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SEJONG, 12 août -- Le gouvernement a décidé ce lundi de retirer le Japon de sa liste de partenaires commerciaux dignes de confiance, faisant monter les tensions commerciales provoquées par les restrictions d'exportations que le pays voisin a imposées contre la Corée du Sud.

Le ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Energie a annoncé son plan de réorganiser sa liste en trois groupes de partenaires commerciaux alors que celle-ci est actuellement divisée en deux. Il placera le Japon dans le groupe nouvellement créé.

Le Japon faisait partie de la liste sud-coréenne des 29 pays bénéficiant de procédures d'exportation préférentielles, qui sont membres des quatre régimes de contrôle des exportations clés dont l'arrangement de Wassenaar.

Le nouveau groupe, qui se trouvera entre les deux existants, sera réservé aux pays qui participent aux quatre régimes internationaux «mais mettent en place un système de contrôle des exportations portant atteinte aux normes internationales», selon le ministère.

«Nous devons mettre en place un système de contrôle des exportations compte tenu du fait qu'il est difficile de travailler étroitement avec un pays qui viole fréquemment les règles fondamentales des contrôles des exportations ou qui met en place un système illégitime», a déclaré le ministre du Commerce Sung Yun-mo.

En vertu des critères révisés, les entreprises coréennes exportant des produits vers le Japon devront soumettre cinq documents différents pour obtenir l'approbation par rapport aux trois aujourd'hui. Le processus d'approbation nécessitera environ 15 jours, durée plus longue que les cinq jours à l'heure actuelle.

L'application de cette nouvelle classification débutera vers le mois prochain après une collecte d'opinions pendant 20 jours, selon le ministère.

Le Japon a promulgué au début de ce mois-ci un projet de loi en vue de supprimer la Corée du Sud de sa liste blanche, qui entrera en vigueur le 28 août prochain.

La guerre commerciale entre les deux pays voisins a été déclenchée le mois dernier après que le Japon a imposé subitement des restrictions sur les exportations vers la Corée du Sud de trois matériaux industriels cruciaux dans la fabrication de semi-conducteurs et d'écrans, portant un coup dur aux perspectives de géants des technologies comme Samsung Electronics Co.

Suite au retrait de la Corée du Sud de la liste blanche de Tokyo, les entreprises japonaises doivent obtenir l'approbation gouvernementale pour chaque expédition vers le pays voisin, un processus pouvant nécessiter environ 90 jours.

Le retrait de la Corée du Sud de la liste blanche de Tokyo concerne environ 1.100 articles. Ces derniers peuvent faire l'objet d'un durcissement des contrôles d'exportation même si Tokyo n'a pas encore ajouté de nouveaux produits en plus des trois matériaux industriels.

Le gouvernement japonais a avancé que sa décision était attribuable au contrôle laxiste de la Corée du Sud concernant les exportations de matériaux sensibles susceptibles d'être utilisés à des fins militaires.

Séoul est toutefois persuadé que Tokyo a pris cette décision comme une mesure de représailles économiques après que la Cour suprême sud-coréenne a ordonné à des sociétés japonaises d'indemniser des victimes coréennes pour le travail forcé en temps de guerre.

Bien qu'il nie que le durcissement des contrôles n'est pas une mesure de représailles économiques, Tokyo proteste contre les verdicts de la justice coréenne en avançant que toutes les questions sur les réparations provenant de l'époque coloniale ont été réglées en vertu du traité de 1965 qui a normalisé les relations bilatérales.

La Cour suprême sud-coréenne a toutefois reconnu que les droits individuels de réclamer des dédommagements étaient toujours valables.

Le conflit commercial a montré un signe de répit la semaine dernière alors que Séoul a retardé sa décision d'éliminer le Japon de sa liste blanche et le Japon a autorisé la première expédition de résine photosensible EUV (extrême ultraviolet), l'un des trois matériaux soumis à des restrictions, vers la Corée du Sud depuis le déclenchement du conflit commercial, en notant que le cas en question ne pose pas de risques contre la sécurité.

Si le Japon ne montre pas de signe de retrait de ses restrictions commerciales, Séoul envisage de porter plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et a entamé des examens juridiques dans le cadre d'une autre contre-mesure.

«Le gouvernement sud-coréen est prêt à discuter de la question n'importe quand et n'importe où avec le Japon au cours du processus de recueil d'opinions», a ajouté Sung.

(Yonhap)

(FIN)

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