Go to Contents Go to Navigation

Notre site utilise des cookies et d'autres techniques pour offrir une meilleure qualité de service. En continuant à visiter le site, vous acceptez l'usage de ces techniques et notre politique. Voir en détail

(LEAD) Le Nord-Coréen a été détecté 10 fois par des caméras de surveillance mais l'armée n'est pas intervenue

Corée du Nord 23.02.2021 à 15h29
Cette photo d'archives montre la côte est près de la frontière intercoréenne dans le comté de Goseong, dans la province du Gangwon.

SEOUL, 23 fév. (Yonhap) -- L'homme nord-coréen a été détecté par des caméras de surveillance militaires le long de la côte est à 10 reprises après qu'il est arrivé sur la côte sud-coréenne à la nage la semaine dernière, mais des soldats n'ont pris aucune action même après le déclenchement d'alarmes, a fait savoir ce mardi le Comité des chefs d'état-major interarmées (JCS).

Cette annonce est un point clé des résultats de l'enquête menée pendant une semaine par le JCS sur l'incident du 16 février. Le Nord-Coréen a été finalement arrêté au bout de plus de six heures dans une zone interdite au nord de la Ligne de contrôle civile (CCL) dans le comté de Goseong. Il a exprimé son souhait de faire défection.

Selon l'enquête, l'homme aurait nagé dans la mer de l'Est dans la nuit, vêtu d'une combinaison de plongée. A son arrivée près d'un observatoire au Sud vers 1h05, il est passé par une canalisation en dessous d'une clôture en barbelés établie le long de la côte.

L'endroit où il a posé le pied à terre se trouve à 3,2 km de la Ligne de démarcation militaire (MDL) et les autorités ont retrouvé une combinaison de plongée et une paire de palmes là-bas, a précisé le JCS.

Il s'est ensuite déplacé le long d'une route sans être aperçu sur une distance de plus de 5 km jusqu'à vers 4h16 lorsque des soldats de garde l'ont découvert à travers une caméra de surveillance et ont rapporté l'affaire à leurs supérieurs. A l'issue de trois heures de recherches, l'armée l'a arrêté vers 7h27.

A son arrivée sur la côte, l'homme a été détecté par les caméras de surveillance côtières cinq fois entre 1h05 et 1h38 et le système d'alarme a sonné deux fois. Mais les soldats de garde ont manqué ces signes et aucune action n'a été prise.

Vers 4h, les caméras installées le long de clôtures l'ont aussi détecté trois fois mais aucune sonnette d'alarme n'a été tirée, permettant à l'homme de continuer de se diriger vers le sud.

«Les membres du service en charge de la mission de garde ne sont pas parvenus à se conformer aux dues procédures et à détecter l'homme non identifié», a déclaré le JCS dans un communiqué.

Le soldat en charge de surveiller l'équipement de surveillance côtière était en train d'ajuster le système informatique à ce moment-là et a ignoré les signes d'avertissement en pensant que ceux-ci étaient des erreurs du système et un deuxième soldat était au téléphone avec un membre d'une autre base pour le travail, a-t-il ajouté.

La conduite de drainage à travers laquelle l'homme est passé n'a pas été vérifiée alors que l'armée connaissait son existence.

En juillet de l'année dernière, les autorités ont ordonné à toutes les unités de garde côtières de vérifier les barrières à l'intérieur des canalisations après qu'un transfuge nord-coréen est retourné au Nord en passant par une conduite d'eau à la frontière occidentale. Les vérifications devaient être faites jusqu'en août.

«Au cours de l'investigation, nous avons repéré trois canaux de drainage qui ne sont pas sur notre liste», a indiqué le JCS. Ils semblent avoir été installés lors de la construction d'une voie ferrée à proximité et des soldats de garde n'ont pas verifié ces zones en partie par souci de sécurité comme il y a de nombreux objets non identifiés qui dérivent du Nord.

«Le canal à travers lequel il est passé aurait été endommagé avant son passage», a-t-il ajouté.

Le JCS a maintenu sa précédente évaluation selon laquelle l'homme a traversé la frontière à la nage même si des questions ont été soulevées pour savoir s'il est possible de rester en vie dans l'eau pendant plusieurs heures en hiver.

«Il a probablement nagé pendant environ six heures en portant une doudoune en dessous d'une combinaison de plongée et des palmes. Ses vêtements semblent l'avoir maintenu chaud et lui avoir permis de flotter», a expliqué un autre officier du JCS. «Le courant de la marée à ce moment-là l'a aussi aidé à venir au Sud.»

Le JCS a refusé de dévoiler son identité et la région d'où il vient, en disant simplement que c'est un civil qui travaillait dans l'industrie de la pêche et qu'il connaît donc assez bien la mer. Des sources ont indiqué qu'il avait une vingtaine d'années et qu'aucune preuve d'espionnage n'a été retrouvée jusqu'à présent.

Lorsqu'il a été découvert, il était allongé par terre près d'une route. Il portait la doudoune et avait recouvert la partie inférieure du corps avec des feuilles mortes. Il avait étendu un masque sur un arbre à côté de lui, selon le JCS.

Après ce manquement à la sécurité, le JCS a promis de chercher à renforcer la discipline et à compléter le système de surveillance le long de la frontière.

«En se basant sur les résultats de l'enquête, le ministère de la Défense est en train d'examiner qui sera tenu responsable de l'affaire», a déclaré l'officiel du JCS.

Les autorités sont en train de revoir aussi l'ensemble de la formation et de la gestion de l'équipement et du personnel de la 22e division de l'armée de terre en charge de la région de la côte est pour empêcher qu'un tel incident ne se reproduise, a-t-il ajouté

L'armée est sur la sellette pour une série de failles de sécurité. En novembre dernier, un civil nord-coréen a été capturé plusieurs heures après avoir traversé la frontière intercoréenne en sautant par dessus des barbelés à Goseong dans une tentative de défection suspecte.

En 2019, une embarcation en bois avec à son bord quatre Nord-Coréens est arrivée dans un port sud-coréen sur la côte est sans avoir été aperçue.

Le lieutenant Park Jeong-hwan, chef de la direction générale des opération du JCS, rapporte le mercredi 17 février 2021, à l'Assemblée nationale à Séoul, le passage d'un Nord-Coréen vers la Corée du Sud de la veille.

lsr@yna.co.kr

(FIN)

Accueil Haut de page