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Une rapporteuse de l'ONU craint que le projet de loi sur les médias ne nuise à la réputation de la Corée du Sud en matière de liberté de la presse

Actualités 24.09.2021 à 20h03

SEOUL, 24 sept. (Yonhap) -- Un projet de loi sud-coréen sur les médias, critiqué pour sa capacité à porter atteinte à la liberté de la presse, pourrait, s'il était adopté, envoyer un «message négatif» au monde sur la position du pays en matière de liberté des médias, a déclaré ce vendredi une experte des Nations unies.

Irene Khan, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la promotion du droit à la liberté d'expression, a fait cette remarque lors d'un point de presse en ligne, quelques semaines après avoir envoyé une lettre au gouvernement sud-coréen demandant que le projet de loi soit revu.

La législation, dite loi sur l'arbitrage de la presse, prévoit des dommages-intérêts punitifs jusqu'à cinq fois plus élevés que la normale si un média est reconnu coupable d'avoir diffusé des informations fausses ou manipulées. Selon ses détracteurs, le projet de loi pourrait être utilisé pour réduire au silence les médias d'opposition.

«Je crains que l'adoption de cet amendement, qui prévoit ce type de sanctions disproportionnées à l'encontre des médias, n'envoie un message négatif aux autres pays du monde qui considèrent la Corée du Sud comme un modèle à suivre», a déclaré Khan lors de la réunion d'information, soulignant que la Corée du Sud est l'un des principaux pays membres des Nations unies à participer aux efforts visant à protéger la liberté de la presse et les journalistes.

«Je demande instamment au parlement sud-coréen de garder à l'esprit non seulement l'impact national de cette législation, mais aussi son impact international, et de continuer à être un chef de file dans le soutien à la liberté des médias.»

Khan a demandé que certaines clauses du projet de loi soient «supprimées ou soigneusement reconsidérées», comme la partie sur les dommages-intérêts punitifs excessifs ou le langage vague sur ce qui définit une «information fausse».

«Ces éléments sont gravement préjudiciables à la liberté d'expression. Bricoler sur les bords et changer un petit mot ici ou là ne servira pas le but recherché», a-t-elle déclaré.

Selon elle, la décision du Parlement d'écarter la disposition relative aux dommages-intérêts punitifs permettra de déterminer si «des changements sérieux et fondamentaux seront apportés» à l'amendement. Le Parti démocrate, au pouvoir, a déclaré jeudi qu'il prévoyait de soumettre le projet de loi à un vote en plénière lundi prochain,

«Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'un réexamen très attentif, de ne pas adopter cet amendement à la hâte... et de prendre le temps d'examiner cette question très attentivement en consultation avec toutes les parties prenantes», a déclaré Khan.

La rapporteuse spéciale des Nations unies Irene Khan lors d'un point de presse avec les médias sud-coréens le 24 septembre 2021. (Photo provenant de Zoom. Archivage et revente interdits)

mathieu@yna.co.kr

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