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BANGKOK, 17 nov. -- Les chefs de la défense de la Corée du Sud et du Japon ont tenu ce dimanche des discussions en tête à tête tendues en Thaïlande, à quelques jours de l'expiration prévue de leur Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA), mais aucune avancée n'a été réalisée.

Le ministre sud-coréen de la Défense, Jeong Kyeong-doo, a déclaré à l'issue de la réunion avec son homologue japonais, Taro Kono, que les deux parties restaient campées sur leurs positions existantes concernant le pacte de partage de renseignements militaires entre Séoul et Tokyo qui doit expirer samedi.

«Les deux parties ont échangé leurs positions initiales», a indiqué Jeong aux journalistes après son entretien de 40 minutes avec Kono à Bangkok, la capitale thaïlandaise, en marge de la sixième réunion des ministres de la Défense de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) Plus (ADMM-Plus).

«Comme je le répète, notre gouvernement devait renouveler le pacte jusqu'en juin. Suite aux restrictions imposées sur les exportations japonaises (vers la Corée du Sud), affirmant que leur confiance en matière de sécurité avait été compromise, nous avons toutefois été obligés de décider de mettre fin au GSOMIA», a expliqué Jeong.

Soulignant qu'il semble exister davantage de marge de manœuvre pour résoudre le problème sur le plan diplomatique qu'en matière de défense, Jeong a déclaré qu'il avait appelé Kono à tout mettre en œuvre pour le résoudre de manière diplomatique.

Partageant la nécessité d'une coopération bilatérale en matière de sécurité, ainsi que d'une coordination trilatérale impliquant les Etats-Unis, les deux ministres sont convenus de travailler plus étroitement pour renforcer leurs liens de défense, a-t-il ajouté.

Notant qu'il avait évoqué la situation de sécurité «très difficile» en Asie du Nord-Est après les essais de missiles par la Corée du Nord, entre autres, Kono a dit aux journalistes après la réunion qu'il avait demandé «une réponse large de la Corée du Sud concernant le GSOMIA».

Kono, le visage sombre, est entré dans la salle de réunion en refusant de répondre aux questions des journalistes à propos d'une éventuelle nouvelle suggestion de la part du Japon et de son état d'esprit quant au sort du GSOMIA.

En août, la Corée du Sud a décidé de mettre fin à cet accord de trois ans en réponse aux restrictions d'exportation imposées par le Japon, citant des questions de sécurité. Ces mesures sont considérées comme des représailles politiques suite à des verdicts rendus l'année dernière par la Cour suprême sud-coréenne contre des entreprises japonaises ayant imposé le travail forcé en temps de guerre.

Le Japon veut maintenir le pacte et les Etats-Unis ont également appelé à son renouvellement. Cependant, la Corée du Sud a maintenu la position selon laquelle tout réexamen ne serait possible que si le Japon changeait d'abord de cap.

A l'approche de l'échéance, les réunions de dimanche pourraient constituer la dernière chance pour la Corée du Sud et le Japon de parvenir à un compromis sur la question.

Tokyo n'a toutefois montré aucun signe de retrait de ses restrictions à l'exportation à l'encontre du Sud. Selon le journal japonais Yomiuri Shimbun, le Japon a même notifié aux Etats-Unis sa décision de ne pas accéder à la demande de la Corée du Sud.

Dans ces circonstances, le rôle que Washington peut jouer attire également l'attention.

Plus tard dans la journée, Jeong et Kono rejoindront le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, pour des pourparlers trilatéraux, selon le ministère.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec Jeong à l'issue de leurs entretiens bilatéraux à Séoul vendredi, Esper a appelé ses deux alliés asiatiques à «s'asseoir et à surmonter leurs différends», car la suppression de cet outil de sécurité clé ne profiterait qu'à la Corée du Nord et à la Chine.

Jeong a rencontré son homologue japonais à Singapour pour la dernière fois en juin, et la réunion trilatérale entre les plus hauts responsables de la défense des trois pays s'est également tenue en juin.

Le ministre sud-coréen de la Défense, Han Min-koo (à dr.), et l'ambassadeur du Japon en Corée du Sud, Yasumasa Nagamine, signent l'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA) lors d'une cérémonie tenue au ministère de la Défense à Séoul le 23 novembre, 2016. (Photo fournie par le ministère de la Défense. Revente et archivage interdits)

Ce dimanche, le ministre sud-coréen de la Défense devrait également avoir des entretiens bilatéraux avec ses homologues chinois, néo-zélandais, indonésien et thaïlandais afin d'explorer les moyens de renforcer leurs liens de défense, a annoncé le ministère.

L'événement multilatéral de deux jours, qui se déroulera jusqu'à lundi, réunira des hauts responsables de la défense des pays de l'Asean et de huit Etats membres, à savoir la Corée du Sud, les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Russie, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Inde.

Lors d'une séance plénière lundi, Jeong prononcera un discours sur le processus de paix du gouvernement avec la Corée du Nord et demandera un soutien international pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne et la volonté de transformer la zone démilitarisée (DMZ) en une zone de paix, a indiqué le ministère.

Dans son discours prononcé lors de la session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York en septembre, le président Moon Jae-in a proposé de transformer la DMZ qui sépare les deux Corées en une zone de paix mondiale, estimant que le plan fournirait une garantie institutionnelle et réaliste de la sécurité de la Corée du Nord.

L'ADMM-Plus a été lancé en 2010 pour aider les pays participants à renforcer leurs capacités afin de mieux relever les défis de sécurité communs et de promouvoir la confiance mutuelle, a déclaré son organisateur. Auparavant, elle était organisée tous les deux ou trois ans mais depuis l'année dernière, c'est devenu un événement annuel.

(Yonhap)

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