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(2e LD) Esclavage sexuel en temps de guerre : les «femmes de réconfort» perdent un procès contre Tokyo

Actualités 21.04.2021 à 19h38

SEOUL, 21 avr. (Yonhap) -- Les victimes sud-coréennes de l'esclavage sexuel en temps de guerre ont perdu un procès contre le gouvernement japonais ce mercredi, essuyant ainsi un échec dans leurs efforts pour tenir le Japon responsable de ses crimes de guerre.

La Cour centrale du district de Séoul a rejeté la plainte déposée par un groupe de 20 personnes, en citant l'immunité souveraine, une doctrine juridique qui permet à un Etat d'être exempté de toute poursuite civile par des tribunaux étrangers.

«Si nous reconnaissons des exemptions de l'immunité souveraine, des affrontements diplomatiques s'ensuivront inévitablement», a déclaré le tribunal. Il a également cité quelques exemples de procédures judiciaires après la Seconde Guerre mondiale qui ont été rejetées au cours des délibérations en se basant sur l'immunité souveraine.

Le tribunal a également pris note de l'accord bilatéral signé entre Séoul et Tokyo en 2015 pour résoudre le conflit. Malgré certains problèmes de procédure, l'accord a été conclu après avoir écouté les opinions des victimes et certaines d'entre elles ont reçu de l'argent de la fondation établie en vertu de l'accord, a fait savoir la cour.

L'ancienne esclave sexuelle Lee Yong-soo prend la parole devant des journalistes après la décision de la Cour centrale du district de Séoul, le mercredi 21 avril 2021.

Néanmoins les victimes et activistes l'ont qualifié d'inadéquat, en affirmant qu'il manque toujours les excuses sincères de Tokyo et qu'il a négligé leurs voix dans le processus de négociations.

«Les victimes ont terriblement souffert et les efforts et résultats du gouvernement sud-coréen semblent être insuffisants pour les aider à se remettre de leurs souffrances», a fait savoir le tribunal, en ajoutant que la question doit être réglée à travers des efforts «diplomatiques».

Les plaignantes, dont des victimes toujours en vie, qui sont appelées par euphémisme «femmes de réconfort» et qui ont été forcées à travailler dans des bordels militaires japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale, ont déposé une plainte en décembre 2016, mais les procédures judiciaires ont été reportées étant donné que Tokyo a refusé de répondre.

Lee Yong-soo, une des plaignantes, a exprimé sa consternation et sa frustration face à la décision.

Agée de 92 ans, Lee, assise sur un fauteuil roulant, a exhorté le gouvernement à «porter l'affaire devant la Cour internationale de justice indépendamment du fait qu'elle produise un bon ou un mauvais résultat».

En janvier, le tribunal a ordonné au Japon de verser des réparations financières à hauteur de 100 millions de wons (91.300 dollars) à chacune de 12 anciennes esclaves sexuelles.

A ce moment-là, il a rejeté la contestation du Japon selon laquelle l'affaire devrait être abandonnée sur la base de l'immunité souveraine, et a déclaré que la règle ne devrait pas s'appliquer aux «crimes systématiques contre l'humanité» et aux crimes de guerre.

Tokyo a maintenu sa position selon laquelle le pays n'a pas d'obligation de suivre le jugement d'un tribunal sud-coréen, en mettant en avant que Séoul n'a pas de pouvoir juridictionnel au Japon.

En Corée du Sud, il y a encore 15 victimes encore en vie enregistrées auprès du gouvernement. Selon des historiens, il y a eu environ 200.000 esclaves sexuelles au service de l'armée impériale japonaise, dont la plupart étaient des Coréennes.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré qu'il «contemplait les détails de la décision d'aujourd'hui» et s'est abstenu de faire de commentaire.

«Pourtant, conformément à notre principe d'une approche centrée sur les victimes, notre gouvernement fera tout son possible pour restaurer et honorer la dignité des victimes de l'esclavage sexuel par l'armée japonaise», a-t-il déclaré.

Il a également exhorté le Japon à agir conformément à «l'esprit de remords montré dans la déclaration de Kono de 1993 et dans l'accord de 2015», faisant référence à une déclaration publiée par le secrétaire en chef du cabinet japonais de l'époque, Yohei Kono, reconnaissant pour la première fois un système d'esclavage sexuel pratiqué par le Japon en temps de guerre.

Cette photo, prise le 21 avril 2021, montre une statue de fille symbolisant les victimes de l'esclavage sexuel japonais en temps de guerre devant l'ambassade du Japon à Séoul.
L'ancienne esclave sexuelle Lee Yong-soo arrive à la Cour centrale du district de Séoul pour assister à une audience de détermination de la peine à l'issue d'une plainte en réparation contre le gouvernement japonais le mercredi 21 avril 2021.

rainmaker0220@yna.co.kr

eloise@yna.co.kr

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