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(Interview Yonhap) L'ambassadeur britannique prône l'unité pour faire payer à Moscou l'invasion «inacceptable» de l'Ukraine

Interviews 25.02.2022 à 16h41

SEOUL, 25 fév. (Yonhap) -- L'ambassadeur du Royaume-Uni, Colin Crooks, a lancé un appel emphatique à la Corée du Sud et aux autres pays partenaires pour qu'ils «augmentent collectivement le coût» de l'invasion «inacceptable» de l'Ukraine par la Russie cette semaine, se félicitant de la décision de Séoul de se joindre aux sanctions contre Moscou.

Dans une interview exclusive donnée à l'agence de presse Yonhap jeudi, l'émissaire britannique a commenté l'attaque sur plusieurs fronts de la Russie contre le voisin pro-occidental, la qualifiant d'«actes terribles».

«Nous devons montrer au président (Vladimir) Poutine et à son régime que ces activités sont totalement inacceptables», a déclaré Crooks dans sa première interview aux médias depuis son arrivée ici en tant qu'ambassadeur au début du mois.

«Nous devons augmenter collectivement le coût que la Russie doit payer», a-t-il ajouté, décrivant le conflit actuel comme un «moment très dangereux et triste» pour le monde.

Colin Crooks, ambassadeur britannique en Corée du Sud, s'exprime lors d'un entretien avec l'agence de presse Yonhap au siège de la société, le 24 février 2022.

La Grande-Bretagne a étroitement consulté plusieurs autres nations, dont la Corée du Sud, pour coordonner des réponses et des sanctions conjointes contre la Russie, selon l'ambassadeur.

«Nous travaillons avec tous nos partenaires dans le monde, des pays épris de liberté comme la Corée, pour défendre les droits de l'Ukraine comme n'importe quel autre pays», a-t-il fait savoir.

Ses remarques sont intervenues après que Séoul a annoncé son intention de se joindre aux sanctions internationales contre la Russie.

Parlant couramment le coréen, Crooks est le premier ambassadeur britannique à avoir servi dans les deux Corées, qui sont toujours techniquement en guerre. La guerre de Corée (1950-1953) s'est soldée par un armistice et non un traité de paix.

Crooks est connu pour ses publications régulières sur Twitter sur la vie dans l'un des Etats les plus secrets du monde lors de son séjour à Pyongyang de décembre 2018 à mai 2020. Il est le dernier ressortissant britannique à y avoir mis les pieds car le Nord a imposé des contrôles frontaliers stricts en raison du Covid-19.

Le diplomate se réjouit maintenant de jouer un rôle dans la promotion de la paix sur la péninsule coréenne après avoir grandi en Irlande du Nord, qui a souffert d'un conflit ethno-nationaliste de la fin des années 1960 à 1998.

«La situation en Corée du Nord est évidemment très différente, mais il y a certains points qui, je pense, sont les mêmes», a-t-il estimé. «Il y a un besoin de dialogue, un besoin de tolérance, un besoin de négociation.»

Evoquant son séjour à Pyongyang, Crooks a raconté ses rencontres avec des Nord-Coréens aspirant à un «avenir meilleur très prochainement» à la suite d'une série de sommets diplomatiques impliquant les deux Corées, les Etats-Unis et la Chine en 2018.

Cet espoir s'est toutefois estompé après l'échec du sommet de Hanoï entre l'ancien président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en février 2019, a-t-il rappelé.

«Je pense que le régime nord-coréen a raté une énorme opportunité à Hanoï. Ils avaient là une opportunité de conclure un accord qui aurait garanti leur sécurité et leur prospérité», a-t-il estimé. «Au lieu de cela, ils ont mal géré le sommet de Hanoï.»

Malgré la réticence de Pyongyang à se réengager depuis lors, Crooks a déclaré que Séoul devrait laisser la porte ouverte au dialogue et que la Grande-Bretagne était prête à tirer parti de sa capacité diplomatique à jouer un rôle de liaison entre les deux Corées.

Mais en attendant, des sanctions internationales contre le Nord devraient rester en place dans le cadre des efforts d'engagement vers l'objectif ultime de dénucléarisation de la péninsule coréenne, a-t-il affirmé.

«Les sanctions font partie de la négociation et de la discussion. Et tout cela a à voir avec un cadre de dénucléarisation», a-t-il expliqué. «Je ne vois pas en quoi la levée des sanctions en ce moment aiderait.»

Crooks a exprimé ses inquiétudes concernant les droits de l'Homme en Corée du Nord en raison des restrictions liées à la pandémie qui ont aggravé son économie déjà chancelante.

L'envoyé voulait voir le Nord coopérer avec l'ONU pour recevoir des vaccins contre le Covid-19 et relever les défis de l'infrastructure médicale afin de vacciner son peuple et se préparer à la réouverture de son économie.

«Leur fermeture stricte des frontières a coûté très cher au peuple nord-coréen et à son économie», a-t-il noté. «Je m'inquiète de la situation humanitaire en Corée du Nord.»

Nonobstant les efforts de paix, Crooks se réjouit de contribuer à l'approfondissement des relations économiques entre Séoul et Londres étant donné que la Corée du Sud a été parmi les premiers pays à signer un nouvel accord de libre-échange avec la Grande-Bretagne après la sortie de Londres de l'Union européenne en 2020.

L'ambassadeur a dit souhaiter que les deux pays développent davantage leurs échanges et leurs investissements dans divers domaines, notamment la technologie numérique, la croissance verte, l'énergie éolienne offshore et le secteur des services.

Après avoir servi à l'ambassade à Séoul à la fin des années 1990, Crooks a été impressionné par la transformation de la Corée du Sud en un pays «plus confiant» avec une économie dynamique, des technologies de pointe et une culture populaire aimée du monde.

Au cours de son service ici, l'ambassadeur souhaite contribuer à l'amélioration des relations entre les peuples des deux pays grâce à sa diplomatie publique active, et Twitter sera intrinsèque à cet effort, a-t-il précisé

«Revenir en Corée du Sud était mon rêve de longue date», a confié Crooks en souriant dans un coréen courant. «C'est ma deuxième maison.»

as26@yna.co.kr

(FIN)

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