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(FOCUS) Les armes nucléaires tactiques et les silos du Nord viseraient à contrer la force de dissuasion des alliés

Gros plans 11.10.2022 à 17h10
Cette capture du site Internet de l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) du lundi 10 octobre 2022 montre un tir de missile. La KCNA a rapporté le même jour que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a déclaré n'avoir «aucun intérêt à dialoguer avec l'ennemi» alors qu'il assistait à un entraînement des unités d'armes nucléaires tactiques. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)
Le porte-avions géant USS Ronald Reagan arrive le vendredi 23 septembre à la base navale de Busan, dans le sud-est du pays, pour son premier exercice conjoint avec la marine sud-coréenne près de la péninsule coréenne en cinq ans alors que les alliés cherchent à renforcer la dissuasion face aux menaces militaires nord-coréennes. (Photo fournie par la marine nationale. Revente et archivage interdits)

SEOUL, 11 oct. (Yonhap) -- La Corée du Nord semble vouloir se focaliser à présent sur le développement d'armes nucléaires «tactiques» pouvant être montées sur des lanceurs difficiles à détecter afin de contrer les capacités de dissuasion de la Corée du Sud et des Etats-Unis, ont estimé ce mardi des observateurs.

Hier, l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) a dit que le dirigeant Kim Jong-un a assisté à de grands exercices militaires, impliquant notamment des unités en charge d'opérer des armes nucléaires tactiques, et a dévoilé un plan pour construire des silos à missile sous des réservoirs d'eau.

Ces manœuvres, qui comprenaient des lancements de missiles balistiques et même la mobilisation simultanée d'environ 150 avions de guerre, ont eu lieu en partie pour répondre au déploiement du porte-avions américain USS Ronald Reagan pour des exercices conjoints avec la Corée du Sud en mer de l'Est.

Séoul cherche également à renforcer son système indépendant de dissuasion reposant sur «trois axes», incluant notamment le système de frappes préemptives Kill Chain. De son côté, Pyongyang veut montrer que sa menace d'armes nucléaires tactiques est bien réelle, selon les analystes. «La Corée du Nord cherche évidemment à contrer le développement des capacités Kill Chain de la république de Corée (Corée du Sud) et des Etats-Unis», met en avant Bruce Bennett, chercheur à RAND Corp. aux Etats-Unis.

«Si le Nord installe des plates-formes au fond des réservoirs pour lancer des missiles balistiques, la république de Corée et les Etats-Unis devront faire face au nouveau défi de localiser les moyens de transport des armes nucléaires nord-coréennes», fait-il remarquer.

Le Nord serait à la recherche de nouveaux lanceurs de missiles, transportables par voie ferrée ou route, alors que Séoul s'efforce de renforcer ses capacités de frappe en s'appuyant sur les moyens de renseignement, reconnaissance et surveillance pour détecter et viser les cibles hostiles.

Le développement par Pyongyang d'armes nucléaires tactiques complique les efforts de dissuasion des alliés, selon les experts. Les armes nucléaires tactiques sont capables de dégager environ 15.000 tonnes de TNT. Elles sont moins puissantes que les armes nucléaires «stratégiques» qui sont habituellement montées sur les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), les missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS) et les bombardiers à longue portée.

Les armes nucléaires tactiques nord-coréennes viseraient la Corée du Sud et le Japon. «Il semble que Nord cherche à trouver un équilibre nucléaire avec des mesures pour prendre en otage la région alors qu'il a des difficultés à obtenir des ICBM et des MSBS pour attaquer le continent américain», constate Park Won-gon, professeur d'études nord-coréennes à l'université féminine Ewha.

Bennett soutient ce point de vue : «Il est probable que (les Nord-Coréens) chercheront à détourner l'attention de leur développement d'ICBM jusqu'à ce qu'ils en aient assez de menacer les Etats-Unis. [...] En menaçant la Corée du Sud, ils mobilisent toujours l'attention des Etats-Unis.»

La question pour le moment est de savoir si Séoul et Washington sont prêts à contrer les menaces d'armes nucléaires tactiques de Pyongyang alors que ce dernier poursuit ses provocations de missiles malgré la présence à proximité d'un grand porte-avions américain.

Des experts répondent à cette question en citant des exemples du passé, comme la guerre froide durant laquelle le monde a connu une «paix longue» dans un contexte d'équilibre nucléaire délicat entre les Etats-Unis et l'ex-Union soviétique. Durant la guerre froide, il y a eu plusieurs conflits conventionnels, y compris des guerres par procuration entre les deux grandes puissances, mais sans déclencher de catastrophe nucléaire.

«La dissuasion étendue de l'Amérique n'est pas pour dissuader les provocations mais pour dissuader le Nord d'utiliser des armes nucléaires», observe un expert de la sécurité qui a requis l'anonymat. «Cette dissuasion a fonctionné durant la guerre froide. Comme vous l'avez vu, l'arme nucléaire n'a pas été utilisée.»

La dissuasion étendue fait référence à l'engagement américain d'utiliser toutes ses capacités militaires, y compris l'option nucléaire, pour défendre ses alliés. Les officiels à Séoul assurent que l'armée sud-coréenne est en mesure de détecter et intercepter tous les projectiles que le Nord pourrait envoyer.

«Nous pensons que (le missile tiré depuis un silo de réservoir) est une mesure désespérée planifiée par le Nord qui tient compte considérablement des capacités du Kill Chain», a dit le colonel Kim Jun-rak, porte-parole du Comité des chefs d'état-major interarmées (JCS), lors d'un point-presse régulier.

xb@yna.co.kr

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