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(4e LD) L'ancien président Chun Doo-hwan est mort

Actualités 23.11.2021 à 16h39
L'ancien président , né en 1931 à Hapcheon, dans la province du Gyeongsang du Sud, est mort à l'âge de 90 ans ce mardi matin du 23 novembre 2021 à son domicile dans le quartier de Yeonhui, dans l'arrondissement de Seodaemun, à Séoul. Ci-dessus, une photo prise devant sa maison alors qu'il s'apprête à se rendre à un procès convoqué par la Cour du district de Gwangju, le 9 août 2021. (Photo d'archives Yonhap)
Général Chun Doo-hwan
Ex-président Chun
Chun et Roh

SEOUL, 23 nov. (Yonhap) -- L'ancien président Chun Doo-hwan, un général d'armée qui a pris le pouvoir par un coup militaire en 1979 et réprimé cruellement le soulèvement pro-démocratie à Gwangju l'année suivante, est mort ce mardi à l'âge de 90 ans, ont fait savoir des membres de son entourage.

Chun, atteint d'un cancer du sang et d'autres maladies chroniques, est tombé ce matin vers 8h40 à son domicile dans le quartier de Yeonhui, dans l'ouest de Séoul, et sa mort a été confirmée par la police à 9h12.

Son corps sera transféré à l'hôpital Severance de l'université Yonsei à Séoul, a déclaré Min Jeong-ki, ancien conseiller présidentiel.

Sa dernière volonté était de se faire enterrer «dans un terrain haut au front donnant sur le territoire nord-coréen», a déclaré Min en ajoutant que le corps de Chun sera incinéré avant d'être enterré sur un site qui sera décidé plus tard.

L'ancien général de l'armée de terre a pris le pouvoir par un coup d'Etat en 1979, après l'assassinat de l'ex-président Park Chung-hee, et a régné sur le pays jusqu'en 1988.

L'un de ses héritages politiques les plus sombres est sa repression sanglante contre des manifestants à Gwangju en mai 1980 qui réclamaient la démocratisation du pays. Plus de 200 morts et 1.800 blessés ont été recensés après cette oppression meurtrière, selon des chiffres officiels conservateurs.

Le défunt n'a jamais présenté d'excuses aux victimes de la répression militaire.

Sa mort aujourd'hui a suscité des condamnations de la part de groupes civiques cherchant à préserver l'histoire du mouvement démocratique du pays.

«Il est profondément regrettable que (Chun) soit mort sans reconnaître ses fautes», a dit un communiqué conjoint publié par la Fondation de commémoration du 18-Mai, la Fondation pour la démocratie de Corée et la Fondation de commémoration du soulèvement démocratique BUMA.

«Chun Doo-hwan n'a même pas demandé pardon au peuple, notamment aux citoyens de Gwangju», ont-ils déploré.

Le Parti démocrate (PD), parti au pouvoir, a indiqué qu'il examinerait des moyens appropriés pour marquer le décès de Chun, tout en notant que le défunt ne fera pas l'objet de funérailles d'Etat ou d'un enterrement dans un cimetière national à cause de ses crimes commis dans le passé.

La principale formation d'opposition, le Parti du pouvoir du peuple (PPP), a déclaré qu'il ne projetait pas de publier de déclaration aujourd'hui sur le décès de l'ancien président et n'a pas encore décidé de la question de savoir si et comment ses dirigeants exprimeront leurs condoléances.

Chun est né le 23 janvier 1931 dans une famille pauvre à Hapcheon, dans la province du Gyeongsang du Sud. Il est entré à l'Académie militaire de Corée (KMA) en 1951.

A l'académie, il se rapproche de Roh Tae-woo qui deviendra plus tard son bras droit et occupera divers postes clés au cours de l'administration Chun avant d'être élu lui-même président pour succéder à Chun.

Avant de devenir président, Chun a mené une carrière militaire brillante qui a inclus une mission au sein de l'agence nationale du renseignement. Il a été commandant du 1er groupe des Forces spéciales de l'armée de terre et membre du service de sécurité du président Park.

Au moment de l'assassinat de Park en octobre 1979, Chun était le chef du Commandement de défense et sécurité et a dirigé une enquête sur cette affaire.

En décembre, il a pris le pouvoir par un coup entrepris avec l'aide de Roh.

Chun a consolidé son pouvoir après avoir réprimé le soulèvement à Gwangju en 1980 en lançant un comité d'urgence supra-constitutionnel et en mettant en place des régulations sur les activités politiques qui ont conduit à la dissolution du Parlement.

La même année, il s'est retiré de l'armée après plus de 25 ans de service et a entamé une autre dictature dans l'histoire moderne de la Corée.

Il a forcé la démission du président par intérim de l'époque, Choi Kyu-hah, en août 1980, ouvrant la voie à son élection à la tête du pays. Il a été investi en septembre sous la bannière de l'éradication de la corruption et des conflits politiques avec un accent particulier sur la réalisation d'une société juste.

Après la fin de son mandat présidentiel en 1988, Chun a été visé par une série de controverses autour d'affaires de corruption alléguées. Il a présenté des excuses pour ses méfaits commis au début de son mandat et reversé plus de 16 milliards de wons (13,4 millions de dollars) avant de se retirer au temple bouddhique Baekdam avec son épouse, Lee Sun-ja.

Lors de son séjour au temple, il a été convoqué pour témoigner devant l'Assemblée nationale, où Roh Moo-hyun, député d'alors qui est devenu plus tard président, a jeté une plaque d'identification vers lui.

Même après son retour chez lui à la fin de l'année 1990, Chun a fait l'objet d'enquêtes de la part de procureurs sur des actes illégaux commis avant et après sa présidence, notamment sur le processus du coup d'Etat et la répression de Gwangju.

Il a été convoqué par le Parquet sur la charge de trahison en décembre 1995 mais il a défié l'ordre en lisant une déclaration publique devant sa maison disant qu'il ne coopérera pas à l'enquête.

Un mandat d'arrêt a été émis le lendemain et il a finalement été incarcéré dans une prison près de son comté natal de Hapcheon.

En 1996, Chun a été condamné en première instance à la peine de mort pour haute trahison, meurtre à la fin de la trahison et corruption. L'année suivante, la Cour suprême a confirmé la décision d'une cour d'appel en le condamnant à la perpétuité et à une amende de 220 milliards de wons.

Chun a été libéré en décembre 1997 après avoir été gracié par le président de l'époque, Kim Young-sam, au nom de l'unité nationale.

Jusqu'à sa mort, Chun n'a pas payé totalement l'amende. A un moment, il a avancé que sa richesse totale ne s'élevait qu'à 290.000 wons, des propos qui ont été lourdement critiqués pendant des années alors qu'il a été aperçu sur des terrains de golf luxueux.

L'un des procès à son encontre est toujours en cours et la dernière fois qu'il est apparu en public était lorsqu'il a comparu devant le tribunal de Gwangju en août dernier.

Son décès est intervenu moins d'un mois après celui de son successeur Roh Tae-woo le 26 octobre.

Malgré l'héritage politique sombre de Roh, ce dernier s'est vu accorder des funérailles d'Etat qui ont duré cinq jours alors que la population a reconnu ses efforts pour réparer ses méfaits en exprimant des remords à travers sa famille.

Chun est loué par ses partisans pour avoir stabilisé les prix et aidé à remporter la candidature de Séoul pour l'organisation des Jeux olympiques d'été de 1988 qui ont amélioré le statut du pays sur la scène internationale.

Chun laisse dans le deuil son épouse, trois fils et une fille.

jhoh@yna.co.kr

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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