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(Bilan 2021) Malgré des efforts infructueux cette année, Séoul compte relancer le processus de paix en 2022

Gros plans 17.12.2021 à 07h00

SEOUL, 17 déc. (Yonhap) -- Après une année marquée par la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19) qui a vu la Corée du Nord s'isoler plus que jamais, Séoul semble prêt à poursuivre sa campagne cahoteuse pour la paix en 2022, une entreprise toujours en proie à la méfiance mutuelle ainsi qu'à des tensions géopolitiques et de nombreuses incertitudes.

L'initiative de paix du Sud a porté peu de fruits cette année, car le Nord s'est concentré sur sa campagne antivirus et s'en est tenu à son credo d'«autonomie» tout en augmentant les enjeux pour la reprise du dialogue avec des provocations militaires sporadiques, ont déclaré des analystes.

La coordination politique de Séoul avec l'administration Joe Biden lancée en janvier a démarré en douceur, du moins en apparence, alors que les alliés ont réaffirmé publiquement leur engagement en faveur d'une stratégie «entièrement coordonnée» vis-à-vis de Pyongyang. Mais une amère rivalité sino-américaine a assombri les perspectives de coopération des grandes puissances sur l'énigme nucléaire du royaume ermite.

A l'approche de la nouvelle année, des zones d'ombre continuent de planer, alors que le boycott diplomatique par l'administration de Joe Biden des prochains Jeux olympiques de Pékin a accru les risques géopolitiques, avec l'imposition récente de nouvelles sanctions au régime de Kim Jong-un pour violations des droits de l'Homme qui risquent de refroidir davantage l'ambiance de dialogue.

Le président sud-coréen Moon Jae-in et le président américain Joe Biden donnent une conférence de presse conjointe à la Maison-Blanche, le vendredi 21 mai 2021.

A moins de cinq mois de la fin de son mandat, l'administration Moon Jae-in reste imperturbable face aux perspectives pessimistes, renouvelant sa proposition de déclarer officiellement la fin de la guerre de Corée (1950-1953), qu'elle considère comme un catalyseur pour se réengager avec le Nord.

«En plus de signifier la fin du régime d'armistice instable qui dure depuis près de 70 ans, (la déclaration) peut servir d'élan pour relancer les pourparlers entre le Sud, le Nord et les Etats-Unis», a affirmé le président Moon lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre australien, Scott Morrison, après leur sommet tenu lundi à Canberra.

«Notre gouvernement essaiera jusqu'au bout de permettre une approche basée sur le dialogue», a-t-il ajouté, soulignant que les Etats-Unis, la Chine et le Nord sont convenus «en principe» de déclarer la fin de la guerre.

Il est largement admis que Séoul espère utiliser les JO de Pékin pour relancer le dialogue avec Pyongyang et éventuellement faire de la déclaration de fin de guerre une réalité. Mais le boycott diplomatique américain des Jeux pourrait semer le trouble, selon les observateurs. De son côté, Séoul a fait savoir qu'il n'envisageait pas de rejoindre l'initiative de Washington.

Au début de cette année, la diplomatie de Séoul s'est concentrée sur la garantie que l'administration Biden nouvellement lancée s'appuierait sur les accords de paix antérieurs avec Pyongyang, y compris l'accord du sommet de Singapour de 2018 conclu entre l'ancien président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Les efforts diplomatiques ont payé. L'équipe de Biden a affirmé qu'elle héritait de l'accord de Singapour en vertu duquel Kim s'est engagé à travailler à la «dénucléarisation complète» de la péninsule tandis que les deux parties sont convenues de travailler ensemble pour établir de nouvelles relations et favoriser un régime de paix durable sur la péninsule.

Washington a également dévoilé une approche «calibrée et pratique» du Nord. Il a depuis mis en place des antennes diplomatiques dans le pays communiste et a souligné qu'il était prêt à engager un dialogue «n'importe où, n'importe quand et sans conditions préalables».

Mais sa mention répétée, sinon superficielle, que «la balle est dans le camp du Nord» a soulevé des doutes quant à la volonté des Etats-Unis de faire un geste de conciliation plus actif envers le royaume ermite.

Les ouvertures de dialogue de Séoul et de Washington se sont en grande partie butées à un mur alors que Pyongyang était préoccupé par la prévention du Covid-19 sur son sol et les difficultés économiques résultant des contrôles aux frontières provoqués par la pandémie et des sanctions internationales.

Mais l'attention du Nord pourrait se tourner vers le Sud, où les principaux partis politiques ont accéléré les préparatifs du scrutin présidentiel du 9 mars qui pourrait déterminer l'orientation future de la politique de Séoul envers son voisin.

Lee Jae-myung (à g.), le candidat officiel à l'élection présidentielle du Parti démocrate (PD), discute avec Yoon Suk-yeol, celui du Parti du pouvoir du peuple (PPP), lors de la 53e oraison nationale à l'hôtel Swiss Grand à Séoul, le jeudi 2 décembre 2021. (Pool photo)

Le candidat à la présidence du Parti démocrate (PD) au pouvoir, Lee Jae-myung, recherche une politique nord-coréenne ancrée dans ce qu'il appelle «le réalisme et le pragmatisme» et répondra «avec confiance» si le Nord bafoue les accords intercoréens ou se comporte mal, a souligné la semaine dernière l'un de ses collaborateurs lors d'un webinaire.

Yoon Suk-yeol, le candidat du Parti du pouvoir du peuple (PPP), la principale formation d'opposition conservatrice, se concentre sur une dissuasion plus forte contre les menaces nucléaires nord-coréennes et souligne la nécessité de maintenir les sanctions économiques jusqu'à ce que le Nord prenne des mesures substantielles vers sa dénucléarisation, a fait savoir un assistant de Yoon dans le même webinaire.

Au cours de l'année écoulée, les essais d'armes de Pyongyang ont compliqué les efforts de paix de Séoul. L'armée nord-coréenne a notamment tiré un missile hypersonique autoproclamé en septembre, suivi d'un lancement d'essai d'un nouveau missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) le mois suivant.

Un défilé militaire se déroule sur la place Kim Il-sung à Pyongyang, le jeudi 9 septembre 2021 à minuit, pour célébrer le 73e anniversaire de la fondation nationale, a rapporté l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA). (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)

Le côté positif est que le Nord n'a mené aucune provocation stratégique comme un test de missile balistique intercontinental (ICBM). Le rétablissement des lignes de communication intercoréennes en juillet après plus d'un an de suspension a fait espérer un dégel des relations transfrontalières.

Mais les lignes ont de nouveau été rompues en août au milieu des protestations du Nord contre un exercice militaire estival régulier entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, signe de la fragilité des canaux transfrontaliers. Les lignes sont redevenues opérationnelles en octobre dernier.

Alors que Washington n'a montré aucun signe de fléchissement dans son appel à l'allégement des sanctions, Pyongyang a durci le ton cette année.

En plus de sa demande de mettre fin à ce qu'il appelle la «politique hostile», le Nord a commencé à appeler le Sud et les Etats-Unis à retirer les normes de «double jeu», une référence aux alliés qualifiant ses missiles et autres activités militaires de «provocations» tout en justifiant les leurs comme une «dissuasion» à l'égard du Nord.

«Dans l'ensemble, au cours de l'année écoulée, la position du Nord semble s'être durcie, ce qui pourrait conduire à une décision cruciale comme un test de missile à longue portée plus tard», a observé Park Won-gon, professeur d'études nord-coréennes à l'université féminine Ewha.

Cherchant à relancer la croisade pour la paix au point mort, Séoul et Washington ont exploré diverses incitations au dialogue, notamment l'aide humanitaire et la déclaration de fin de guerre.

Néanmoins, la question nord-coréenne pourrait être mise en veilleuse sur la liste de la politique étrangère des Etats-Unis alors que Washington est aux prises avec d'autres défis majeurs, notamment les pourparlers nucléaires avec l'Iran et le renforcement militaire de la Russie près de sa frontière avec l'Ukraine, ont noté des analystes.

La trajectoire future des relations sino-américaines devrait être au centre de l'attention politique de Séoul, car elle pourrait affecter ses efforts pour les objectifs communs des grandes puissances pour ancrer la paix sur la péninsule.

as26@yna.co.kr

(FIN)

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