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(Interview Yonhap) Les talibans espèrent être reconnus diplomatiquement par la Corée du Sud et des échanges économiques

Interviews 23.08.2021 à 18h53

NEW DELHI/SEOUL, 23 août (Yonhap) -- Les talibans souhaitent que la Corée du Sud les reconnaisse comme le gouvernement «légitime» de l'Afghanistan et espèrent renforcer la coopération économique et les autres échanges entre les deux pays, a déclaré ce lundi un porte-parole des talibans.

Abdul Qahar Balkhi, membre de la commission culturelle des talibans, a accordé une interview exclusive à l'agence de presse Yonhap, appelant Séoul à maintenir des liens «cordiaux» avec le pays «regorgeant de ressources minérales inexploitées».

Il s'agit de la première interview d'un responsable taliban avec un média sud-coréen depuis que le mouvement islamiste a pris le contrôle de l'Afghanistan et que les Etats-Unis ont retiré leurs troupes du pays déchiré par la guerre.

Les talibans cherchent à obtenir une reconnaissance diplomatique de la part de la communauté internationale et un soutien économique pour reconstruire le pays. Washington prévoit d'achever prochainement le retrait de ses troupes pour mettre fin à 20 ans de guerre.

«Nous espérons non seulement être reconnus par la Corée mais aussi par le monde entier en tant que gouvernement représentatif légitime du peuple afghan, qui a obtenu son droit à l'autodétermination face à une occupation étrangère», a déclaré Balkhi dans l'interview réalisée par SMS.

Balkhi a précisé qu'il s'agit de la position officielle de l'Emirat islamique d'Afghanistan, le même nom que les talibans utilisaient lorsqu'ils dirigeaient le pays dans les années 1990.

«L'Afghanistan regorge de ressources minérales inexploitées. La Corée, en tant que premier fabricant mondial d'électronique, peut collaborer avec notre pays sur la base d'intérêts mutuels. Nous pouvons également servir de corridor économique reliant les pays d'Asie centrale et du Sud», a-t-il déclaré.

Abdul Qahar Balkhi, un responsable de la commission culturelle des talibans, assiste à une conférence de presse sur cette photo fournie par l'intéressé.

«Oui, nous aimerions absolument rencontrer les dirigeants et les hommes d'affaires de Corée et renforcer les relations économiques et interpersonnelles entre les deux peuples et pays», a-t-il déclaré, interrogé sur la volonté des dirigeants talibans de se rendre à Séoul à l'avenir pour s'entretenir avec des hommes politiques et des hommes d'affaires sud-coréens.

Les Coréens ont encore en mémoire l'attaque fatale sur un soldat coréen par les Talibans en 2007 et le meurtre de deux des 23 Sud-Coréens enlevés lors d'une mission religieuse en Afghanistan la même année.

Mais le responsable a souligné la nécessité de «regarder vers l'avenir».

«Notre pays a été occupé par des puissances étrangères, et nous avons été contraints de défendre notre droit à l'autodétermination», a-t-il déclaré. «Il est urgent de nous tourner vers l'avenir et de ne pas vivre dans le passé».

Commentant le principe de Séoul de ne s'engager qu'avec un pays qui s'en tient aux droits de l'homme et aux normes internationales universelles, Balkhi a affirmé que les talibans ont été «sans équivoque» qu'ils «respecteront et protégeront les droits universels de tous les êtres humains dans le cadre de la loi islamique.»

Abordant les craintes croissantes d'éventuelles représailles des talibans à l'encontre des Afghans qui se sont alliés aux Etats-Unis et à leurs partenaires, le responsable a réaffirmé que son groupe a accordé «l'amnistie à tous», ajoutant «Nous ne souhaitons pas qu'ils partent mais qu'ils contribuent au développement de leur propre nation grâce à leur expertise. Mais s'ils souhaitent partir, ce sera leur propre choix.»

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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