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SEOUL, 25 -- Une ancienne victime de l'esclavage sexuel en temps de guerre perpétré par le Japon a une nouvelle fois demandé ce lundi que l'ancienne directrice d'une organisation pour les droits des victimes de l'esclavage sexuel à rendre des comptes sur des allégations de malversations.

Lee Yong-soo, 92 ans, victime de l'esclavage sexuel de l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, a déclaré devant les caméras que Yoon Mee-hyang, activiste devenue députée du Parti plateforme, un parti affilié au Parti démocrate au pouvoir, a «utilisé» les victimes âgées pour collecter des fonds et aider à promouvoir la cause de l'organisation, le Conseil coréen pour la justice et la mémoire sur les questions de l'esclavage sexuel militaire par le Japon.

Yoon a dirigé l'organisation pendant trois décennies jusqu'à ce qu'elle remporte un siège au Parlement lors des élections générales du mois dernier.

La conférence de presse, qui s'est tenue dans la ville de Daegu, dans le sud-est du pays, où vit Lee, a attiré l'attention des médias car il s'agissait de la première apparition publique de Lee depuis le 7 mai, date à laquelle elle a créé l'émoi en accusant publiquement Yoon de pratiques comptables douteuses.

Lee a affirmé que l'organisation n'a jamais dépensé de fonds et les dons pour les victimes.

«Les étudiants font des dons avec leur argent de poche lorsqu'ils participent au rassemblement hebdomadaire du mercredi mais l'argent n'a jamais été utilisé pour les grands-mères (les victimes)», a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse.

L'organisation et Yoon ont nié ces allégations.

Les accusations de Lee ont conduit à une vague de plaintes déposées par des groupes civiques et à une enquête du ministère public.

En plus des allégations sur les pratiques comptables, Lee s'est plaint lundi que le groupe a mélangé la question des femmes dites de réconfort avec celle des travailleuses forcées.

Elle a fait valoir que la question des femmes de réconfort devait être traitée indépendamment de celle des femmes qui ont été forcées de travailler dans les usines japonaises pendant la guerre.

«Les femmes de réconfort ont risqué leur vie. Et, de fait, beaucoup de femmes sont mortes», a-t-elle déclaré.

Elle s'est également fermement opposée à ce qu'on la traite d'«esclave sexuelle».

«Pourquoi utiliser (le terme) d'esclaves sexuelles? Ils ont dit que c'était pour que les Américains comprennent mieux», a-t-elle dit.

«Qu'ont-ils accompli en nous vendant ? Ils ont construit un abri luxueux (pour les victimes) où, j'ai entendu dire, le père de Yoon Mee-hyang a vécu», a-t-elle déclaré.

«Les procureurs vont révéler la vérité. Ils devraient tenir pour responsables ceux qui n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils ont fait de mal», a-t-elle ajouté. «Ceux qui ont commis un péché devraient être punis.»

Elle a également abordé l'idée de changer le format du rassemblement hebdomadaire, qui se tient depuis 1992 en soutien aux femmes de réconfort.

«Je ne dis pas que nous devrions mettre fin à la manifestation. Ce que je dis, c'est que nous devrions en changer la forme», a-t-elle déclaré, ajoutant que les étudiants de Corée du Sud et du Japon devraient se réunir régulièrement pour apprendre l'histoire exacte.

«Quel que soit le temps que cela prenne, les jeunes devraient rester proches et apprendre l'histoire et résoudre le problème des femmes de réconfort», a-t-elle déclaré.

Les historiens estiment que jusqu'à 200.000 femmes, pour la plupart coréennes, ont été forcées à se prostituer dans des maisons closes japonaises sur le front pendant la guerre, lorsque la péninsule coréenne était une colonie japonaise. Ces femmes sont appelées par euphémisme «femmes de réconfort». Il y a actuellement 18 victimes survivantes en Corée du Sud.

(Yonhap)

(FIN)

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