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La 1.400e édition du rassemblement du mercredi des femmes de réconfort se déroulera cette semaine

13.08.2019 à 16h54 replay time00:37

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SEOUL, 13 août -- Le 1.400e rassemblement du mercredi pour résoudre la question des anciennes esclaves sexuelles durant la Seconde Guerre mondiale se déroulera ce mercredi, depuis son lancement en 1992. Kim Hak-sun, l'une des victimes de cette barbarie commise par le Japon, a eu le courage de faire son premier témoignage en public en août 1991. Les Sud-Coréens se sont rassemblés pour la première fois en 1992 lors de la visite du Premier ministre japonais en Corée du Sud afin de mettre cette question en lumière.

«Je suis Kim Hak-sun, victime de l'esclavage sexuel de l'armée japonaise. Je ne comprends pas pourquoi (le Japon) dit des mensonges. C'est pourquoi je suis là. Personne ne m'a demandé de me montrer devant le public mais je l'ai décidé moi-même», a dit Kim lors de son témoignage.

Sauf deux cas exceptionnels, lors du séisme de 1995 à Kobe et du séisme de 2011 sur la côte Pacifique du Tohoku, le rassemblement du mercredi n'a jamais été interrompu jusqu'à ce jour depuis le premier le 8 janvier 1992.

Malgré la disparition de plusieurs victimes au cours des 27 dernières années, les voix des Sud-Coréens continuent à s'élever pour réclamer au Japon la reconnaissance de ce crime de guerre, l'éclaircissement de l'affaire, une excuse officielle publique et une indemnisation légale.

Tous les mercredis à midi, devant le site de l'ambassade du Japon à Séoul, les citoyens se réunissent avec des papillons jaunes à main, symbole des femmes victimes de l'esclavage sexuel.

Femmes, hommes, enfants et même étrangers, tous appellent d'une même voix le gouvernement japonais à reconnaître ses fautes et à s'excuser sincèrement.

Mais au début de cette mobilisation organisée par le Conseil coréen des femmes de réconfort regroupant 36 associations féminines en 1992, peu de gens ont pensé que ce mouvement durerait pendant près de 30 ans.

Portant des vêtements blancs sur lesquels sont écrits des slogans, les 30 membres à l'époque ont effectué un défilé autour de l'ambassade du Japon en réclamant la reconnaissance du recrutement forcé des femmes de réconfort, une excuse officielle publique, l'indemnisation des victimes et la construction d'un monument commémoratif pour les victimes.

D'autres victimes qui avaient peur des regards de leur entourage ont décidé pourtant de descendre dans la rue afin de révéler ce qu'elles ont vécu devant le monde entier pour la première fois lors de la septième édition du rassemblement le 26 février 1992.

Cette manifestation hebdomadaire a célébré sa 100e édition en 1993, sa 500e en 2002 et sa 1000e en 2011. La statue de fille, qui symbolise les femmes de réconfort, a été installée devant l'ambassade du Japon à Séoul à l'occasion de la 1000e semaine du mouvement.

Néanmoins, tout n'est pas réglé. Au fur et à mesure que le mouvement continue, les victimes deviennent de plus en plus âgées et disparaissent, en laissant un grand regret dans le cœur de la population coréenne.

Parmi les victimes déclarées au gouvernement, seules 20 femmes sont encore en vie à ce jour et leur âge moyen atteint 91 ans. Gil Won-ok et Lee Yong-su, participantes à la manifestation depuis le début, ont toutes les deux plus de 90 ans. Kim Bok-dong, l'une des manifestantes les plus actives, s'est éteinte au mois de janvier à l'âge de 93 ans.

«A cause de leur grand âge, les victimes disparaissent l'une après l'autre et (beaucoup) ne peuvent plus y participer mais leur voix retentit à l'échelle mondiale pour former une plate-forme de paix et de solidarité», a dit Han Gyeong-hui, la secrétaire générale de l'Association de la justice pour les femmes de réconfort, qui succède au Conseil coréen des femmes de réconfort.

La bravoure de ces femmes de réconfort étend le champ du mouvement au-delà de la question de l'esclavage sexuel du Japon jusqu'aux questions de paix et de droits de l'Homme, selon l'association.

«Le rassemblement du mercredi a commencé avec quelques femmes victimes mais aujourd'hui de nombreux jeunes et citoyens y participent aussi», a ajouté Han. «Cette réunion est l'occasion de prendre part aux actions de lutte contre les crimes contre l'humanité au niveau international».

«A travers les manifestations, nous avons mis en lumière dans le monde entier que la pratique de l'esclavage sexuel de l'armée japonaise durant la guerre est une question de droits de l'Homme pour ces femmes victimes et avons contribué à établir les critères internationaux des droits de l'Homme», a souligné la secrétaire Han.

Les femmes de réconfort se solidarisent avec des victimes de violences sexuelles en temps de guerre dans les pays comme la République démocratique du Congo, l'Ouganda et le Kosovo, à travers le «fonds papillon».

Selon Han, «le rassemblement du mercredi ne se limite pas à réclamer une excuse officielle et une indemnisation légale au Japon mais il sert aussi de plate-forme pour apprendre aux futures générations l'importance des droits de l'Homme et de la paix».

A la veille du 74e anniversaire du jour de la Libération, la 1.400e édition du rassemblement du mercredi et la 7e édition de la commémoration des femmes victimes dans le monde entier de l'esclavage sexuel de l'armée japonaise se tiendront ce mercredi à midi devant le site de l'ambassade du Japon à Séoul.

Le mouvement aura lieu dans 34 villes de 10 pays, dont la Corée du Sud et le Japon.

(Yonhap)

(FIN)

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