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SEOUL, 20 mai -- Le président américain Joe Biden arrivera en Corée du Sud plus tard ce vendredi pour son premier sommet avec le président Yoon Suk-yeol sur une variété de sujets dont le programme nucléaire nord-coréen et les chaînes d'approvisionnement.

La visite de Biden à Séoul, sa première depuis son entrée en fonction, interviendra alors que Séoul et Washington pensent qu'un essai nucléaire ou un tir de missile balistique intercontinental (ICBM) est imminent et pourrait se produire lorsqu'il sera en Corée du Sud ou au Japon, la seconde étape de son voyage.

La visite interviendra également seulement 10 jours après l'investiture de Yoon. Biden et Yoon devraient se rencontrer peu après l'arrivée du président américain et se rendront ensemble dans une usine de puces de Samsung Electronics à Pyeongtaek, à 70 kilomètres au sud de Séoul, pour souligner l'engagement des deux pays à travailler ensemble pour renforcer les chaînes d'approvisionnement.

Les deux présidents se retrouveront de nouveau pour leur premier sommet, qui se tiendra d'abord en petit comité puis dans un format élargi, afin de discuter de l'ensemble des défis sécuritaires et économiques auxquels sont confrontés les alliés et la région. En haut de l'ordre du jour figurera la menace croissante des programmes nucléaire et de missiles de la Corée du Nord, et les deux côtés devraient discuter des moyens de renforcer leur défense et dissuasion combinées.

«Le premier point qui sera abordé lors du sommet en tête à tête sera de proposer un plan d'action sur la manière dont la Corée du Sud et les Etats-Unis renforceront la dissuasion étendue fiable et efficace», a indiqué Kim Tae-hyo, premier conseiller adjoint à la sécurité nationale, aux journalistes plus tôt cette semaine.

La dissuasion étendue se réfère au déploiement américain d'actifs conventionnels et nucléaires pour défendre un allié. Les actions spécifiques que les deux dirigeants pourraient entreprendre incluent la réactivation éventuelle du Groupe stratégique et consultatif sur la dissuasion élargie (EDSCG), une plate-forme bilatérale clé qui a été suspendue en 2018.

«L'EDSCG peut être considéré comme l'exercice le plus important pour dissuader les menaces nucléaires et de missiles de la Corée du Nord», a déclaré Kim. «C'est la raison pour laquelle je pense qu'il pourrait y avoir des discussions lors de ce sommet sur la régularisation de l'organe de consultation, l'élargissement de son ordre du jour et le renforcement des capacités de réponse pratiques de la dissuasion étendue.»

Au cas où la Corée du Nord procéderait à une provocation majeure pendant le séjour de Biden, les deux dirigeants prendraient immédiatement le commandement des forces combinées des deux pays, a-t-il ajouté. Le premier voyage de Biden dans la région en tant que président démontre également son engagement à renforcer la coopération avec des alliés sur l'économie et le commerce.

Durant leur sommet, Yoon devrait annoncer la participation de la Corée du Sud au cadre économique de l'Indo-Pacifique (IPEF), une initiative proposée par Biden pour garantir des chaînes d'approvisionnement sûres et résilientes, établir les règles de l'économie numérique et investir dans des infrastructures propres, modernes et de haute qualité.

Les perceptions selon lesquelles la proposition vise à exclure la Chine des chaînes d'approvisionnement mondiales ont fait craindre que Pékin puisse exercer des représailles contre la Corée du Sud, comme elle l'a fait lorsque les Etats-Unis ont déployé le système de défense antimissile américain THAAD dans le pays en 2017. Mais le bureau présidentiel de la Corée du Sud a nié ces assertions et rejeté les préoccupations comme une réponse «trop sensible».

Kim a dit que le sommet verrait les deux pays étendre leur alliance militaire et économique à une alliance «technologique». Des chefs d'entreprise clés, dont le vice-président de Samsung Electronics Lee Jae-yong, le président de SK Chey Tae-won, le patron du groupe Hyundai Motor Chung Euisun et le président du groupe LG Koo Kwang-mo, ont été invités à un banquet avec Yoon et Biden au Musée national de Corée après le sommet.

Dimanche, Biden partira pour le Japon. Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan, a souligné que le voyage interviendrait à un «moment charnière», alors que Biden cherche à démontrer le leadership américain à la fois dans la réponse à la guerre de la Russie en Ukraine et dans la région «vitale» de l'Indo-Pacifique.

«Il aura l'occasion de réaffirmer et de renforcer deux alliances de sécurité vitales, d'approfondir deux partenariats économiques dynamiques, de travailler avec deux autres démocraties pour façonner les règles de la route pour le XXIe siècle ainsi que de remercier ses alliés en Corée et au Japon pour leurs contributions remarquables et à certains égards inattendues aux efforts visant à soutenir l'Ukraine et à demander des comptes à la Russie», a-t-il déclaré mercredi devant la presse.

(Yonhap)

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