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SEOUL, 04 juin -- Kim Yo-jong, la sœur du dirigeant nord-coréen, a menacé de mettre fin à l'accord militaire intercoréen et aux échanges transfrontaliers si la Corée du Sud ne prend pas de mesure contre les prospectus anti-Pyongyang envoyés vers le nord.

La première vice-directrice de département du Comité central du Parti du travail de la Corée du Nord a fait cet avertissement dans une déclaration dans laquelle elle ajoute que la confiance et la réconciliation ne sont pas compatibles avec de telles activités hostiles.

«Pour parler clairement, les autorités sud-coréennes devront payer un cher prix si elles laissent cette situation se poursuivre tout en trouvant toute sorte d'excuses», a-t-elle dit dans la déclaration relayée par l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA).

«Si elles échouent à prendre des mesures correspondantes pour l'acte insensé contre leurs compatriotes, elles feront bien de se tenir prêtes à la possibilité d'un retrait total du parc industriel de Kaesong déjà désolé après l'arrêt des visites au mont Kumgang, ou d'une fermeture du bureau de liaison Nord-Sud dont l'existence ne fait qu'ajouter des troubles, ou d'une annulation de l'accord Nord-Sud dans le domaine militaire qui n'a pas vraiment de valeur», a-t-elle ajouté.

Kim a également dit que les accords conclus lors des sommets intercoréens de 2018 et l'accord militaire visent à arrêter tous les types d'hostilités et d'actions faisant augmenter les tensions et que les envois de prospectus anti-Pyongyang vont à l'encontre de ces accords.

Elle a pointé du doigt directement les tracts anti-Pyongyang envoyés à travers la frontière dimanche dernier par un groupe de réfugiés nord-coréens. Les prospectus, transportés par environ 500.000 ballons, critiquaient le dirigeant nord-coréen pour avoir menacé de prendre «une vraie action choquante avec une nouvelle arme nucléaire stratégique».

La sœur de Kim Jong-un a également exhorté la Corée du Sud à prendre toutes les mesures possibles, dont la promulgation d'une loi contre de telles actions utilisant la «liberté d'expression» comme une excuse.

«S'ils donnent vraiment de la valeur aux accords Nord-Sud et ont la volonté de les appliquer rigoureusement, ils doivent déblayer les déchets de leur maison, avant de sonner sans réfléchir le "clairon du soutien"», a-t-elle indiqué.

«Avant de faire de mauvaises excuses, ils doivent au moins établir une loi pour arrêter la mascarade de déchets humains afin de prendre des mesures préventives contre des choses déshonorantes», a-t-elle ajouté.

Les paroles de Kim sont intervenues alors que les relations intercoréennes sont dans l'impasse dans un contexte de blocage des pourparlers nucléaires entre Pyongyang et Washington depuis le sommet sans accord de février 2019.

En octobre 2019, la Corée du Nord a demandé à Séoul de démanteler toutes les installations sud-coréennes au mont Kumgang pour que l'Etat communiste construise sa propre zone touristique là-bas. La Corée du Sud a suspendu le programme touristique conjoint en 2008 suite à la mort d'une touriste sud-coréenne tombée sous les balles d'un soldat nord-coréen.

La Corée du Sud a fermé le complexe industriel conjoint de Kaesong en 2016 après que des provocations nucléaires et de missiles de Pyongyang. Les deux Corées sont convenues de relancer les projets conjoints au mont Kumgang et dans la zone industrielle de Kaesong quand les conditions seront remplies lors de leurs sommets en 2018, mais peu de progrès ont été réalisés en raison des sanctions internationales.

Plus tôt cette année, les deux Corées ont fermé temporairement le bureau de liaison conjoint à la ville nord-coréenne de Kaesong à cause de l'épidémie de nouveau coronavirus (Covid-19).

(Yonhap)

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