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SEOUL, 19 fév. -- Le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho, quatre fois oscarisé pour «Parasite», a déclaré ce mercredi que la campagne américaine d'un mois en amont de la cérémonie des Oscars avait été motivée par «la passion et le dévouement» de son équipe et de sa distribution.

La comédie noire, qui traite du gouffre social séparant deux familles, a remporté quatre statuettes dont celle récompensant le meilleur film aux Academy Awards la semaine dernière, devenant ainsi le premier long-métrage non anglophone à recevoir la plus haute distinction de l'histoire des Oscars, longue de 92 ans.

Bong était la tête de proue du film pendant la saison de remises de prix, qui a débuté en août et s'est déroulée jusqu'à la cérémonie des Oscars le 9 février, avec son distributeur américain Neon et ses maisons de production Barunson E&A et CJ ENM.

«Tous les films ont fait de leur mieux pour remporter un Oscar», a estimé Bong lors d'une conférence de presse tenue à Séoul. «Mais notre équipe a dû mener une guérilla avec moins de budget, par rapport aux grands studios et à Netflix.»

Il a rappelé que l'acteur Song Kang-ho, qui joue le père d'une famille pauvre dans «Parasite», et lui même, ont réalisé plus de 600 interviews et ont organisé des séances de projection spéciales avec des cinéphiles à plus de 100 reprises.

Le marketing viral en ligne faisait également partie de la stratégie budgétaire limitée de l'équipe, a-t-il ajouté.

«Au début, je ne comprenais pas pourquoi tous ces immenses studios de cinéma et cinéastes dépensaient beaucoup d'argent et de temps dans la campagne», a-t-il confié. «Mais au cours de cette période, j'ai senti que c'était un processus de l'industrie cinématographique américaine qui s'étalait sur plusieurs décennies pour sympathiser les uns avec les autres et partager ses idées cinématographiques.»

Bong a dit qu'il était si heureux que son équipe ait reçu la plus prestigieuse distinction pour son dévouement aux Oscars et que, en particulier, son film ait reçu des critiques favorables de publics du monde entier.

«Mon film est en partie une comédie, mais il contient aussi de l'amertume et de l'inconfort en raison de la disparité entre les riches et les pauvres», a mis en avant le réalisateur. «Je suis tellement ravi que les cinéphiles de Corée du Sud, d'Europe et d'Amérique du Nord aient autant aimé mon film, indépendamment des récompenses.»

«Parasite» a attiré plus de 10 millions de téléspectateurs rien qu'en Corée du Sud alors qu'il a récolté 44,3 millions de dollars aux Etats-Unis pour devenir le cinquième film en langue étrangère le plus rentable du pays.

Au cours de la tournée promotionnelle, il a déclaré que de nombreux cinéastes aux Etats-Unis étaient curieux de découvrir l'industrie cinématographique sud-coréenne qui a produit autant d'histoires et de films créatifs au cours des dernières décennies.

Sur la scène internationale, des films et des cinéastes sud-coréens comme Park Chan-wook et Lee Chang-dong se sont démarqués et ont remporté un certain nombre de prix dans des festivals de cinéma renommés à l'étranger.

Le réalisateur Park a reçu le Grand Prix, la deuxième plus haute distinction au Festival de Cannes, pour son thriller «Oldboy» en 2003 et le prix du jury pour «Thirst» (2009), tandis que Lee a remporté le prix du meilleur scénario à Cannes pour «Poetry» (2010).

«Je pense qu'il y a eu de bonnes interactions, ou des chocs dynamiques comme nous les appelons, entre les industries du film commercial et indépendant en Corée au début des années 2000», a estimé Bong, qui a fait ses débuts de réalisateur avec «Barking Dogs Never Bite» en 2000.

La dynamique semble cependant s'être quelque peu atténuée ces dernières années, l'industrie cinématographique sud-coréenne étant moins disposée à prendre des risques, a-t-il noté.

«Désormais, nous devons réfléchir à la manière de faire revivre l'énergie vitale, en essayant de ne pas avoir peur de prendre des risques mais de les défier», a-t-il affirmé. «En regardant les films indépendants récents de qualité, cependant, je pense que de nombreux talents sont prêts à fleurir. Je m'attends à ce qu'il y ait des chocs dynamiques dans notre industrie cinématographique dans un avenir proche.»

(Yonhap)

(FIN)

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