la prostitution volontaire.

Dans une interview accordée via e-mail et téléphone à l'agence de presse Yonhap, Philip Ahn Cuddy, le petit-fils d'Ahn Chang-ho qui a lutté avec acharnement contre la colonisation japonaise (1910-1945), a révélé qu'il avait adressé une lettre au président Lawrence S. Bacow pour mettre fin aux pourparlers en «conséquence directe» des «écrits académiques inappropriés» de J. Mark Ramseyer.

Ramseyer, professeur Mitsubishi d'études juridiques japonaises à la Harvard Law School, a récemment publié un article controversé, intitulé «Contracting for sex in the Pacific War», dans lequel il décrit d'anciennes esclaves sexuelles comme des prostituées sous contrat volontaire.

«Compte tenu de l'héritage de ma famille et de ce que les Japonais ont fait à ma famille ainsi qu'à la Corée pendant l'occupation impériale et en conséquence directe des paroles de Ramseyer, je mets fin à toute discussion sur le don de matériel à Harvard», a-t-il écrit dans sa missive dont une copie a été envoyée à Yonhap.

«Peut-être que cela servira de leçon sur les conséquences qu'il y a à ne pas chercher la vérité, à ne pas maintenir l'histoire et à la réviser pour un gain personnel», a-t-il souligné.

Cuddy avait déjà eu des entretiens avec l'université sur le transfert de ses archives, qui font partie de l'héritage de son grand-père et de sa mère, Susan Ahn Cuddy, la première femme américaine d'origine asiatique de la marine américaine.

Cuddy a exprimé sa frustration quant au fait que l'université Harvard et l'International Review of Law and Economics, qui a publié l'article en ligne, ne feraient pas assez en «se cachant derrière le voile de la liberté académique».

«Permettre aux employés de penser qu'ils peuvent se cacher derrière la liberté académique en crachant librement de telles opinions fallacieuses sur les femmes de réconfort a indiqué que Harvard n'est pas un endroit où déposer mes archives», a-t-il expliqué.

Il a précisé que la fin des discussions était la conséquence des écrits académiques «inappropriés» de Ramseyer.

«Je crois que les enseignements bornés de Ramseyer sur les femmes de réconfort méritent certaines conséquences pour ses fausses représentations grotesques de cette question inhumaine», a écrit Cuddy.

«Ses actions et les conséquences de ses actions affecteront de nombreuses personnes au sein de l'université Harvard, de la communauté de Harvard et au-delà», a-t-il ajouté.

Né en 1878 dans la province du Pyongan du Sud, actuellement en Corée du Nord, Ahn Chang-ho, dont le pseudonyme était Dosan, a été l'un des premiers à immigrer aux Etats-Unis où il a joué un rôle en aidant son pays à obtenir l'indépendance. Il a été l'un des fondateurs du gouvernement provisoire de Corée et a été un homme d'Etat, un éducateur et un combattant de la liberté toute sa vie jusqu'à sa mort en 1938.

Sa fille aînée, Susan Ahn Cuddy, a rejoint la marine américaine en 1942, devenant la première femme américaine d'origine asiatique à rejoindre le service armé. Elle a servi dans la marine jusqu'en 1946 et a ensuite travaillé pour la Naval Intelligence and National Security Agency.

La condamnation internationale de l'article de Ramseyer s'est intensifiée alors que les victimes vieillissantes de l'esclavage sexuel au Japon, appelées par euphémisme « femmes de réconfort», ont réclamé les excuses sincères de Tokyo et les réparations dues.

Mardi, Lee Yong-soo, une victime survivante, a appelé Séoul à porter la question de l'esclavage sexuel devant la Cour internationale de justice (CIJ), alors qu'elle exprimait l'espoir de mettre fin à l'animosité entre les deux pays voisins.

La question a refait surface après qu'un tribunal de Séoul a ordonné le mois dernier au Japon d'accorder 100 millions de wons (90.293 dollars) de dédommagement à chacune des 12 anciennes esclaves sexuelles qui avaient porté plainte, sans reconnaître l'immunité souveraine dans le procès.

Une statue symbolisant les victimes de l'esclavage sexuel du Japon en temps de guerre devant l'ambassade du Japon à Séoul, le 20 janvier 2021.

as26@yna.co.kr

(FIN)

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